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Cinéma Sorties cinéma du 1er février 2012

Publié par Matthieu Matthys, le 1 février 2012

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Belgique

Cheval de guerre. Avec l’un des plus grands réalisateurs hollywoodiens derrière la caméra, ce film se doit logiquement d’être un blockbuster. En effet, Steven Spielberg a décidé de réaliser ce film dramatique retraçant l’histoire d’amour entre un jeune homme et son cheval nommé Joey. Au milieu de la campagne anglaise, Albert dresse un cheval qu’il affectionne plus que tout. Alors que la première guerre mondiale fait rage sur le continent, l’équidé est réquisitionné pour le front. Un déchirement affectif qui poussera le jeune anglais à partir sur la trace de son fidèle compagnon. Si cette histoire vous parait un tantinet niaise et féminine, elle n’est pourtant pas à mettre devant tous les yeux. Véritable toile non censurée de la grande guerre, le cinéaste américain n’a pas hésité à en montrer toute l’horreur. Hormis cela, l’amitié qui noue ces deux êtres nous a renvoyé dans notre enfance et le très bon film de Carroll Ballard, L’étalon noir. Un métrage très long (deux heures et demie) qui ne lasse pas l’amateur d’aventure. Enfin, on vous le promet, Steven n’a pas mis d’extra-terrestre.

Note : 7,5/10

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La vérité si je mens 3. Voici quinze années que le premier volet de la saga avait vu le jour sous la plume de Gérard Bitton. Cette saga avait trouvé sa place dans la catégorie des films cultes d’une jeunesse friande de comédies ethniques où les accents et les gestes sont autant exagérés que les clichés. Pour ce troisième volet, Eddie, Dov, Yvan et les autres quittent le Sentier pour Aubervilliers. Mais les juifs qui y prospéraient jadis ont maintenant laissé la place aux grossistes chinois. L’histoire est toujours aussi basique et l’équipe toujours aussi délurée mais on apprécie de revoir nos compères du premier volet. En effet, Vincent Elbaz retrouve le personnage de Dov après l’avoir laissé à Gad Elmaleh lors du second épisode. Ce nouvel opus sonne donc davantage comme une production destinée aux fans de la première heure plutôt qu’une perle du cinéma français.

Note : 7,5/10

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Les Boloss. Quatre jeunes adultes fraîchement diplômés décident de partir en vacances avec pour seuls objectifs sortir et draguer le plus possible. Le pitch est assez facile à faire étant donné que ce thème est récurrent dans le cinéma contemporain. Pourtant, ce film possède un atout de taille : il est anglais. En agrémentant l’histoire d’un humour so british, le réalisateur Ben Palmer a relégué les comédies pour teenagers américains au rang de direct-to-dvd. Ce long métrage possède une auto-dérision décapante nous entrainant dans les délires juvéniles d’une bande de post-adolescents en mal d’identité sexuelle. Tirée d’une série télévisée du même nom, cette production ravira les férus de virées estudiantines et les amateurs d’humour léger.

Note : 7/10

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Sport de filles. Gracieuse est une cavalière surdouée. Ecoeurée par la vente d’un cheval qui lui était promis, la jeune femme décide de quitter l’élevage où elle travaillait pour se lancer comme simple palefrenière dans un haras voisin. Mais celui-ci est dirigé d’une main de fer par Joséphine de Silène pour laquelle un entraineur de renommée internationale travaille. L’équitation, est-ce vraiment un sport de filles ? La réponse à cette question est pour le moins floue car on sait pertinemment que ce sport est régit par des hommes. Pourtant, au vu de ce long métrage de Patricia Mazuy, on aurait tendance à croire le contraire. En effet, ce sont plutôt les hommes qui servent de faire-valoir dans cette histoire. Loin du machisme habituel de ce sport, la réalisatrice nous livre une peinture un peu morne de l’art équestre. Si le fond de l’histoire nous dérange peu, la trame de celle-ci ne pourra ravir que les adolescentes fanatiques du jeu «Petit Poney» sur Nintendo DS. Tout n’y est cependant pas mauvais. Le film est un peu moraliste, les enjeux financiers y sont montrés du doigt et les prises de vue sont intéressantes.

