Sortie cinéma, actualité théâtre, sortie BD, festival de musique | » Fun, Food and ACTing au TTO présente… « Kingdom of Fire and Clay »

Toison d'Or Fun, Food and ACTing au TTO présente… « Kingdom of Fire and Clay »

Publié par Luigi, le 22 mars 2015

kingdomsqr

Kingdom of Fire and Clay

Une pièce de Raphael Rodan, Sahand Sahebdivani
Mise en scène par Vasile Nedelcu
Avec Raphael Rodan, Sahand Sahebdivani, Anastasis Sarkatsanos et Bas Kisjes

Compagnie : Théâtre de la Toison d'Or ( http://www.ttotheatre.com/programme/kingdom-of-fire-and-clay )

(sans entracte)

Synopsis :

L’un est iranien, l’autre israélien. Et bien plus proches qu’on pourrait le croire. Ensemble sur la scène du TTO, et entourés de deux musiciens live, ils nous feront voyager, rire et réfléchir… Un spectacle exceptionnel (et en anglais) qui nous montrera que la paix, c’est d’abord en nous qu’il faut la chercher. Et qu’on cherche bien mieux à deux…

Sahand Sahebdivani et Raphael Rodan forment vraiment le duo parfait. En plus de recevoir beaucoup de louanges pour leur spectacle « Kingdom of Fire and Clay » qui se joue à nouveau pour un seul soir au TTO (Théâtre de la Toison d’Or) ce mardi 24 mars à 19h, ils sont complémentaires lorsqu’ils accordent une interview. Si seulement Israël et Iran pouvaient s’estimer et se respecter comme cela.

 

Pour la seconde fois, bienvenue à Bruxelles ! Depuis combien de temps jouez-vous votre spectacle ?

Sahand Sahebdivani : Nous avons à peu près 40 représentations à notre actif. Le spectacle continue de grandir. C’est vieux et nouveau en même temps. Ca change presque tout le temps. Malheureusement, les mauvaises nouvelles n’arrêtent jamais dans ce monde donc tout vient de nos interrogations à propos de cela.

Raphael Rodan : On parle avec notre histoire, c’est un matériel très personnel. On a beaucoup parlé avec nos parents. Par là, je veux dire que ce n’est pas un show politique. On analyse les clashs qui peuvent arriver entre les gens.

 

Vous êtes comédien depuis combien de temps ?

Sahand : 15 ans

Raphael : 10, voire 12 ans. J’ai découvert le story-telling qui m’a plu. On a vraiment une histoire à raconter à l’audience. Il y a de la comédie autour de questions profondes. Je dirais très simplement que c’est un théâtre très formel où le comédien parle à l’audience. Il y a un pouvoir narratif à avoir pour faire passer le message.

 

A ce propos, qu’avez-vous pensé du public belge lors de votre précédent spectacle ?

Raphael : Il y a eu une bonne réaction. Nous avons aimé le moment-buffet. Nous avons pu parler à l’audience pendant ce dîner. Et nous le referons ce mardi.

 

Qui a créé le début du spectacle ? Qui a eu l’idée ? Comment votre duo s’est formé ?

Sahand : Ca a été créé par les deux. Ca a été un vrai retour, chacun répondait à l’idée de l’autre. Nous n’aurions pas pu faire ça avec un autre.

Raphael : Notre rencontre s’est faite au Festival du Story telling à Amsterdam et le directeur nous a encouragé à monter un spectacle ensemble et nous avons regardé comment amplifier nos différences. C’est d’ailleurs à Amsterdam que le mari de la directrice du Théâtre de la Toison d’Or a vu le spectacle et nous a demandé de venir le présenter à Bruxelles.

 

Dans la vidéo de présentation, Raphaël, vous hurlez une phrase très marquante au visage de votre acolyte : « Penses-tu que je suis un monstre ? ».

Sahand : Oh oui, nous n’avons pas peur de nous disputer dans la pièce.

Raphael : Ma mère est juive iranienne et partage des points communs avec celle de Sahand mais nous parlons surtout des différences de nos parcours. Ignorer certains sujets, c’est ignorer l’éléphant dan la pièce. Nous devons aussi jouer les gens plus extrêmes et radicaux que nous.

Sahand : On ne fait pas comme si tout allait bien. Encore une fois, nous n’avons pas peur de crier dans ce spectacle.

 

Justement, avez-vous envie de crier en regardant les dernières actualités sur vos deux pays ?

Sahand : Je crois que le spectacle est une réponse aux dernières élections.

Raphael : J’ai plein d’amis commencent à quitter le pays. En Israël, il y a énormément de peur. Dans l’histoire que nous allons raconter, la peur prend énormément de place. Jusqu’où est-on prêt à aller avec la peur au ventre ? Le courage n’est pas l’absence de peur. C’est la capacité de mettre de côté sa peur, pas de la faire disparaître. Il faut se dépasser. La peur est naturelle, elle fait partie du système de chacun.

 

Le Théâtre de la Toison d’Or croit en tout cas en tout cas à travers cette phrase : « Un show exceptionnel qui nous montre que la paix doit d’abord se chercher à l’intérieur de nous-mêmes. » Explications ?

Sahand : La réponse est déjà dans la phrase. Comment peut-on vouloir la paix dans le monde si elle n’est déjà pas en chacun de nous ? On regarde souvent vers l’extérieur mais quid du travail en nous ?

 

Après Bruxelles, où partez-vous présenter ce spectacle ?

Sahand : Après, nous avons un projet avec la Suède et probablement un nouveau retour en Hollande.

Rapahel : Le futur est ouvert. Nous pouvons le jouer partout. Tout va dépendre de la réaction des gens.

Sahand : Mais ce qui est sûr, c’est que tant que ce sera le foutoir entre nos deux pays, ce spectacle sera d’actualité. On a le temps de voir venir avant d’arrêter de le jouer, je crois.

 

Kingdom of Fire and Clay … is back at TTO !

Mardi 24 mars à 19.00 au TTO (Porte de Namur)

22 euros en présente et 25 euros le jour-même à la billetterie du théâtre.

Buffet iranien juste après la pièce : 28 euros.

Package entrée + buffet : 50 euros.

 

Critique :

Le storytelling est probablement l’une des formes les plus complexes du théâtre. Si le point de départ semble pourtant simple (on part de nos histoires et c’est un partage sur scène), il faut bien savoir choisir ses anecdotes et ses images pour dessiner une réflexion au fur et à mesure que les minutes avancent. Pari parfaitement réussi dans ce “Kingdome of fire and clay” qui a bien mérité sa deuxième date au TTO. La salle vibrait en même temps que les deux comédiens d’un naturel désarmant. Ils donnent tout ce qu’ils ont, vivent leur histoire comme si c’était leur première représentation et interprètent même des chansons sur scène ! En outre, ils savent improviser très rapidement quand la petite enceinte du micro se fait la malle dans leur dos.
On croit à l’histoire de Raphael et Sahand car on rit, on est ému et surtout car on se demande à plusieurs surprises quand on va cesser de se faire la guerre pour des questions de différence entre pays. La vraie identité ne se situe-t-elle pas ailleurs ?