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Le Public Kinky Birds de Elsa Poisot

Publié par Lionel, le 30 octobre 2016

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Kinky Birds

Une pièce de Elsa Poisot
Mise en scène par Elsa Poisot
Avec Nabil Missoumi, Deborah Rouach, Catherine Salée et Imhotep Tshilombo

Compagnie : ÉCARLATE LA COMPAGNIE

Durée : 1h30 (sans entracte)

Synopsis :

Dans « Kinky Birds » se cachent de drôles d’oiseaux. Une galerie de personnages d’âges, de sexes, de classes sociales et de vécus différents. Ils viennent nous conter la trajectoire à la fois banale et incroyable d’une jeune femme qui se fait agresser dans un métro … sans qu’aucun des voyageurs n’intervienne. Pourquoi personne n’a-t-il bougé ? D’où nous vient cette immobilité ?

À partir d’un fait divers, cette jeune auteure prometteuse nous donne à voir, non le spectacle d’une agression, mais la cartographie des relations humaines qui l’ont rendue possible. Elle nous tend un miroir sur nos peurs ou nos indifférences à travers une mosaïque d’événements quotidiens, et pose la question de la responsabilité. C’est interprété par des acteurs magnifiques, une distribution de haut vol qui rend le spectacle de nos comportements simplement… troublant.

« Kinky birds est une histoire de rencontres : celles qui me hantent, celles que j’ai imaginées, celles qui sont arrivées mais aussi celles qui n’auraient jamais dû avoir lieu.
A travers elles, j’ai voulu mettre en situation tout ce qui émerge à l’instant d’un contact inattendu avec l’autre, les enjeux de pouvoir, de droit et d’empathie mais aussi la poésie ; un ensemble complexe et contrasté qui constitue le lien qui nous rattache à l’autre. C’est par l’écriture d’une scène inspirée d’une réalité vécue, dans le métro que le projet a débuté.»

Critique :

Nous voilà de retour au Public pour un spectacle au casting alléchant, il faut dire que nous avions beaucoup apprécié Déborah Rouach dans Cendrillon au Théâtre de l’Odéon à Paris, la raison principale de notre venue en ce mois d’octobre. La pièce s’annonçait sous les meilleurs auspices mais voilà, ce n’est pas tout d’avoir un bon casting, aussi faut-il que le scénario et la mise en scène suivent les acteurs ce qui à mon grand regret n’est pas le cas dans ce spectacle de Elsa Poisot qui tente tant bien que mal de nous faire revivre le déroulement d’une scène de crime durant 1h30.

Si durant une partie de la soirée je me suis amusé de quelques scénettes faisant penser à la mise en scène de la Dame Blanche de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino dont nous avions parlé sur ces pages il y a quelques mois, la pauvreté de l’écriture m’a souvent vite fait retomber les pieds sur terre. Si nous allons au théâtre c’est pour nous divertir ! L’impression laissé par « l’autrice », comme Elsa Poisot aime à se nommer, est d’avoir utilisé tous les subterfuges qu’il lui était offert pour faire passer la pilule à un public qui n’est pas vraiment concerné par les problèmes qu’elle soulève dans ce spectacle. Après avoir fait un peu de recherche, je suis retombé sur la présentation de la pièce qui avait été acceptée en résidence au sein de la Fédération Wallonie Bruxelles en 2014, en mettant cela en corrélation, on se rend compte que la partie la plus active du spectacle a surement dû n’être écrite qu’en 2016, le manque d’inspiration de Elsa Poisot durant ces deux années se fait ressentir tout au long du spectacle, cela valait certainement la peine d’obtenir des bourses pour un résultat pareil… On ne doutera toutefois pas que cette pièce recevra de nombreux prix créé pour la circonstance au sein du microcosme COCOFéenne ( Pour nos lecteurs français, c’est l’équivalent du ministère de la culture mais au niveau communautaire en Belgique )

Je ne blâme toutefois pas du tout les comédiens qui tiennent parfaitement leur rôle avec une mention une nouvelle fois à Déborah Rouach qui rend le spectacle plus vivant qu’il n’a été conçu, c’est une comédienne que l’on aimera revoir dans le futur. Notons également la place de Imothep Tshilombo dans ce spectacle qui sans bruit devient un des vétérans de la culture bruxelloise.

Le débat qui suivait la pièce en compagnie des représentants du ministre de la mobilité bruxelloise fut à l’idée de ce que je me suis fais du spectacle, un prétexte bien orchestré ou mettre sur scène un arabe, un black, une « vedette » du cinéma belge tout un parlant d’un sujet dont vous ne verrez jamais les protagonistes est source de retombées subsidiaires substantielles sans réelles valeurs ajoutées. C’est malheureux à dire mais tant que la culture en Belgique sera une question d’égo politique on sera condamné à voir et revoir la même chose en boucle comme c’est le cas maintenant depuis une vingtaine d’année et l’on ne verra malheureusement sur scène que des produits formatés et prémachés tous écrit dans le but de toucher une subvention malhonnêtement acquise.