Note : 6,5/10

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Take Shelter. Bienvenue dans le monde torturé de Jeff Nichols. En nous servant ce drame psychologique au combien lent et complexe, le réalisateur américain a tenté de nous perdre dans les méandres de l’esprit humain et de ses problèmes telle que la schizophrénie. Curtis LaForche est un homme sans problème qui vit une vie totalement monotone et quelque peu insipide. Ce manque de relief dans sa vie rend son existence passive. Mais un jour, cet honorable père de famille commence à avoir des hallucinations qui lui font pressentir une catastrophe naturelle de grande envergure. Devenant de plus en plus paranoïaque, il décide de construire un abri pour sa famille en plein milieu de son jardin. Cette histoire tortueuse est très bien mise en scène et nous permet d’entrer dans la peau de cet être torturé. Seule la lenteur des scènes, parfois trop accentuée, gâche la fresque dramatique en agaçant le spectateur avide de mouvements.

Note : 6,5/10

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Albert Nobbs. Cela fait maintenant plusieurs années que Glenn Close n’avait plus fait d’apparition à l’écran. Elle signe ici un retour surprenant et impeccable dans la peau d’Albert Nobbs. Vous avez bien lu, elle a choisi d’incarner une femme qui se fait passer pour un homme. Dans une Irlande frappée par la misère et les difficultés économiques, une femme décide de se faire passer pour un homme afin de se faire engager en tant que majordome. C’est Glenn Close elle-même qui voulait absolument incarner ce personnage contrasté. Dans les années 80, elle avait déjà interprété ce rôle au théâtre et rêvait de le voir évoluer sur grand écran. Malgré une histoire excellente, le film est un peu plat. En effet, le transformisme n’est plus une révolution technique dans le cinéma actuel, de nombreux maquillages de la sorte ayant déjà été effectués auparavant. Pas de surprise à ce niveau là et pas de surprise quant aux rebondissements. Et pour cause, rien ne décolle vraiment et, hormis des dialogues riches, l’histoire lasse quelque peu. Seules les prestations de Glenn Close et Mia Wasikowska sont à saluer.

Note : 6/10

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Café de Flore. En un seul mot, étrange. Ce film d’amour parfois bouleversant signe le grand retour de Vanessa Paradis à l’écran depuis son rôle de Juliette dans l’Arnacoeur. Loin d’être une comédie, ce drame français de Jean-Marc Vallée nous entraine dans une longue histoire d’amour entre le Paris des années 60 et le Montréal d’aujourd’hui. L’amour entre un Dj et une jeune parisienne. Cette dernière se laissera diriger par la passion et le désir jusqu’à l’aveuglement. Ce long métrage est un ovni dans le style romantique. Les larmes et la tendresse laissent souvent place au doute et à l’incompréhension. Un film biphasique bien étrange où la conception technique et la construction spatiale ont de quoi perdre le spectateur dans les méandres de l’irrationalité. Un récit mystique à visionner bien reposé.

Note : 6/10

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Anonymous. Non, il ne s’agit pas d’un documentaire sur les néo-révolutionnaires du web arborant fièrement le masque de Guy Fawkes. C’est plutôt le titre du nouveau film de Roland Emmerich remettant en cause la prétendue imposture de William Shakespeare sur la paternité de ses oeuvres. L’histoire est celle d’Edouard de Vere, comte d’Oxford, qui vécut dans l’Angleterre de la deuxième moitié du XVIe siècle. Cet homme est, selon certaines personnes, le véritable auteur des oeuvres attribuées à Shakespeare.  Le fantasque Roland Emmerich nous revient donc avec ce film pseudo-historique. L’histoire, le réalisateur allemand a pris l’habitude de la tourner à sa sauce. Que ce soit dans 10000 BC ou encore 2012, le cinéaste aime mettre en scène des récits de fond de bibliothèque ou de bout de parchemin. Un film qui sera certainement plus beau à voir qu’à retenir.

Note : 5/10

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FRANCE

Another Happy Day. Sam Levinson nous offre un film contrasté pour sa première réalisation. Si vous aimez l’humour noir mais aussi les comédies dramatiques, ce film est taillé à votre mesure. Dôté d’un casting de rêve avec, entre autres, Demi Moore, Ellen Barkin et Kate Bosworth, ce film s’adresse à un large public qui préfère une production de qualité aux blockbusters tonitruants. Lynn débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné, Dylan. Elle est accompagnée de ses deux plus jeunes fils, Ben et Elliot. La propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments ne le prive pas d’une certaine lucidité sur la joie des réunions de famille. Et la réunion, de fait, est joyeuse : grands-parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement beauf.  Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de sa nouvelle femme tyrannique. Préparez vos mouchoirs car les connotations humoristiques y foisonnent.

