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Théâtre de la Huchette Lacenaire, faire de sa vie une oeuvre

Publié par Océane Boisseau, le 12 juin 2014

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Lacenaire, faire de sa vie une oeuvre

Une pièce de Yvan BREGEON et Franck DESMEDT
Avec Frédéric KNEIP et Franck DESMEDT ou Yvon MARTIN

Durée : 1H15 (sans entracte)

Synopsis :

Un texte brillant servi par un bandit génial. Un homme qui a signé un pacte entre la plume et le poignard. Lacenaire n’est pas seulement la figure mythique du poète assassin incarné par Marcel Herrand dans “Les enfants du paradis” ou le personnage d’un fait divers dont la vie extraordinaire pourrait se résumer en images cinéma- tographiques. Ce qui importe est moins Lacenaire que ses propres Mémoires, œuvre en action, œuvre dont l’écho, de Lautréamont à Char, de Breton à Debord, est considérable. Au terme d’une course volontaire à l’abîme, ses mémoires constituent l’acte ultime d’un assassin (à l’indéniable talent littéraire), poète de la fange et bel esprit de l’échafaud.

Pendant 1h15, le spectateur retourne dans le temps afin d’écouter, avec passion pour certains, le poète assassin Lacenaire. Si l’histoire d’origine de Pierre François Lacenaire  n’est pas décrite dans sa totalité – en si peu de temps difficile de faire mieux- la pièce de théâtre met en avant avec brio l’esprit torturé du personnage de Lacenaire mais surtout son talent de poète.

On rentre facilement dans l’univers des deux complices, Avril et Lacenaire, avec peu de décors nous étions facilement emportés à travers le Paris du 19ème siècle à imaginer les scènes de crimes au détour de ruelles.   J’ai particulièrement affectionné le texte prononcé par Lacenaire. Si le personnage a tout pour déplaire à première vue, sa plume et son talent d’orateur sont retranscris à merveille. Tout au long de la pièce, on attend patiemment la prochaine pensée prononcée à la fois par sa beauté mais aussi parce qu’elle pousse à réfléchir autrement sur  la société à travers le cynisme et le grain de folie de Lacenaire. De plus, bien que le texte est savoureux pour l’oreille, il est brillamment prononcé par le comédien Franck Desmedt dont la prestation à la scène finale laisse muet.

En bref, cette pièce est menée par deux excellents comédiens, Frederic Kneip réussissant à rentrer dans la peau de plusieurs personnages sur une même scène sans jamais perdre le spectateur. Elle nous plonge à la fois dans la tragique, la comédie, on rit, on frisonne, et on réalise que  l’arme la plus utilisée par Lacenaire s’avère être avant tout sa propre plume.