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Toison d'Or Sous la robe

Publié par Isabel Sorlozano, le 22 avril 2015

Sous la robe

Sous la robe

Une pièce de Nathalie Penning
Mise en scène par Nathalie Uffner
Avec Nathalie Penning

Compagnie : Théâtre de la Toison d'Or ( www.ttotheatre.be )

Durée : 1h45 (sans entracte)

Synopsis :

Nathalie Penning est une étrange créature. Supposée faire un des métiers les plus sérieux du monde, à 5 ans déjà, elle chantait « Rikita Fleur de Java » de Georgette Plana, debout sur la table de la cuisine. Magnifique référence ! Depuis, ele ne rate pas l’occasion, entre deux plaidoiries, de remonter sur les planches. « Sous la robe », le titre est clair, Nathalie va nous faire rire de, et avec, son métier d’avocat. Vous n’aurez aucun nom (le Bâtonnier lui donnerait du bâton), mais une vision assez particulière de ceux qui ne parlent qu’en présence de leur avocat. Et à la fin, c’est le rire qui gagne le procès.

Hier, j’ai pu assister à l’un des meilleurs monologues de ma vie. Réalisé et interprété par Nathalie Penning, avocate bruxelloise, qui irradiait par son charisme et par une parfaite locution. Elle démarre en parlant de la déontologie afférente à ce métier, puis discute ouvertement avec le public et émet ainsi des observations sur la dignité professionnelle des avocats et, plus généralement, sur sa signification actuelle et concrète à Bruxelles dans la vie de tous les jours.

Nathalie Penning poursuit en expliquant davantage son parcours professionnel depuis son jeune âge, puis elle pose un regard critique sur les différents milieux sociaux auxquels elle a été confrontée à divers moments pendant sa carrière. Donc, avec beaucoup de sarcasme, elle raconte tout ce qu’on ne dit jamais, du moins tout haut : elle décrit les relations interpersonnelles au Barreau, les préoccupations d’un voisinage à Watermael-Boitsfort (apparemment un vrai client dans son passé) ou alors une classe au lycée de Moleenbeek (où elle aurait donné des conférences sur le Droit aux élèves)… Elle nous offre par là une féroce, cruelle et parfois très sensible vision de la société nous amenant ainsi à nous interroger sur le degré d’humanité et d’observation avec lequel notre artiste a vécu tout au long de sa carrière. Nous avons tous pris je pense un malin plaisir à voir des imitations données des différents groupes sociaux que nous observons au quotidien.

Pendant deux heures, on n’entendait donc que la puissante et versatile voix de l’avocate mêlée d’éclats de rire du public (et à mon avis, parmi les spectateurs, certains n’avaient jamais ri autant). La mise en scène est quant à elle minimaliste et ponctuée par une modeste lumière et de petites vidéos illustratives.

Il n’est donc guère étonnant que les représentations de ce spectacle affichent complet depuis des mois. Le bouche-à-oreille a parfaitement fonctionné et cet one-woman-show est, sans doute, l’une des représentations les plus drôles qui m’ait été donnée de voir avec une comédienne tout simplement génialissime. Il faudra attendre jusqu’à janvier 2016 pour la voir à nouveau, cette fois-là au Centre Culturel d’Uccle et je parie que le rire se convertira à nouveau en une sorte de thérapie de démystification des clichés pendant, au moins, une soirée. Absolument à ne pas rater !