Note : 8/10

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Tucker & Dale fightent le mal. Il est peu probable que l’on entende beaucoup d’infos sur ce nouveau film d’Eli Craig. De fait, peu de gens et de salles de cinéma misent sur le succès de ce film hors normes où le ridicule ne tue pas… enfin si. Tucker et Dale sont deux gentils péquenauds venus se ressourcer en forêt. Ils y rencontrent des étudiants venus faire la fête. Suite à un quiproquo entraînant la mort d’un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial killers qui veulent leur peau… On vous l’annonce, ce long métrage n’est pas intelligent mais a le mérite de ne pas nous faire décoller les yeux de l’écran. Au départ, les distributeurs avaient réservé cette production à la seule amérique mais les jeunes européens ont très vite rejoins la flopée de fans attendant avec impatience cette parodie de slasher. Humour noir et dérision seront au programme de cette  première surprise de l’année.

Note : 8/10

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La vérité si je mens 3. Voici quinze années que le premier volet de la saga avait vu le jour sous la plume de Gérard Bitton. Cette saga avait trouvé sa place dans la catégorie des films cultes d’une jeunesse friande de comédies ethniques où les accents et les gestes sont autant exagérés que les clichés. Pour ce troisième volet, Eddie, Dov, Yvan et les autres quittent le Sentier pour Aubervilliers. Mais les juifs qui y prospéraient jadis ont maintenant laissé la place aux grossistes chinois. L’histoire est toujours aussi basique et l’équipe toujours aussi délurée mais on apprécie de revoir nos compères du premier volet. En effet, Vincent Elbaz retrouve le personnage de Dov après l’avoir laissé à Gad Elmaleh lors du second épisode. Ce nouvel opus sonne donc davantage comme une production destinée aux fans de la première heure plutôt qu’une perle du cinéma français.

Note : 7,5/10

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Félins. Pour ce documentaire, Disney a choisi une mise en scène similaire au Roi Lion. Un choix volontaire qui ne déplait pas mais n’apporte pas toute l’objectivité d’un docu habituel. En installant le félin comme roi de la savane, la subjectivité déprécie d’autres êtres de la faune africaine et plus précisément kenyane. La beauté des images est toujours appréciable mais elle n’arrive pas à la hauteur d’une production britannique comme le sont généralement celles de la BBC. Malgré tout cela, il sera utile d’emmener vos enfants voir ces chats sauvages coexister avec les gnous et les méchantes hyènes. On vous rassure, Timon et Pumba n’apparaissent pas au casting.

Note : 7/10

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Detachment. Et on reprend les mêmes thèmes et on recommence. Et pour cause, voici des décennies qu’on nous ressert sans cesse les histoires de profs arrivant dans des écoles ou des classes difficiles. Ce chemin de la rédemption nous agace mais ce film signé Tony Kaye montrant l’excellent Adrien Brody a de quoi nous faire changer d’avis. Henry Barthes est un professeur remplaçant. Il est assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Lui qui s’efforce de toujours prendre ses distances va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement. Si cette histoire sent le déjà-vu comme dit précédemment, il n’en est rien. Ce long métrage est beaucoup plus noir que ses prédécesseurs. Même si certaines scènes restent des clichés ambulants, le réalisateur a plutôt parié sur la place de l’être dans l’époque actuelle plutôt que de le limiter à un seul univers géographique.

Note : 6,5/10

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Elles. La prostitution des étudiantes est au coeur de ce film européen. Ce sujet souvent tabou est pourtant plus répandu qu’on ne le pense. C’est pourquoi Malgorzata Szumowska a choisi de mettre en images le dur travail d’une jeunesse malmenée et paupérisée. Ce film est un cri de douleur et à la fois un travail d’investigation sur ces petits travaux méprisants. Anne, journaliste dans un grand magazine féminin enquête sur la prostitution estudiantine. Alicja et Charlotte, étudiantes à Paris, se confient à elle sans tabou ni pudeur. Ces confessions vont trouver chez Anne un écho inattendu. Et c’est toute sa vie qui va en être bouleversée. Cette fausse biographie aux accents réalistes résonne dans notre esprit et le sujet est aussi bouleversant que révoltant. Cependant, le film semble souffrir de son sujet et tourne rapidement autour du pot. Tel un documentaire, on ne fait que subir la vision d’un fait de société mais la réalisation ne nous fait pas avancer dans notre opinion et on rentre chez nous avec le même regard qu’avant.

Note : 6/10

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Matthieu Matthys