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Théâtre de Poche Montparnasse Chère Elena

Publié par Margaux Mazellier, le 22 février 2015

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Chère Elena

Une pièce de Tchekhov
Mise en scène par Didier Long
Avec Avec Myriam Boyer, Gauthier Battoue - Julien Crampin - François Deblock ou Alexis Gilot - Jeanne Ruff

Durée : 1h40 (sans entracte)

Synopsis :

Ludmilla Razoumovskaïa, professeure de mathématique, invite quatre de ses élèves, Pacha, Vitia, Volodia et Lialia, à entrer chez elle, pour fêter son anniversaire. Le service de verres en cristal et le champagne ne sont pas des cadeaux désintéressés…. Les quatre adolescents sont en fait là pour récupérer une chose bien plus précieuse : la clef du coffre qui contient leurs médiocres copies.

 

Critique :

Ludmilla Razoumovskaïa laisse entrer ces jeunes gens, s’enivre de cette soudaine bonté et de leur champagne. Mais très vite l’ambiance change : le ton devient plus ironique puis violemment cynique. Et le spectateur se retrouve coincé avec Ludmila dans cette pièce hostile. Il se sent, comme elle, pris au piège dans cette pièce à huit clos. Commence alors une longue lutte entre le discours de ces jeunes assoiffés de richesse qui se servent de leurs références culturelles pour justifier leur perversité et le discours humaniste de cette humble et honnête enseignante. Il n’est pourtant pas question dans cette pièce d’une faible opposition dichotomique entre le bien et le mal. Il s’agit plutôt d’un apprentissage. Pacha, Vitia, Volodia et Lialia posent, en effet, la question d’une jeunesse soviétique révoltée, prête à tout pour ne pas vivre dans cette pauvreté honteuse qu’ont connu leurs parents. Quelle relation est possible entre ces deux générations aux souvenirs et aux ambitions si différentes ? Cette jeunesse désabusée, dégoutée de ce que leur pays peut leur offrir, a-t-elle quelque chose à apprendre d’une enseignante vieille fille, sans ambitions ? Vous sortirez de cette pièce, angoissés. Angoissés d’avoir passé toute la nuit dans cette ambiance de perversité assumée et revendiquée. Mais aussi soulagés, soulagés de voir que cette velléité ne fait pas partie de notre humanité mais qu’elle est le fruit d’une frustration engendrée par la société…