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Cinéma Sorties cinéma du 7 mars 2012 (Belgique et France)

Publié par Matthieu Matthys, le 7 mars 2012

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BELGIQUE

Une nuit. Inspiré de faits réels, ce nouveau film de Philippe Lefebvre marquera l’année. Avec le très puissant Roschdy Zem alliant le mystère et le doute, c’est un chef d’oeuvre du genre policier. Fini les histoires tirées par les cheveux où les flics sont devenus des ninjas ou des superhéros. Place à la réalité du terrain et à la dure loi de la rue dans laquelle évoluent les forces de l’ordre. Polisse avait ouvert la voie, Une nuit la complète. Paris. Simon Weiss, commandant à la Brigade Mondaine, entreprend, comme chaque soir, sa tournée des établissements de nuit. Son métier. Une nuit, mais pas comme les autres. Très vite Weiss comprend qu’on veut le piéger. Un peu noir, moyennement explosif et lourdement intriguant, ce polar français nous invite dans le milieu de la nuit et de ses dérives. Un coup de coeur.

Note : 8/10

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My Week with Marilyn. Après Meryl Streep en dame de fer, Michelle Williams redonne la vie à une légende d’Hollywood et un symbole de la beauté : Marilyn Monroe. Sous la houlette du réalisateur Simon Curtis, qui n’a pas encore vraiment fait ses preuves, on s’attendait à une surprise, positive ou négative. De surcroit, c’est la première impression qui nous a envahi. Pas de strasse inutile, pas de «starification» agaçante, non… Juste un aperçu de la vie de la starlette décédée prématurément. Durant l’été 1956 Colin Clark, qui vient de terminer ses études, travaille en tant qu’assistant de production sur le tournage de The Prince and the Showgirl, avec dans les rôles principaux Sir Lawrence Olivier et Marilyn Monroe. Quand le mari de Marilyn, le scénariste Arthur Miller, doit s’absenter pour affaires Colin est désigné comme accompagnateur de Marilyn. Le choix de Michelle Williams fût excellent. Au départ absente de son personnage, elle rentre par la suite dans le rythme imposé par la réalisation. S’ouvre alors pour l’actrice l’opportunité d’entrer plus en profondeur dans son personnage à la fois public et mystérieux.

Note : 7,5/10

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Monsieur Lazhar. Un film québecquois passe rarement l’océan pour venir abreuver les salles obscures du vieux continent, celles-ci étant déjà bien remplies de production en tout genre. Mais le réalisateur Philippe Falardeau a trouvé le moyen de nous intéresser à ses productions : engager des acteurs européens ou nord-africains dans ses films. Congorama, l’un de ses précédents films, avait par exemple fait du pied au cinéma belge et français avec un casting qui nous présentait Olivier Gourmet et Jean-Pierre Cassel (peu avant son décès). Ici, c’est Fellag qui fût choisi pour représenter l’Algérie, toile de fond de cette histoire dramatique. Bachir Lazhar, un immigrant algérien, est embauché pour remplacer une enseignante du primaire morte tragiquement. Alors que la classe amorce un long processus de guérison, personne à l’école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir, qui risque l’expulsion du pays à tout moment. Le cinéma québecquois, c’est du cinéma belge exotique. Un film à petit budget sur fond de malaise social devant irrémédiablement se poser en éloge moralisatrice. Ce long-métrage ne révolutionnera pas le genre mais a le mérite de nous montrer une autre facette de l’immigration, le tout dans une ambiance enfantine symbolisant l’innocence.

