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National « Les Jumeaux Vénitiens » au Théâtre National jusqu’au 6 décembre 2013

Publié par Vina Nguyen, le 26 novembre 2013

jumeaux vénitiens

Les Jumeaux Vénitiens

Une pièce de Carlo Goldoni
Mise en scène par Mathias Simons
Avec Fabrice Murgia, Emilie Jonet, Fabrice Schillaci, Jean-Pierre Baudson, Jean-Baptiste Szézot, Marie-Hélène Balau, Valentine Gérard, Vincent Cahay, Vincent Hennebicq, Quantin Meert

Durée : 2h10 (sans entracte)

Synopsis :

Un bon bourgeois de Vérone qui cherche à marier sa fille ; le prétendant idéal, fortuné mais stupide, qui se trouve avoir un frère jumeau, inconnu de lui, aussi malin qu’il est pauvre ; des amours contrariées ; des valets truculents et cruels ; des quiproquos et malentendus en cascade ; une foule de personnages hauts en couleur…

Critique :

Autant dire que le thème des « Jumeaux vénitiens », celui du double, des faux-semblants et des quiproquos en tous genres qui pouvaient en résulter, m’avait plutôt enthousiasmée. Hélas, le produit final m’a plutôt laissée de marbre. Non pas que la pièce en elle-même soit dénuée d’intérêt quant à la réflexion sur la société et ses réelles mœurs, mais parce qu’il y a eu, pour ma part, une erreur de direction artistique.

La mise en scène, quoiqu’habile à certains égards, manquait cruellement de dynamisme. En effet, même si la métaphore du miroir était une idée ingénieuse, les interactions entre les comédiens de même que leur gestuelle étaient trop répétitives que pour pouvoir donner suffisamment de relief à chaque action. Les décors et les costumes, quant à eux, étaient trop sobres à mon goût et n’ont pas su ravir mes yeux, là où la bourgeoise Venise du 18ème siècle évoquait en moi dorures, couleurs et étoffes chatoyantes. En outre, les nombreux malentendus, en se succédant à une cadence folle, ne permettaient pas au spectateur de respirer et de pouvoir réellement apprécier la scène d’avant. Mais ce n’est pas cela qui m’a le plus dérangée. L’interprétation des comédiens a été d’après moi le gros point noir de la pièce. Trop dans la caricature et pas assez dans la subtilité que suppose la finauderie des personnages (l’homme d’Eglise pas si vertueux qu’on le croit, l’ami déloyal, etc.), nous avons eu droit à un brouhaha incessant et assourdissant. Ce n’est pas en exagérant le ton et en hurlant qu’on devient plus drôle, ai-je envie de dire. Mention spéciale tout de même à Fabrice Murgia qui, en campant à la fois l’attachant et niais Zenatto et son jumeau plus séducteur et malin, a réussi un impressionnant tour de passe-passe.