La Femme silencieuse au Théâtre du petit Hébertot du 10 janvier au 23 Février 2014

Publié par , le 5 janvier 2014

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Niché au creux d’une impasse, le petit théâtre d’Hébertot accueille la pièce La femme silencieuse réalisée par Monique Esther Rotenberg. Au nom de « petit » qui qualifie le théâtre où prend place cette pièce, on se doute forcément qu’il en sera de même pour la scène. Pourtant, si tout parait étroit au premier abord, l’utilisation des lieux fera vite oublier le critère de taille au public. En effet, on comprend vite le rythme de la pièce suivant les jeux de lumières qui font dérouler les saisons, et les interludes musicaux permettant d’entrer dans une atmosphère différente.

 

Pendant 1 heure 30, les trois acteurs vont interpréter un morceau de la vie majeur de Stefan Zweig.

 

Il me semble important d’expliciter le titre de la pièce, qui correspond au livret « La femme silencieuse » écrit par Stefan Zweig lui-même et qui fut censuré en 1935 après seulement trois représentations. On comprend peu à peu, que le choix du nom de la pièce n’est pas anodin, s’il évoque le début d’une censure et le choix de se réfugier à Londres pour l’auteur, il dévoile aussi une dimension liée aux femmes. Cette pièce raconte ainsi une espèce de triangle amoureux, et cette « femme silencieuse » peut être à la fois interprétée par Olivia Algazi, la jeune secrétaire Lotte, prenant note des réflexions de l’auteur en silence, ou bien par la femme de Stefan Zweig, jouée par Corinne Jaber, restée en Autriche et qui ferme les yeux devant la montée du fanatisme hitlérien à Vienne.

 

Ainsi, les minutes et les jours défilent et on découvre de quelle manière Stefan Zweig conçoit et compose son prochain roman consacrée à Marie Stuart, on voit alors les différentes émotions et réflexions d’un artiste : à la fois le jaillissement de l’inspiration et des idées ou encore un certain regard critique sur son travail. Le tout joué avec brio par Pierre-Arnaud Juin. Mais le plus important, derrière ces passions et l’écriture d’un futur roman, c’est surtout l’ambiance pesante et lourde qui est évoquée lors des dialogues. On sent alors une véritable montée du fanatisme à la fois par l’inquiétude et le tiraillement de Zweig mais également par l’incompréhension de sa femme, qui semble ne pas voir ou reconnaître la montée du nazisme dans son pays.

 

À travers les sentiments amoureux, la tromperie, une touche d’ironie et un tiraillement permanent du personnage principal, cette pièce traite avec justesse un morceau majeur de la vie de Stefan Zweig.

 

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