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Le Public « Big Bang (ou l’histoire d’un professeur de philo face à sa classe) » – Théâtre Le Public

Publié par Luigi, le 16 janvier 2016

Big Bang

BIG BANG (ou l’histoire d’un professeur de philo face à sa classe)

Une pièce de Philippe Avron
Mise en scène par Éric de Staercke
Avec Bruno Coppens

Compagnie : EXQUIS MOTS, THÉÂTRE LE PUBLIC ET LA COMÉDIE DE BRUXELLES ( http://www.theatrelepublic.be/ )

Durée : 1h25 (sans entracte)

Synopsis :

On a grand tort de rendre la philosophie inaccessible aux enfants, je ne sais rien de plus gai, de plus gaillard, je dirai presque de plus enjoué », dixit Montaigne. Dont Acte ! Bruno Coppens, le roi du jeu de mots, le jongleur des néologismes, le fou du verbe, s’empare du texte joyeusement espiègle du célèbre Philippe Avron et devient : professeur de philosophie, poète funambule, élève, la maitresse ou même le chat de l’école… bref, il incarne toute une galerie de personnages et nous promet « tout Kant, Nietzsche et Montaigne en une seule leçon » ! Parce que oui, par les temps qui courent, libérer les esprits, ouvrir l’imaginaire, inventer, inventer tout le temps, c’est une mission pour tout le monde… et pas que pour les philosophes !

« Quand c’est fini, est-ce que tout est terminé ? ». Bon nombre d’entre vous se souviennent certainement de leurs devoirs et examens de Philosophie rien qu’avec ce genre de phrase. C’est l’une des premières de Bruno Coppens dans la bouche duquel résonne un texte étrange de Philippe Avron.

On dit que, depuis les origines, dans la philosophie il y a deux courants fondamentaux et non un seul. Ce que Nietzsche appelle philosophie, c’est un platonisme largement fabriqué par lui. Dès lors on peut lui objecter beaucoup de choses à partir de Platon lui-même. Ambigu ? Abstrait ? Oui, sans doute… comme ce spectacle plus déceptif que décevant. On s’attendait à voir l’essence de la philosophie dissoute ou à se voir bousculer un peu plus. Rien de tout cela n’arrive dans le clou du spectacle. Les habituelles phrases sur le sens de nos vies et le bonheur la nourrissant ne sont que des balises. Mais sans profondeur, ces phrases presque de comptoir (car trop répétées) ne trouvent pas facilement d’écho chez le spectateur qui lâche un peu l’affaire entre deux « agitations expérimentales » du comédien principal car le spectacle est interprété d’une traite, presque sans aucune respiration.

Reste tout de même le jeu de Bruno Coppens essayant d’allier expressions du corps et celles d’une pensée rattachée. Coppens a le même enthousiasme touchant que tout jeune comédien dans sa première pièce: il n’en revient tout simplement pas d’avoir réussi à l’écrire ou à la jouer. Ça se sent et c’est plaisant. Mais, au final, il n’y a pas vraiment d’étincelle dans cet échange entre théâtre et philosophie. Sortir de la philo de la philo revient à n’avoir rien de consistant même si on a de l’esprit ? Faire de la philosophie sans passer réellement par elle est-il donc inutile ? Un usage d’elle-même sans passer par elle pour justifier un projet serait alors stérile ? Car on l’avoue, on a du mal à percevoir le pourquoi du comment dans le texte déclamé.

En conclusion, votre humble serviteur hésite entre plat, pédant ou creux… mais il s’abstiendra, ignorant comment prendre cette expérience et ce texte.

 

Représentations du mardi au samedi à 20h30 jusqu’au 06 février 2016.

 

Par Luigi Lattuca