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Le Poche Conseils pour une jeune épouse du 27 mai au 14 juin à 20h30 au théâtre de Poche

Publié par Simon, le 4 juillet 2014

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Conseils pour une jeune épouse

Une pièce de Marion Aubert
Mise en scène par Aurore Fattier
Avec Adriana Da Fonseca et Viviane Thiébaud

Durée : 1h15

Synopsis :

Soyez les bienvenus, jeunes vierges et jeunes puceaux réunis!

Jeunes vierges, vous voulez devenir un femme parfaite : jeune, belle, intelligente, propre, blonde, et ressemblant à Beyoncé dans le nouveau top H&M à 9,99 euros ? Jeunes puceaux, vous voulez être un homme parfait : brun, musclé, riche, ayant une grosse voiture ?
Du haut de vos seize ans, vous trouvez que le mariage et le couple sont plus que jamais à la mode ?
Vous vous demandez comment être une amoureuse parfaite ? Comment être un amoureux parfait?
Et surtout comment rester amoureux malgré le carcan du couple, du mariage et le poids de la crise ?

Dans ces Conseils pour une jeune Epouse, Patty et Fanny se sont inspirées d’extraits de magazines féminins, de textes choisis dans l’Encyclopédie de la femme (1950) et …du Kâma Sutrâ ! Elles vous donneront (en français et en néerlandais !) – avec punch et humour – les meilleures recettes pour mener une vie sexuelle et amoureuse épanouie!

Marion Aubert a apporté ces dernières années un véritable souffle ludique sur la scène française. Cette jeune auteure et comédienne a su imposer sa fantaisie et son univers déjanté. Elle est co-fondatrice de la Cie Tire pas la Nappe, membre du comité de lecture du Théâtre du Rond-Point à Paris et membre fondatrice de la Coopérative d’écriture. Plusieurs de ses textes ont été traduits : en allemand, anglais, catalan, italien.

 » Hystérique  » Se dit d’une personne qui est extrêmement nerveuse et excitée. »

C’est par ce mot, que je résumerai mon ressenti général sur le jeu des deux actrices, Adriana Da Fonseca et Viviane Thiébaud (excellentes comédiennes ). Elles en font des tonnes et ne ménagent ni leurs peines, ni leurs  » effets  » gestuels mais surtout textiles ! Ces derniers, le plus souvent transparent, servant à cacher une bonne idée ambitieuse mais foutraque , manquant sérieusement de liant et de corps; corps dont elles ne manquent pas de nous faire profiter, tant leurs plastiques, l’orientation féministe des saynètes, et leurs répliques criardes, les y encouragent. À ce sujet, le passage de la « bimbo à la poubelle », se trémoussant sur de l’eau très moussante, réveille efficacement un auditoire masculin paradoxalement assoupi par ce déluge de vocalises.

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Ça hurle ! ça tempête ! ça vocifère ! ça s’égosille ! ça s’époumone ! et ça m’agace… Et ce, dés le début de l’entrée dans la salle, les deux actrices, nous accueillant par de tonitruants  » bonjour jeune puceau/pucelle ! bon spectacle »,trop lourdement assénés. S’ensuit une distribution de petits miroirs à des spectatrices ravies de ce petit cadeau aussi inattendu « qu’éphémère », puisque restitués en fin de représentation.

 

Cette pièce ne manque pas d’atouts: Un décor sobre mais astucieux doté d’une baie vitrée transparente, révélant un petit salon (où les actrices s’en donnent à coeur joie avec moultes exubérances ) surmontée d’un écran géant, accentuant la moindre de leurs expressions. Un concept novateur, l’auteure Marion Aubert s’étant amusée à mixer kama sutra, extraits de « l’encyclopédie de la femme 1950 », magazines féminins, quelques dépaysants termes Hindou, comme « Shloka » (conseils ), auparishtaka (fellation ), le tout étant joué en Français et en Néerlandais, sur un mode « conférence militante à l’usage des jeunes vierges ».

 

Pourtant, ça ne décolle jamais, les répliques peinent à faire rire, l’ensemble est trop décousu et desservi par une écriture confuse , survolant en surface des questions sur la condition féminine, sans y répondre. Et alors, que l’on s’achemine vers le final, vient LE moment miraculeux… Une Guenon (pas une vraie, bien sur) nous apostrophe, et se lance dans un sublime monologue, atteignant des stratosphère vertigineuses d’intelligence anthropomorphique , d’une rare poésie, livrant un vibrant plaidoyer pour le droit à la femme à exister autrement qu’en mère ou épouse . Comment une même auteure peut-elle à la fois nous caresser l’oreille d’une plume si gracieuse, et plomber tout le reste d’un humour trop appuyé et potache ? La réponse est simple: ce monologue est d’un autre auteur.

 

Ne serait-ce que pour le talent des comédiennes ( trop criardes ), leurs formes attrayantes, et ces quelques minutes de bonheur intense de lyrisme aérien, s’il y a bien un conseil que je puisse vous donner à mon tour, si vous tentez l’aventure, c’est de rester jusqu’à la fin: la sagesse de cette guenon rendant absolument ridicules toutes les singeries humaines précédentes !

 

Critique et Dessin de Arnaud Toulon