Platonov (ou presque), du 1er au 12 octobre

Publié par , le 16 septembre 2013

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critique théâtrale

Il fait brumeux sur les planches. On entend des murmures, des conversations lointaines sans pouvoir en saisir aucunes. Une sono grésille et parasite le tout. La liberté narrative du dramaturge Tchékhov et/ ou du metteur en scène Wenger donne à mal voir et mal entendre un prologue fort long, dont on ne sait s’il va finir, dangereux pour ne pas perdre le spectateur, isolé sur son gradin. Malgré ce début peu avantageux, on rentre dans le tourbillon de cette histoire de désirs, de rejets, de tentatives, d’appels au secours dès lors que les comédiens se confient à nous lors d’apartés, occupent l’avant-scène pour se questionner ou échanger avec les leurs, sur les leurres de leur passion. L’heure tourne et les relations se nouent, se dénouent et nous plongent dans ce dramatique rapport à la vie de personnages déboussolés, parmi lesquels on retrouve les frères, les amants, les fils, les cousins, la famille et ceux qui gravitent autour de non-dits, d’ ambitions et de ratés! Une seconde partie de spectacle ouvre la voie sur des crises à répétition: les victimes de Platonov, véritable Dom Juan à la Russe, explosent et le conduisent à la folie qui l’emporte jusqu’à l’au-delà! Un épilogue, qui à l’opposé du prologue, nous saisit et nous arrache de notre quiétude pour rejoindre les abyssales souffrances de ces êtres (ou presque).

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