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Littérature Ricardo Menéndez Salmon : La philosophie en hiver

Publié par Rédacteur, le 9 février 2012

Une philosophie de travers

Le propre de la philosophie est sa difficulté même à en amener une définition. Mais l’important est toujours la façon dont on la perçoit. Pour beaucoup, cette matière n’est qu’un amas d’ennui. « La philosophie en hiver » ne fera dès lors pas office de bonne étoile afin de les remettre d’accord avec elle. Le contenu de ce petit roman est aussi froid que son titre. Ricardo Menéndez Salmon allie à son bouquin le nom de Spinoza. Sans doute pour lui donner la valeur que sa plume a été incapable d’injecter à son histoire. Le style est lourd, pompeux, inutilement prétentieux. Le récit manque de couleurs, est vide de sens, nous laisse de marbre. À aucun moment, l’auteur espagnol n’accroche le lecteur. Les mots glissent comme l’eau entre nos doigts, ils s’échappent et il n’en reste rien. L’esprit ne saisit pas la moindre notion de ce que veut faire passer l’écrivain.

Ce livre aurait été écrit en latin qu’il aurait été plus vivant. Passives, inertes, les phrases s’alignent dans un monceau interminable. C’est comme un puits sans fond dans lequel on tombe toujours plus profondément. La chute parait infinie. Même l’alternance entre les deux histoires est mal placée. Et ne parlons pas de la fin qui laisse le tout dans l’indifférence la plus complète. Quand un cadeau n’est pas à la hauteur des attentes, on essaie pourtant d’au moins l’emballer de manière convaincante. Ni le début ni la fin ne remplissent cette fonction pourtant essentielle. Rarement le ressenti littéraire a été si peu exploité. C’est presque comme si Salmon avait voulu écrire juste pour le fait lui-même et non pour être lu. Chose complètement absurde, égoïste. Il semblerait que l’envie de partage ait complètement déserté « La philosophie en hiver ». En bref, un roman à éviter si vous ne voulez pas prendre en grippe philosophie et littérature.

Ricardo Menéndez Salmon, La philosophie en hiver, Editions Jaqueline Chambon, novembre 2011, 94 pages.

Gaëtan Dewilde