Chère Elena au Théâtre de Poche Montparnasse

Publié par , le 9 octobre 2014

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Chère Elena est une pièce qui ne laissera personne indifférent. Le spectateur en ressortira forcément tourmenté.

Je ne m’attendais pas à trouver cette pièce aussi intéressante, bien que le scénario laisse présager quelque chose d’intense et de fourbe, je ne pensais pas sortir aussi secouée de la salle.

Si dès les premières minutes je pensais être tombée dans une pièce aux allures purement cynique, on se rend compte que l’histoire va beaucoup plus loin que ça. Bien que la première partie soit plutôt lente à se mettre en place et que quelques répétitions au niveau du texte viennent parfois alourdir la pièce, la tension reste palpable. On devient vite décontenancé et au final on se perd dans ce terrible huis clos sans savoir quelle en sera l’issue.

On se demande comment quatre étudiants si bien éduqués peuvent se permettent d’outrepasser et de s’introduire de force chez leur enseignante. La cruauté des paroles et des actes face à Elena m’ont vraiment mises mal à l’aise envers ce personnage. Prise d’otage, chantage, saccage, viol… jusque où ces jeunes iront-ils pour s’assurer un avenir ?

J’ai particulièrement apprécié la pièce pour la justesse du jeu des acteurs. Myriam Boyer incarne son rôle avec brio : celui d’une enseignante seule, naïve, et souhaitant par-dessus croire en la bonne foi et aux bonnes mœurs des hommes. Face à elle : les quatre étudiants, interprétés par Gauthier Battoue, Julien Crampon, François Deblock et Jeanne Ruff semblent des tyrans manipulateurs sans âmes.  Pourtant, l’avancée de l’histoire permettra de voir leurs travers et leurs faiblesses, allant même à comprendre leur geste et leur degré de folie, mais toutefois pas jusqu’à l’excuser.

J’ai particulièrement apprécié leur prestation, ces quatre intrus sont une véritable bourrasque dans cette maison et ne manquent pas d’énergie pendant 1h30. Les textes sont prononcés de façon juste, les gestes pendant les scènes violentes sont particulièrement forts et bien rythmés. On est totalement convaincu par leur jeu d’acteur et on en sort chamboulé.

Chère Elena, c’est le genre de pièce de théâtre surprenante par un scénario atypique, qui en plus de dépeindre le portrait d’une jeunesse soviétique des années 70 assoiffée de richesse, met le spectateur sous tension pendant près d’une heure trente.

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