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Cinéma Ramdam Tournai : « Skoonheid » (Beauty) de Olivier Hermanus

Publié par Rédacteur, le 19 janvier 2012

« Skoonheid » (Beauty) De Olivier Hermanus

“Le mâle de l’homme”

François, homme d’âge mur, mène une vie rangée en Afrique du Sud et semble avoir réussi sa vie. Il vient récemment de marier sa fille, ses affaires tournent, son couple connaît cependant des hauts et des bas mais de manière générale il se conforme à un modèle de vie acceptable.

A la recherche du bonheur, François s’accorde des moments qui le font tendre vers sa réelle identité sexuelle : l’homosexualité au travers d’orgies, l’amenant ainsi à trouver un certain équilibre.

Jusqu’au jour où il revoit Christian, fils d’un bon ami, devenu un jeune homme très séduisant. Il deviendra alors l’objet de toutes ses pulsions et de tous ses désirs. Cette obsession l’amènera à commettre l’irréparable…

Le dénouement de l’histoire est progressif et présente certaines longueurs. Il permet toutefois de comprendre le contexte dans lequel évolue François afin de mieux percevoir les enjeux dans lesquels il se trouve. Issu d’une autre génération il ne s’accorde pas la liberté de vivre sa sexualité au grand jour, sans doute a-t-il peur du regard et du jugement des autres ? Et peut-être aussi de perdre son confort de vie actuel ?

Le film d’Olivier Hermanus interpelle les valeurs et les clichés de chacun par rapport à la thématique de l’homosexualité. Alors que le réalisateur met en image une réalité existante et acceptée, il demeure pourtant un film dérangeant. La pudeur et la simplicité accordées par les images renverraient-elles chacun vers ses propres valeurs et tolérances ?

Au terme de la projection, le débat a montré que les avis étaient divergents : certains sont satisfaits que le cinéma se soit penché sur le sujet, d’autres estiment que le poids des images est oppressant et choquant. Enfin certains oscillent entre le dégout et la compassion pour le personnage.

Ce qui est certain c’est que Didier Costet, scénariste et producteur, n’a pas voulu d’un film « fastfood », il a souhaité ouvrir la réflexion sur un thème percutant et parfois encore mal compris à l’heure actuelle.

Didier Costet a répondu chaleureusement au débat qui s’en est suivi et nous le remercions du moment privilégié passé à ses côtés nous ayant permis de partager les coulisses de sa réalisation.

Stellina Huvenne et Nathanaëlle Bouquegneau