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Politique Crever d’amour de Axel Cornil

Publié par Clementine, le 20 octobre 2015

crever d'amour

Titre original : Si je crève, ce sera d'amour

Une pièce de Axel Cornil
Mise en scène par Frédéric Dussenne
Avec Consolate Sipérius (Antigone) Salomé Crickx (Ismène) Virgile M'Fouilou (Créon) Jérémie Zagba (Hémon) Issaka Tapsoba (le jeune 1) Evariste Ouili (le jeune 2) Mais aussi... Néhémie Lusakumunu, Trestin Darkwa, Mohamed Gadio, Frédéric Gisaro, Maxime Mutshipay, Nathan Damna (le choeur)

Compagnie : Rideau de Bruxelles ( http://www.rideaudebruxelles.be/ )

Durée : 1H50 (sans entracte)

Synopsis :

Dans un pays d’Afrique noire, au lendemain de la guerre civile, un nouveau pouvoir tente de s’imposer. Au nom de la modernité, il fait table rase de l’ancien régime, des croyances traditionnelles et séduit une jeunesse avide de jouissance et de liberté. Une adolescente refuse ce déni d’histoire. Elle veut redonner la parole aux morts. Elle s’appelle Antigone.

Axel Cornil, vingt-quatre ans, interroge les valeurs de la civilisation occidentale en revisitant un de ses mythes fondateurs. Frédéric Dussenne et Serge Aimé Coulibaly réunissent des acteurs belgo-africains pour réinventer la tragédie antique.

L’objectif d’Axel Cornil n’était pas d’écrire une pièce sur l’Afrique, mais de s’interroger sur les valeurs occidentales à une époque où on parle du « déclin de l’Occident » et de sa crise profonde. Avec un scénario recherché, qui dérive parfois vers le langage vulgaire, Axel Cornil n’en est pas à sa première pièce, et ses écrits découlent de la lecture de nombreux ouvrages littéraires. Après l’écriture des pièces Magnifico, J’ai enterré mon frère pour danser sur sa tombe, Hamlet Does Not Act, Du béton dans les plumes, Axel Cornil écrit Crever d’amour, de son titre original « Si je crève, ce sera d’amour« .

S’associant avec le metteur en scène Frédéric Dussenne, Axel Cornil choisit de revisiter le mythe d’Antigone de Sophocle, avec des comédiens noirs, à l’exception d’une comédienne blanche jouant le rôle d’Ismène. Le but ? Choquer, interpeller les spectateurs. Faire renaître le mythe d’Antigone et lui rendre toute son étrangeté, grâce à une comédienne noire.

Cette pièce s’inscrit dans l’actualité, au moment même où la couverture médiatique est orientée vers les migrants fuyant la guerre ou la misère, les cadavres bordant la Méditerranée, les droits des enfants et des femmes remis en question, ou encore les droites extrêmes qui montent en puissance. L’Occident est pris dans ce cercle sans qu’on sache jusqu’où cela mènera. Pendant ce temps, l’Afrique tend à se moderniser sur le modèle occidental, un monde qui attirent les jeunes avides de jouissance et de liberté. A Ouagadougou, dans un des pays les plus pauvres du monde, un putsch militaire va avoir lieu, qui sera fêter peut-être au détriment de la mémoire des morts qui jonchent encore les rues.

La question du sacrifice est clairement évoquée dans le titre original, comme le soulignera Frédéric Dussenne, et fait référence à la perception de la jeunesse contemporaine : « On est, parait-il, la génération Y qui ne descend plus dans la rue balancer des pavés », affirme Axel Cornil, « […] on nous cantonne à ce rôle-là. Les jeunes au contraire redoublent d’engagement pour proposer des alternatives […]. Sans tomber dans le sacrifice humain, cette jeunesse retrouve une forme d’engagement. »

Mais le message principal de cette pièce se résume en un seul mot : « Justice ». Ce mot conclu la pièce et la résume. Ce besoin de justice anime l’espoir des jeunes. Avec des scènes choquantes, parfois violentes, Axel Cornil et Frédéric Dussenne ont fait ressortir la colère des jeunes, leurs espoirs et leurs désirs. Cette tragédie doit être prise au sérieux, amener à des questionnements voir des débats plus poussés sur l’essoufflement possible du modèle occidental. Cependant, bien que sérieuse et riche en références littéraires, il s’agit d’une pièce qui ne manquera pas de vous surprendre, de vous émouvoir et même parfois de vous faire rire !

Clémentine Hérens

Plus d’informations…

Au rideau de Bruxelles : Rue Goffart 7a – 1050 Bruxelles

En octobre : les mardi, jeudi, vendredi et samedi à 20h30 ; le mardi à 19h30 et un représentation le dimanche 25 octobre à 15h00.

A ne pas manquer : le débat du bout du bar le mercredi 21 octobre après le spectacle (entrée libre). Avec Axel Cornil (auteur de la pièce), Colette Braeckman (journaliste au Soir, spécialiste de l’Afrique centrale et auteure de l’homme qui répare les femmes) ainsi que l’équipe du spectacle.