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Cinéma Sorties cinéma du 22 février 2012

Publié par Matthieu Matthys, le 22 février 2012

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BELGIQUE

Sécurité Rapprochée. Ce thriller pour adulte est un jeu d’échec avec pour pions principaux Denzel Washington et Ryan Reynolds. Le premier reste sur un succès de rang avec Unstoppable, le film avait su ameuter les foules alors qu’il faut avouer que son scénario n’était pas des plus attirants. Le second a également gagné en popularité outre-atlantique avec le burlesque Echange standard de David Dobkin. C’est donc avec grand intérêt que le public pourra se rendre en masse voir cette nouvelle réalisation de Daniel Espinosa (Easy Money) qui est très bien ficelée et admirablement rythmée. Tobin Frost est le traître le plus haï et le plus redouté de la CIA. Après avoir échappé au contre-espionnage pendant près de dix ans, il refait surface en Afrique du Sud. Lorsque sa cachette d’un faubourg du Cap est attaquée par un mystérieux commando, un jeune « bleu », Matt Weston, est obligé d’assurer seul sa fuite et de le conduire dans une nouvelle résidence sécurisée. Ce film à l’action omniprésente saura ravir les amateurs d’explosions et de prouesses martiales. Cependant, rien de neuf ne transpire de l’histoire qui est un patchwork de plusieurs films du même acabit.

Note : 6,5/10

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Oh my god ! Dans un humour de dandy dont seuls les britanniques ont le secret, ce film narre l’histoire de l’invention du vibromasseur. Qui dit sexe, dit situations cocasses. Des situations saugrenues que la réalisatrice Tanya Wexler n’a pas souhaité rendre vulgaire comme dans beaucoup d’autres productions actuelles. De fait, une ambiance pudique plane sur ce long-métrage et nous plonge dans l’intimité d’une création taboue. Dans l’Angleterre Victorienne, l’histoire authentique de l’invention du vibromasseur en tant que remède contre une maladie typiquement féminine: l’hystérie… Après plusieurs licenciements à cause de son approche trop moderne de la médecine, le jeune docteur Mortimer Granville devient l’assistant du docteur Dalrymple. Ce dernier soigne les femmes atteintes d’hystérie. Cette maladie provoque les dépressions, des crises de colère ou de la mauvaise humeur et ces crises peuvent être soignées de manière temporaire à l’aide de massages du bassin. C’est une fresque romancée qui s’offre à nous, à mi-chemin entre le conte et le roman historique. Cependant, la pudeur dont fait preuve le scénario, rend parfois le film trop long et sans relief.

Note : 6/10

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Une bouteille à la mer. Un film sur le conflit israelo-palestinien à travers les correspondances de deux jeunes gens que tout oppose au départ, ça pouvait faire un beau film. Mais voilà, si les larmes ne coulent pas sur les joues du spectateur, c’est que cette production française siffle un refrain de démagogie désagréable. Non pas que cet esprit pacifiste doit être mis sous silence mais l’histoire de fond semble faire abstraction des enjeux, des tenants et des aboutissants de cette lutte historique. Tal est une jeune Française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi. Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Cette histoire est bien mise en scène par Thierry Binisti qui est un aficionados des romans historiques. Elle possède un côté sympathique mais ne fera pas avancer les choses par sa neutralité.

Note : 6/10

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La vie d’une autre. Depuis que Mathieu Kassovitz «encule» le cinéma français, on est tout de même réticent à dire du mal de ses films. Heureusement, pour la première réalisation de Sylvie Testud, l’homme n’est qu’acteur. Soulagement donc car le film, on l’encensera pas. Et pour cause, le spectateur n’arrive pas à se situer entre le drôle et le tragique. Un manque de repère qui lasse et nous fait vite décrocher. Si le pitch semblait bon, même la manière de filmer ne rattrape pas le texte.  Marie, 40 ans, se réveille en pensant qu’elle en a 25. Elle a oublié 15 ans de sa vie. Elle se réveille au début d’une histoire d’amour qui en fait se termine. Elle se réveille et elle a quatre jours pour reconquérir l’homme de sa vie. Se voulant poétique, l’histoire n’arrive pas à captiver.

