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Théâtre de Poche Montparnasse Lettres à un jeune poète, de Rilke au Théâtre de Poche Montparnasse.

Publié par Clara Gasnot, le 22 mars 2017

Au Théâtre de Poche Montparnasse. Les lundis, à 19 heures

LETTRES À UN JEUNE POÈTE

Une pièce de Rainer Maria Rilke
Mise en scène par Pierre Fesquet
Avec Pierre Fesquet, Michael Lonsdale. Au violoncelle, Emmanuelle Bertrand.

Compagnie : LOJ productions.

Durée : 1h10 (sans entracte)

Synopsis :

À un jeune homme qui lui demande s’il doit consacrer sa vie à la poésie, Rainer-Maria Rilke, adresse un véritable « guide spirituel ». De 1903 à 1908, il revient inlassablement sur les questions essentielles qui se posent au poète, au créateur, à l’artiste . Ces dix lettres sont à la fois un moyen d’accès privilégié à l’univers de Rilke et un manuel de la vie créatrice de portée universelle.

Jusqu’au 10 avril.

 

Pense pas-bête : Rainer Maria Rilke est un écrivain autrichien.
Issu d’une famille désunie, Rainer Maria Rilke passe une enfance solitaire en Allemagne. Son père, un officier à la retraite, souhaite qu’il mène une carrière militaire. Il l’envoie pendant cinq ans dans les écoles militaires de Saint-Pölten et de Mährisch-Weisskirchen. Il est surtout connu pour ses œuvres poétiques (« Élégies de Duino », « Sonnets à Orphée ») bien qu’il ait écrit un roman, « Les cahiers de Malte Laurids Brigge », ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre. Spirituel, il est convaincu de la présence divine, notamment dans son recueil « Histoires du bon Dieu ». Alors que dans « Le Livre de la pauvreté et de la mort »; il s’agit d’une une méditation sur la mort. Il nourrit des amitiés avec quelques-uns des créateurs les plus remarquables de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il est le secrétaire, et Marina Tsvetaieva, dont il décèle le génie avant tout le monde et avec qui il correspond. Pendant deux ans, Rilke entretient une liaison tumultueuse avec la femme peintre Lou Albert-Lasard. En 1926, il se pique avec les épines d’une rose qu’il vient de couper. Quelque temps après, Rainer Maria Rilke décède d’une leucémie au sanatorium de Valmont refusant les soins thérapeutiques.

Le texte : Il n’est rien à redire de ce sublime texte de Rilke… Venir l’écouter est une délectation, réussir à le faire entendre est un défi.

La structure : Pierre Fesquet nous propose une drôle de composition. Légèrement lourde. À la fois, le plateau est « dépouillé » comme il le prétend (un secrétaire au centre, une plume à écrire, une lampe de travail; la violoncelliste à jardin, puis une chaise, à cour. Le rythme : Une lettre de Rilke lue par Pierre Fesquet, la suite par Lonsdale, puis un air de violoncelle. Rarement alterné. Le projet du metteur en scène était de faire « un récital à deux voies (…) et du violoncelle d’Emmanuelle Bertrand un trait d’union musical entre les textes ». Cela est visible, prévisible. J’ai trouvé ce dispositif peu audacieux voire pas à la hauteur du texte délivré. Il manquait, à mon sens, une pointe de rigueur dans le travail proposé, j’ai plutôt perçu une lecture, parfois cafouilleuse, une ambiance assez funeste, des lumières tamisées, peu de finesse. Certes, l’idée est là, nous la comprenons, mais elle ne semble pas encore atteinte. Cela semble trop facile, pas abouti ou en cours d’élaboration. Peut-être est-ce le cas ?

Le jeu : Il est difficile de se positionner face à un acteur tel que Michael Lonsdale. Ce fut un immense honneur de l’entendre déclamer, sa voix est perçante, le ton est juste et il est bon de fermer les yeux et de l’écouter. Finalement, c’est ce à quoi l’on pouvait s’attendre. Juste lui, sans musique, sans accompagnement. Lui, avec le temps qu’il lui aurait fallu, pour partager avec nous les pensées de Rilke. Le dépouillement se prépare à la racine me semble t-il, auprès de celui qui sait dire. Peut-être n’était-ce pas possible pour cette pièce, l’intervention de Pierre Fesquet nous parait assez étrange. Comme un comblement. Est-ce pour aider M.Lonsdale, lui éviter de se fatiguer ou pour se faire plaisir, simplement?

Le subjectif : Ce n’est pas mauvais, simplement, j’ai eu l’impression d’assister à un mélange des genres. Qu’était le projet de cette adaptation? Une lecture, un hommage, une pulsion, un partage, un récital ? Je suis sortie, je l’avoue, bercée par les mots de Rilke, mais dérangée par un certain déséquilibre entre l’ambition et la proposition finale. Cela ne m’a pas touchée au vif. Rilke dans ses Lettres à un jeune poète parle d’espoir, de sagesse, de lumière. J’ai cependant trouvé le spectacle assez sombre dans sa globalité.

Ne nous lassons pas de lire cette oeuvre, rendez-vous au Théâtre de Poche si cela vous tente et débattons!

Au Théâtre de Poche Montparnasse.
Les lundis, à 19 heures