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National Cabaret du bout de la nuit au Théâtre National

Publié par Charlotte Ziskos, le 8 novembre 2014

Cabaret du bout de la nuit

Cabaret du bout de la nuit

Une pièce de Axel De Booseré & Maggy Jacot
Mise en scène par Axel De Booseré & Maggy Jacot
Avec Direction musicale : Marc Hérouet | Espaces sonores : François Joinville|Eclairages : Gérard Maraite | Scénographie-costumes : Maggy Jacot | Chorégraphies : Darren Ross | Assistanat à la mise en scène : François Bertrand | Assistanat à la scénographie : Rüdiger Flörke | Réalisation des accessoires : Marie-Ghislaine Losseau, Nelly Wullaer | Vidéos : Joachim Del Puppo | Avec : Mireille Bailly, François Bertrand, Didier Colfs, Isadora De Booseré, Bruce Ellison, Fabian Finkels, Ambre Grouwels, Jean-Luc Piraux | Musiciens : Piano – clavier – accordéon – percussions :Marc Hérouet | Batterie – percussions : Jean-Luc Vanlommel|Trompette – chœurs : René Desmaele | Saxophone – clarinette: Pierre Spataro | Basse électrique et acoustique : René Stock

Synopsis :

Les créateurs de la compagnie Arsenic (Le Dragon, Eclatsd’Harms, Le Géant de Kaillass…) sont de retour ! Une seconde vie sous une autre bannière (la compagnie Pop-Up) pour une nouvelle création dont Axel De Booseré, Maggy Jacot et leurs fidèles compagnons de route (Mireille Bailly, François Joinville, Gérard Maraite…) ont décidément le secret !
La joyeuse troupe revient, avec le talent qu’on lui connaît, pour un Cabaret du bout de la nuit qui s’annonce, une fois de plus, politiquement incorrect, haut en couleurs, rageur et virevoltant.
Sept comédiens-chanteurs, cinq musiciens (sous la direction de Marc Hérouet), une scénographie à multiples entrées (extraits sonores, images, textes…), une véritable fresque théâtrale et musicale qui plonge le spectateur « au cœur d’un tourbillon où désir individuel, lutte de classes, guerre des sexes, divertissements frénétiques et Art moderne s’entrechoquent ».
Car nous sommes à la Belle Epoque (1879-1915). L’Age « d’or », dit-on. Entre prospérité, insouciance, foi dans le progrès et foisonnement artistique. Mais derrière les couleurs vives du music-hall, les révolutions technologiques (l’électricité, la radio, l’automobile…) et les différentes avancées sociales se cachent aussi d’autres réalités, nettement plus sombres : la Grande Guerre, la xénophobie, le sexisme, le nationalisme, le colonialisme… que ce Cabaret du bout de la nuit, particulièrement bien documenté, va mettre en lumière avec une liberté de ton, d’esprit et de mouvement. En convoquant Feydeau (On purge Bébé !, 1910) et Céline, en passant de Freud au « Clown Chocolat » (insupportable stéréotype du nègre stupide), d’une valse romantique à un chant patriotique, d’un ragtime endiablé à l’exploitation des enfants par le travail.
Comme dans chaque création du tandem De Booseré-Jacot, ce café-concert est peuplé de personnages brillants et excentriques, les décors et les costumes sont époustouflants de créativité, et le monde n’est jamais manichéen. Un cabaret d’un autre temps, en apparence seulement, car derrière ce miroir aux alouettes se cachent les reflets d’une époque, la nôtre, pas si belle non plus finalement.

Cette création peut être découverte au Théâtre National du 4 au 15 novembre. Sur scène, sept comédiens, sous la direction d’Axel De Booseré et Maggy Jacot, se sont associés à cinq musiciens, sous la direction de Marc Hérouet, pour créer une œuvre musicale qui plonge le spectateur au cœur de la Belle Epoque.

 

Ce spectacle aux somptueux décors et costumes nous transporte en 1910, à travers des extraits sonores, des images et des textes qui guideront le spectateur tout au long de l’œuvre.

Tout est émerveillement dans cette pièce. Des scènes originales (parfois excentriques et un peu grinçantes) se succèdent comme un kaléidoscope théâtral. Chacune d’entre elles fait vibrer le spectateur qui n’est pas seulement touché par le contenu de celles-ci, mais aussi par la cohérence du spectacle: des comédiens brillants, suffisamment doués pour passer d’un rôle à un autre en quelques secondes ; une musique envoûtante, profonde, et évocatrice de l’atmosphère d’un cabaret, qui vient accompagner les voix chaleureuses des comédiens.

La mort, le sexisme et le racisme sont autant de tabous qui sont abordés dans l’œuvre. Il ne pourrait d’ailleurs en être autrement si l’on veut mettre en évidence la situation sociale de l’époque. Sous forme de paroles et de mélodies, nous assistons aux revendications des femmes pour le droit au divorce et au vote. Malgré leur aspect tragique, les scènes les plus violentes sont une réussite et ne gênent pas le spectateur. La xénophobie et la pauvreté sont abordées avec humour permettant ainsi au spectateur de remonter le temps et de se laisser emporter par la pièce et d’être plongé dans un monde à la fois irréel mais néanmoins historique, cruel. Un passé oublié mais profondément ancré dans le présent. C’est le monde de nos grands parents et les racines de l’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui.

En résumé, ce chef d’œuvre qui nous emmène visuellement à L’Age d’or est à ne pas rater. Il déborde d’émotion et de créativité. On y voit comment la prospérité et une paix trompeuse cachent des réalités plus sombres. La Grande Guerre approche pour secouer les tranches de vie que nous laisse entrevoir ce cabaret…

Par Isabel

Ce spectacle aux somptueux décors et costumes nous transporte en 1910, à travers des extraits sonores, des images et des textes qui guideront le spectateur tout au long de l’œuvre.