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Paris Pyrénées ou le voyage de l’été 1843, au Lucernaire.

Publié par Clara Gasnot, le 10 décembre 2016

lucernaire

Pyrénées ou le voyage de l'été 1843

Une pièce de Victor Hugo
Mise en scène par Sylvie Blotnikas
Avec Sylvain Rochefort

Compagnie : La Petite Compagnie

Durée : 1h15 (sans entracte)

Synopsis :

Parti à l’assaut des Pyrénées, Victor Hugo nous narre avec génie son palpitant périple.

Le 18 juillet 1843, Victor Hugo qui a 41 ans commence son traditionnel voyage d’été.
Ce voyage de près de deux mois le mène de Biarritz à Oléron, en passant par l’Espagne et les Pyrénées. C’est l’occasion pour Hugo non seulement de découvrir et de s’émerveiller, mais aussi de plonger dans son passé.
Au fur et à mesure de son périple, il écrit de nombreux textes qui constituent un journal de voyage qu’il a l’intention de publier. Mais un évènement tragique viendra interrompre ce voyage…

Ce récit, plein d’humour, de simplicité et de grandeur est adapté pour la première fois au théâtre.

Le texte : Victor Hugo nous livre un texte riche de sens, coloré et poétique. Comme il sait si bien le faire, il nous embarque grâce à sa lumineuse écriture, dans un voyage plein de senteurs et d’émotions. Avec pudeur et intelligence. Les mots comme de la laine que l’on tricote.

La structure : Un plateau vide, seul un tabouret, une bouteille d’eau et un carnet. Aucune musique, seul le texte raisonne. Quelques lumières chaudes ou froides pour accompagner les saisons ou les paysages racontés. Une mise en scène sobre mais efficace. Logique. Pas de chichi, pas de blabla, l’exercice est complexe mais le pari réussi. Sylvie Blotnikas (metteuse en scène) et Julien Rochefort (comédien) nous proposent un travail d’orfèvre.

Le jeu : Julien Rochefort partage l’expérience d’Hugo avec brio. Une petite surenchère gestuelle au départ et un ton auquel il faut s’acclimater, avant d’entrer totalement, finement dans l’histoire. Dure performance que celle de mâcher les mots du 19ème siècle, de nous les faire entendre et comprendre. Exercice périlleux que d’essayer de faire « voir ». Et pourtant, sa diction, son corps qui se détend petit à petit, son regard, son plaisir d’être là, de dire cela, sa constance de jeu, de conter nous emmène au delà des neiges éternelles. C’est avec humilité que Julien Rochefort nous fait vibrer sur la colossale langue d’Hugo.

Le subjectif : Une heure de mots qui cheminent, claquent, tapent, caressent, envoûtent. Une heure dans les montagnes, sur les routes, dans la nature. Une heure de souvenirs qui remontent, de détails qui surgissent, de sa propre histoire qui apparaît. Un spectacle qui donne envie de lire et relire Hugo. Une fin comme il faut pour que le coeur soit touché. Bref, courez-y!