Note : 7/10

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John Carter. Après avoir réalisé Le monde de Némo et Wall-E, Andrew Stanton s’attaque à un roman américain de 1917. Tout à fait dans un autre genre que ses précédentes réalisations, ce nouveau film au budget pharaonique est une petite énigme pour les européens. En effet, mis à part sur Disney Channel, peu de marketing a été fait autour de celui-ci. Une interrogation d’autant plus forte que Disney entend bien faire de cette adaptation un must de la fantasy au cinéma. La réponse à ce mutisme des médias est à rechercher chez Disney eux-mêmes. Et pour cause, ils ont décidé de boycotter les critiques afin d’éviter les mauvaises rumeurs. Un mécanisme de plus en plus utilisé outre-atlantique et plus récemment chez nous. Le cinéaste oscarisé Andrew Stanton signe avec JOHN CARTER un grand film d’aventures qui se déroule sur la planète Barsoom (Mars), peuplée de tribus guerrières et d’extraordinaires créatures. Tiré du premier livre du « Cycle de Mars » d’Edgar Rice Burroughs, le film raconte le fascinant voyage de John Carter, qui se retrouve inexplicablement transporté sur Barsoom, au cœur d’une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Avec le canadien Taylor Kitsch (Le Pacte du sang) dans le rôle principal, on se doute que le jeu d’acteur n’est pas au centre des préoccupations de la production. Tout a été mis dans les effets spéciaux, magnifiques il est vrai. Un film d’aventure fantasy très divertissant mais dont le héros ne restera pas dans les esprits.

Note : 7/10

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Comme un chef. Après le très contesté Les deux mondes, on n’imaginait pas vraiment Daniel Cohen se remettre derrière la caméra. Pourtant, l’acteur de formation a réitéré l’expérience avec ce nouveau film. Comme un chef, c’est une entreprise moins risquée pour Daniel Cohen. En effet, les émissions culinaires se bousculent sur les chaines de télévision à un rythme ininterrompu. L’homme a donc senti le filon et nous a concocté un melting pot de ce qui se fait de plus drôle dans ces divertissements. Jacky Bonnot, 32 ans, amateur de grande cuisine, au talent certain, rêve de succès et de grand restaurant. La situation financière de son couple le contraint cependant à accepter des petits boulots de cuistot qu’il n’arrive pas à conserver. Jusqu’au jour où il croise le chemin d’Alexandre Vauclair, grand chef étoilé dont la situation confortable est mise en danger par le groupe financier propriétaire de ses restaurants. Dans le jargon, on appellerait ça du réchauffé, du plat pour micro-ondes. Mais bon, le retour de Michael Youn n’est pas déplaisant à l’inverse de Jean Reno qui semble un peu marquer le pas. Bref, ce film est un plat basique : poulet, compote, purée à déguster en famille.

Note : 6/10

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Possessions. Ce nouveau film d’Eric Guirado possède une force incroyable : son scénario. Jouer sur l’envie et la misère des uns face à l’opulence et l’indécence des autres est un phénomène très actuel. Rien qu’à regarder les discours pour l’élection présidentielle, on se doute bien que le fossé pauvre/riche est au centre des discussions suscitant la colère de certains. Ce film tombe donc à point nommé. Originaires du nord de la France, désireux d’améliorer leur train de vie, Marilyne et Bruno Caron arrivent dans un village de montagne avec leur petite fille. Le chalet qu’ils ont loué à Patrick Castang, promoteur et propriétaire de nombreuses habitations dans la région, est encore en travaux. Castang les loge provisoirement dans un autre chalet de grand standing, et engage Marilyne comme femme de ménage. Mettant en scène l’acteur belge du moment, Jérémie Renier, ce film a tout pour plaire… sauf sa redondance. De fait, tout y est attendu dès le début et seules quelques surprises viennent se greffer à une histoire fort linéaire et au final, trop exagérée.

Note : 6/10

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Recherche bad boys désespérément. Tout est dans le titre, ce film est désespérant. Avec une Katherine Heigl (Happy new year) de plus en plus belle mais de plus en plus potache, et un Jason O’Mara juste bon à palier les absences scénaristiques de la série télévisée de Spielberg Terra Nova, on peut dire que cette production ne respire pas l’idée qu’on se fait d’une bonne comédie : de bons acteurs, une bonne histoire et de bons gags. Julie Anne Robinson nous sert un duo copieusement identique à celui formé par Jennifer Aniston et Gerard Butler dans Le chasseur de primes mais beaucoup moins homogène. Stéphanie Plum ne manque ni de fierté ni d’aplomb, même si elle vient de se faire virer et qu’un créancier vient lui prendre sa voiture. Fauchée, elle parvient à convaincre son cousin, un type plutôt louche, de l’engager dans son agence de cautionnement… comme chasseuse de primes ! Stéphanie n’y connaît rien, ce qui ne l’empêche pas de se lancer aux trousses de Joe Morelli, un ancien flic suspecté de meurtre qui avait eu en plus le mauvais goût de la séduire avant de la plaquer lorsqu’elle était au lycée… Entre l’envie d’empocher la prime et un léger parfum de revanche, Stéphanie est remontée à bloc. Fuyez ce film car il n’en vaut pas la peine.