Note : 5,5/10

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Target. Deux potes pour une femme, un triangle amoureux déjà vu au cinéma de nombreuses fois. Lorsque vous ajoutez à cela un peu de piment en mettant deux agents se disputant une beauté fatale, vous obtenez ce nouveau film de McG qui ne révolutionnera pas le cinéma contemporain. En effet, tout y est attendu car tout ce qui s’y passe a déjà été vu. De l’action et un combat humoristique qui va crescendo nous entrainent dans un scénario pauvre en originalité à défaut d’être lourdement chargé en effets pyrotechniques. Même si la présence de Reese Witherspoon au casting pourrait rassurer, la filmographie de McGinty n’inspire pas le cinéphile. Deux des meilleurs agents secrets au monde sont aussi les deux meilleurs amis dans la vie. Rien ne pouvait les séparer jusqu’au jour où ils découvrent qu’ils fréquentent depuis peu la même jeune femme, Lauren. Ce qui était au début un jeu de séduction sans conséquence et un simple défi amical se transforme vite en une guerre sans merci. Un film sans grand intérêt où la gueguerre puérile agace très vite.

Note : 4/10

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FRANCE

Bullhead. C’est l’évènement de l’année en Belgique, ce film flamand a raflé tous les prix dans les petits et grands festivals. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est bien réalisé. Avec une histoire s’axant autour d’un paysan aux moeurs douteuses, on voit venir à plein nez le phénomène social à la belge. Mais pourtant, c’est une histoire policière qui va nourrir le scénario de bien belle manière. L’angoisse mais aussi le réalisme des scènes accrochent le spectateur. Jacky est issu d’une importante famille d’agriculteurs et d’engraisseurs du sud du Limbourg. A 33 ans, il apparaît comme un être renfermé et imprévisible, parfois violent… Grâce à sa collaboration avec un vétérinaire corrompu, Jacky s’est forgé une belle place dans le milieu de la mafia des hormones. Un exploit cinématographique et une interprétation cinq étoiles de Matthias Schoenaerts vous laissent sans voix.

Note : 9/10

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Cheval de guerre. Avec l’un des plus grands réalisateurs hollywoodiens derrière la caméra, ce film se doit logiquement d’être un blockbuster. En effet, Steven Spielberg a décidé de réaliser ce film dramatique retraçant l’histoire d’amour entre un jeune homme et son cheval nommé Joey. Au milieu de la campagne anglaise, Albert dresse un cheval qu’il affectionne plus que tout. Alors que la première guerre mondiale fait rage sur le continent, l’équidé est réquisitionné pour le front. Un déchirement affectif qui poussera le jeune anglais à partir sur la trace de son fidèle compagnon. Si cette histoire vous parait un tantinet niaise et féminine, elle n’est pourtant pas à mettre devant tous les yeux. Véritable toile non censurée de la grande guerre, le cinéaste américain n’a pas hésité à en montrer toute l’horreur. Hormis cela, l’amitié qui noue ces deux êtres nous a renvoyé dans notre enfance et le très bon film de Carroll Ballard, L’étalon noir. Un métrage très long (deux heures et demie) qui ne lasse pas l’amateur d’aventure. Enfin, on vous le promet, Steven n’a pas mis d’extra-terrestre.

Note : 7,5/10

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The devil inside. Autant le dire tout de suite, on en a assez marre de voir des films traitant de l’exorcisme. De l’exorciste en 1973 au Rite l’année dernière, les cinéastes s’en sont donné à coeur joie sur le sujet. Ici, peu d’originalité scénaristique mais pourtant ce film accroche le spectateur comme un aimant, lui faisant croire à cette magie mystique. En effet, William Brent Bell a utilisé une arme redoutable depuis une décennie, la caméra main. Avec un budget dérisoire (1 million de dollars), il a réussi à nous installer en acteur plutôt qu’en spectateur de l’histoire. Un soir de 1989, la police reçoit un appel d’une certaine Maria Rossi qui reconnaît avoir sauvagement assassiné trois personnes. Vingt ans plus tard, sa fille, Isabella cherche à comprendre ce qui s’est vraiment passé cette nuit-là. Elle se rend en Italie, à l’hôpital Centrino pour psychopathes où Maria est enfermée, pour savoir si sa mère est déséquilibrée ou possédée par le diable. Pour soigner la démente, Isabella fait appel à deux jeunes exorcistes qui utilisent des méthodes peu orthodoxes, mêlant la science et la religion. Ils devront alors affronter le Mal absolu qui a pris possession de Maria : quatre démons d’une puissance redoutable. Cette histoire de démon fait froid dans le dos et il vous faudra être bien assis au fond de votre siège pour éviter de croire que votre voisin de salle est possédé par le malin.

