Sortie cinéma, actualité théâtre, sortie BD, festival de musique | » DJIHAD, au Théâtre Les feux de la Rampe jusqu’au 31 décembre!

Paris DJIHAD, au Théâtre Les feux de la Rampe jusqu’au 31 décembre!

Publié par Clara Gasnot, le 4 décembre 2016

djihad-theatre

DJIHAD

Une pièce de Ismaël SAIDI
Mise en scène par Ismaël SAIDI
Avec Florian Chauvet, Adel Djemai, Helmi Dridi, Fayçal Safi

Durée : 1h30 (sans entracte)

Synopsis :

« L’odyssée tragi-comique de trois Bruxellois qui partent en Djihad »

Ben, Reda et Ismaël sont trois jeunes Bruxellois qui font face à l’oisiveté de leur vie. Ils décident de partir au nom de leur religion en Syrie pour combattre aux côtés des autres djihadistes.

Le long de cette odyssée tragi-comique qui les mènera de Schaerbeek à Homs, en passant par Istanbul, ils découvriront les raisons qui les ont chacun poussé à partir et devront faire face à une situation beaucoup moins idyllique que prévue.

Avant tout une comédie, Djihad fait rire des clichés de toutes les religions, en levant le silence sur les tabous de chacun. Réelle catharsis, la pièce révèle sur scène nos angoisses les plus profondes, la peur de l’autre et ce qu’elle engendre.

L’auteur Ismaël Saïdi prend le parti de faire tomber les murs entre les communautés, et aspire entre rires et larmes, à un meilleur «vivre ensemble».

Que signifie réellement DJIHAD (« Jihâd ») ? 

« Le mot « Jihâd » ne signifie pas « guerre sainte ». Il désigne la lutte et l’effort. Les mots utilisés pour la guerre dans le Coran sont « Harb » et « Qitâl ». Le Jihâd quant à lui désigne la lutte sérieuse et sincère aussi bien au niveau individuel qu’au niveau social. C’est la lutte pour accomplir le bien et éradiquer l’injustice, l’oppression et le mal dans son ensemble de la société. Cette lutte doit être aussi bien spirituelle que sociale, économique et politique. Le Jihâd consiste à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. » Par Dr Muzammil Siddîqî

Le texte : Ismaël Saidi parvient à écrire une oeuvre novatrice, intrépide et audible. Il s’adresse à tout le monde, déconstruit les clichés à travers de nombreuses subtilités et nous offre une pièce coup de poing. L’écriture est ludique, ouvre maintes perspectives de jeu et la pièce peut être investie par des jeunes. Aucune vulgarité gratuite, un point de vue humaniste et un langage peu codifié. Un texte universel.

La structure : Le concept est simple et pour le moins efficace, sur scène : Un écran. Un théâtre transportable, accessible, laissant libre cours à l’imagination. La pièce se divise en dix tableaux, l’écran est à la fois une banlieue perdue, un aéroport, Istanbul, des montagnes, un désert, une église en chaos… un véritable parcours que les comédiens habitent, les nuages sont ellipses et une petite ritournelle nous trottine dans la tête. Chaque scène est pensée, travaillée, passée au peigne fin et semble puiser sa force dans l’improvisation. Le réel est éclairé grâce à la liberté de mouvement et d’invention qu’offre l’espace d’un plateau vide aux comédiens. Certaines scènes mériteraient même d’être raccourcies tant les propositions sont claires, un peu plus d’essentiel encore…

Le jeu : Cette pièce a été jouée par plusieurs comédiens. Les équipes changent. Florian Chauvet (Ben), Adel Djemaâ (Reda), Heli Dridi (Michel), Fayçal Safi (Ismaël) ont joué pour nous au Théâtre Les feux de la Rampe. S’il y a bien un point commun entre tous, c’est leur générosité. Enfin des acteurs qui mettent leurs tripes sur un plateau et nous laissent entrevoir leur coeur. Engagés, volontaires, dynamiques, ils nous emportent et nous content l’histoire de leurs personnages avec fragilité et respect. Un petit bémol sur des énergies parfois fougueuses et envolées pouvant frôler le sur-jeu, des voix lâchées dans la nature et un rapport au public un peu trop poussif. Disons que le cadre est si bien posé, qu’un retour au naturel pourrait servir davantage le propos. Des comédiens qui donnent, oui! Des comédiens qui s’abiment, non!

Le subjectif : Le projet de cette pièce est d’informer, de faire réfléchir, d’avertir et de rire de tout ça… L’objectif est atteint. On reconnait les codes du théâtre forum, un théâtre éducatif avant tout. L’émotion profonde n’est pas tout à fait passée par moi, mais tout est si audacieux que je ne peux que recommander cette pièce. Israël Saidi se lance dans l’aventure de la forme nouvelle et du théâtre populaire avec brio.

Horaires : Les jeudis, vendredis et samedis à 19h45 et les dimanches à 16h.