Note : 3/10

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FRANCE

Hasta la vista. Après Intouchables, on pourrait croire que tout a été fait dans l’humour sur le handicap. Hasta la vista nous impose à penser le contraire.  En effet, ce film belge est un bijou du septième art. Présenté dans d’innombrables festivals, le film a accumulé les éloges et les prix. Ce road trip où trois handicapés vont faire la rencontre d’une multitude de personnages est époustouflant. Par ce chemin ludique, les trois compagnons vont être confronté aux autres mais aussi à eux-mêmes. Trois jeunes d’une vingtaine d’années aiment le vin et les femmes, mais ils sont encore vierges. Sous prétexte d’une route des vins, ils embarquent pour un voyage en Espagne dans l’espoir d’avoir leur première expérience sexuelle. Rien ne les arrêtera… Pas même leurs handicaps : l’un est aveugle, l’autre est confiné sur une chaise roulante et le troisième est complètement paralysé. Si vous souhaitez allier l’humour à la sensibilité et à la compassion, ce film est fait pour vous.

Note : 9/10

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Elena. Froid comme la Russie et gelé comme le permafrost, ce film est un glaçon à croquer. Car, même si l’ambiance est morne et lourde à avaler, la réalisation est excellente. Les acteurs russes, que nous ne connaissons pas chez nous, sont d’une justesse incroyable. Un pari du réalisateur Andrei Zviaguintsev de faire d’une histoire fort triste un drame intelligent. On ne tombe pas dans les larmes mais dans la tendresse ou la colère. Elena et Vladimir forment un couple d’un certain âge. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Vladimir est un homme riche et froid, Elena une femme modeste et docile. Ils se sont rencontrés tard dans la vie et chacun a un enfant d’un précédent mariage. Une histoire de l’Est mais mondialement transposable vous entraine dans un drame pour cinéphiles.

Note : 7/10

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John Carter. Après avoir réalisé Le monde de Némo et Wall-E, Andrew Stanton s’attaque à un roman américain de 1917. Tout à fait dans un autre genre que ses précédentes réalisations, ce nouveau film au budget pharaonique est une petite énigme pour les européens. En effet, mis à part sur Disney Channel, peu de marketing a été fait autour de celui-ci. Une interrogation d’autant plus forte que Disney entend bien faire de cette adaptation un must de la fantasy au cinéma. La réponse à ce mutisme des médias est à rechercher chez Disney eux-mêmes. Et pour cause, ils ont décidé de boycotter les critiques afin d’éviter les mauvaises rumeurs. Un mécanisme de plus en plus utilisé outre-atlantique et plus récemment chez nous. Le cinéaste oscarisé Andrew Stanton signe avec JOHN CARTER un grand film d’aventures qui se déroule sur la planète Barsoom (Mars), peuplée de tribus guerrières et d’extraordinaires créatures. Tiré du premier livre du « Cycle de Mars » d’Edgar Rice Burroughs, le film raconte le fascinant voyage de John Carter, qui se retrouve inexplicablement transporté sur Barsoom, au cœur d’une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Avec le canadien Taylor Kitsch (Le Pacte du sang) dans le rôle principal, on se doute que le jeu d’acteur n’est pas au centre des préoccupations de la production. Tout a été mis dans les effets spéciaux, magnifiques il est vrai. Un film d’aventure fantasy très divertissant mais dont le héros ne restera pas dans les esprits.