Note : 7,5/10

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Chronicle. Ce faux documentaire de Josh Trank est une réussite, un chef d’oeuvre du genre. Une réalisation fidèle à ses pairs tels Cloverfield ou le très récent Devil Inside vous entraine dans la peau des acteurs. Une véracité intelligente donnant un rendu moins catastrophique et moins blockbuster. Trois lycéens découvrent un cratère et obtiennent des super pouvoirs telles que la télékinésie, la possibilité de voler et l’invulnérabilité. Ce qui était un amusement au départ va devenir vite une question de vie ou de mort lorsqu’ils flirtent avec la limite de leur pouvoir, ainsi leurs cotés obscurs font surface. Une production hors normes qui sort des sentiers battus.

Note : 7/10

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Au pays du sang et du miel. Lancé fin de l’année dernière aux Etats-Unis, cette romance sur une toile de fond tragique est déjà un échec commercial de grande envergure. Pourtant, cette première réalisation d’Angelina Jolie n’est aps déplaisante, bien au contraire. Un scénario épuré et qui évite les clichés, des plans intéressants et une fidelité historique assez respectée, nous font dire que ce long métrage est un excellent premier jet. Alors que la guerre fait rage en Bosnie, Danijel et Ajla se retrouvent dans des camps opposés malgré ce qu’ils ont vécu. Danijel est un soldat serbe et Ajla une prisonnière bosniaque retenue dans le camp qu’il surveille. Pourtant, avant le conflit, l’un et l’autre partageaient d’autres sentiments. C’était une autre vie, avant la barbarie, avant que cet affrontement ethnique violent ne prenne leur futur en otage. Une production intelligente qui nous postpose à l’écran un conflit trop vite oublié.

Note : 7/10

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Sécurité Rapprochée. Ce thriller pour adulte est un jeu d’échec avec pour pions principaux Denzel Washington et Ryan Reynolds. Le premier reste sur un succès de rang avec Unstoppable, le film avait su ameuter les foules alors qu’il faut avouer que son scénario n’était pas des plus attirants. Le second a également gagné en popularité outre-atlantique avec le burlesque Echange standard de David Dobkin. C’est donc avec grand intérêt que le public pourra se rendre en masse voir cette nouvelle réalisation de Daniel Espinosa (Easy Money) qui est très bien ficelée et admirablement rythmée. Tobin Frost est le traître le plus haï et le plus redouté de la CIA. Après avoir échappé au contre-espionnage pendant près de dix ans, il refait surface en Afrique du Sud. Lorsque sa cachette d’un faubourg du Cap est attaquée par un mystérieux commando, un jeune « bleu », Matt Weston, est obligé d’assurer seul sa fuite et de le conduire dans une nouvelle résidence sécurisée. Ce film à l’action omniprésente saura ravir les amateurs d’explosions et de prouesses martiales. Cependant, rien de neuf ne transpire de l’histoire qui est un patchwork de plusieurs films du même acabit.

Note : 6,5/10

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La mer à boire. C’est à une histoire très actuelle et en phase avec la réalité économique du moment que Jacques Maillot (Les liens du sang) nous impose de faire face, les restructurations. L’histoire touchante d’un patron obligé de licencier pour sauver une société qu’il a vu grandir. La réalisation est bonne, tout comme la prestation de Daniel Auteuil. Ce drame est à voir avec un regard critique car il possède tout de même certains défauts comme le fait de tourner autour de son sujet ou d’éluder certaines responsabilités. Georges, un patron de chantier naval, est lâché par sa banque. Il devra se battre jusqu’au bout pour tenter de sauver l’entreprise qu’il a passé sa vie à construire. Un film prenant mais inutilement gauchiste.

Note : 6/10

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Albert Nobbs. Cela fait maintenant plusieurs années que Glenn Close n’avait plus fait d’apparition à l’écran. Elle signe ici un retour surprenant et impeccable dans la peau d’Albert Nobbs. Vous avez bien lu, elle a choisi d’incarner une femme qui se fait passer pour un homme. Dans une Irlande frappée par la misère et les difficultés économiques, une femme décide de se faire passer pour un homme afin de se faire engager en tant que majordome. C’est Glenn Close elle-même qui voulait absolument incarner ce personnage contrasté. Dans les années 80, elle avait déjà interprété ce rôle au théâtre et rêvait de le voir évoluer sur grand écran. Malgré une histoire excellente, le film est un peu plat. En effet, le transformisme n’est plus une révolution technique dans le cinéma actuel, de nombreux maquillages de la sorte ayant déjà été effectués auparavant. Pas de surprise à ce niveau là et pas de surprise quant aux rebondissements. Et pour cause, rien ne décolle vraiment et, hormis des dialogues riches, l’histoire lasse quelque peu. Seules les prestations de Glenn Close et Mia Wasikowska sont à saluer.

Note : 6/10

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Matthieu Matthys