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Varia La nostalgie de l’avenir du 14 février au 1er mars au Théâtre Varia

Publié par Isabel Sorlozano, le 18 février 2014

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La nostalgie de l'avenir

Une pièce de Myriam Saduis, adapté d'Anton Tchekhov
Mise en scène par Myriam Saduis
Avec Fabrice Dupuy, Soufian El Boubsi, Aline Mahaux, Nathalie Rjewsky, Pierre Verplancken, Tessa Volkine

Synopsis :

La nostalgie de l’avenir commence par le traumatisme avec lequel Tchekhov ferme sa pièce: Constantin Treplev vient de se suicider. Le jeune écrivain laisse une famille en deuil et une œuvre inachevée. Ses proches convoquent leurs souvenirs, cherchent à comprendre, à savoir. Objet central, que tous auscultent comme une archive encore chaude : l’ordinateur du jeune artiste, qui se filmait, prenait des notes, tenait son journal. Les souvenirs, alors, tombent en pluie. Les scènes violentes ou drôles, intenses ou douces-amères, se succèdent dans le désordre spiralé de la mémoire qui recompose ce qui ne veut pas se laisser dire.

L’adaptation de Myriam Saduis – avec ses inserts de textes additionnels, de vidéo et de musique – devient une version de chambre de la pièce resserrée sur six personnages. La saisissante modernité de l’œuvre écrite en 1896 n’en devient que plus apparente : famille recomposée, où l’on ne sait rien du père et où le compagnon de la mère a quasiment le même âge que le fils ; famille d’artistes où l’art fait chauffer les passions, et tout à la fois occulte et exacerbe l’épreuve de vivre. Pris dans ce tourbillon, la jeune génération (Constantin et Nina-la-Mouette) bataille pour une « nouvelle forme » d’existence. Ils exploseront en plein vol, laissant pourtant derrière eux le murmure d’une voix dans le petit matin : continue.

« La nostalgie de l’avenir » est une version de « La mouette » d’Anton Tchekhov. Elle est mise en scène par Myriam Saduis et peut être vue au Théâtre Varia à Bruxelles du 14 février au 1 mars 2014.

Cette pièce de théâtre commence par la fin, avec la scène par laquelle Tchekhov ferme son œuvre : Constantin, jeune écrivain, vient de se suicider. Ses proches évoquent dès lors leurs souvenirs d’une manière désordonnée, en essayant de recomposer les  tristes faits et tentent de comprendre les raisons qui ont poussé Constantin à se suicider.

Face à la mort prématurée de Constantin, les personnages dépriment. La mère, une célèbre actrice appelée Irina, voit son amant Boris, un écrivain de renommé, courir après Nina, la bien-aimée de Constantin (son fils !). L’amour se présente alors dans des relations embrouillées et ambitieuses. Tous veulent triompher en amour et en art : Constantin écrit des œuvres pour sa bien-aimée, Nina. Celle-ci aspire à devenir actrice et Boris parvient à la convaincre qu’elle a un avenir dans ce domaine et elle s’enfuit avec lui. La dispute entre Constantin et sa mère n’est pas seulement causée par la fuite de leurs bien-aimés, mais aussi parce que le fils cherche en vain la reconnaissance et l’estime de sa mère, qui est entièrement éblouie par le désir de succès et imbue d’elle-même.

La pièce aborde le problème du statut des artistes, qui se sentent rejetés. En effet, Nina sera rejetée par Boris, et Irina et Constantin avaient déjà été rejetés par ceux-ci. Cette œuvre qui s’avère très sombre et qui est mise en scène dans un espace assez ordinaire pourrait nous paraître monotone et avoir du mal à nous convaincre que l’on va passer une soirée agréable. Cependant, les textes, vidéos et musique qui accompagnent l’excellente performance des artistes confèrent à cette œuvre de théâtre une certaine élégance. Il s’agit ici d’une œuvre douce-amère qui présente une allégorie de la liberté de l’artiste (heureux ou pas, mais toujours passionné et sensible aux injustices de l’amour). Cette famille d’artistes, où l’art détermine le rapport au monde dans un désir de réalisation personnelle sans limite, est, somme toute,  une belle version du classique « La mouette ». À ne pas rater !