Note : 7/10

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À l’aveugle. L’histoire de la nouvelle production d’Europacorp a, au départ, de quoi faire sourire par son absurdité. Un flic solitaire dont la femme est décédée, s’intéresse à un aveugle afin d’en savoir plus sur un crime. On sentait le scénario à court d’idées et donc loufoque. Pourtant, ce thriller nous a démenti. Même s’il n’est parfait, il tient en haleine par son ambiance noire et la dualité entre nos deux protagonistes. Le cadavre mutilé d’une jeune femme est retrouvé à son domicile. Pas d’effraction, pas de témoin : le crime est parfait. L’enquête est confiée au commandant Lassalle, un flic expérimenté et solitaire, détruit par la mort de sa femme. Alors que d’autres meurtres tout aussi sanglants sont perpétrés, Lassalle est intrigué par la personnalité d’un aveugle, Narvik. Mais l’alibi du suspect est plausible et son infirmité le met hors de cause. Cet ensemble, où la psychologie est au centre des débats, est intéressant et reste plausible. Malgré cela, la toile de fond se tisse trop tôt.

Note : 6,5/10

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Comme un chef. Après le très contesté Les deux mondes, on imaginait pas vraiment Daniel Cohen se remettre derrière la caméra. Pourtant, l’acteur de formation a réitéré l’expérience avec ce nouveau film. Comme un chef, c’est une entreprise moins risquée pour Daniel Cohen. En effet, les émissions culinaires se bousculent sur les chaines de télévision à un rythme ininterrompu. L’homme a donc senti le filon et nous a concocté un melting pot de ce qui se fait de plus drôle dans ces divertissements. Jacky Bonnot, 32 ans, amateur de grande cuisine, au talent certain, rêve de succès et de grand restaurant. La situation financière de son couple le contraint cependant à accepter des petits boulots de cuistot qu’il n’arrive pas à conserver. Jusqu’au jour où il croise le chemin d’Alexandre Vauclair, grand chef étoilé dont la situation confortable est mise en danger par le groupe financier propriétaire de ses restaurants. Dans le jargon, on appellerait ça du réchauffé, du plat pour micro-ondes. Mais bon, le retour de Michael Youn n’est pas déplaisant à l’inverse de Jean Reno qui semble un peu marquer le pas. Bref, ce film est un plat basique : poulet, compote, purée à déguster en famille.

Note : 6/10

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Possessions. Ce nouveau film d’Eric Guirado possède une force incroyable : son scénario. Jouer sur l’envie et la misère des uns face à l’opulence et l’indécence des autres est un phénomène très actuel. Rien qu’à regarder les discours pour l’élection présidentielle, on se doute bien que le fossé pauvre/riche est au centre des discussions suscitant la colère de certains. Ce film tombe donc à point nommé. Originaires du nord de la France, désireux d’améliorer leur train de vie, Marilyne et Bruno Caron arrivent dans un village de montagne avec leur petite fille. Le chalet qu’ils ont loué à Patrick Castang, promoteur et propriétaire de nombreuses habitations dans la région, est encore en travaux. Castang les loge provisoirement dans un autre chalet de grand standing, et engage Marilyne comme femme de ménage. Mettant en scène l’acteur belge du moment, Jérémie Renier, ce film a tout pour plaire… sauf sa redondance. De fait, tout y est attendu dès le début et seules quelques surprises viennent se greffer à une histoire fort linéaire et au final, trop exagérée.

Note : 6/10

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Nos plus belles vacances. Tout est dans le titre, il s’agit bien de vacances idylliques qui sont au coeur de ce long métrage de Philippe Lellouche. Le réalisateur est encore un novice et semble, avec ce film, chercher encore ses marques. Cette production française est en réalité un patchwork un peu fébrile d’autres récits du même style. Entre Camping et Nos jours heureux, l’histoire n’arrive pas à nous accrocher par un scénario maladroit et des drôleries d’un autre temps. Juillet 1976, année de la canicule. Claude, juif d’Algérie arrivé en France quinze ans plus tôt, emmène sa jeune femme Isabelle, ses deux garçons et sa belle mère en Bretagne. C’est Isabelle, ayant pris Claude en flagrant délit d’adultère, qui a choisi pour les vacances le petit village où elle est née. Dès le lendemain de leur arrivée, Bernard et Bernadette, Jacky et Marie-France, deux couples d’amis, les y rejoignent. La présence de Julie Gayet et de Gérard Darmon n’apporte rien à ce film qui s’oubliera bien vite et ne marquera pas l’année, loin de là.

Note : 5/10

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Matthieu Matthys