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Cinéma Spécial BSFF 2012 : Compétition International 3

Publié par Elodie Kempenaer, le 4 mai 2012

extrait de "Teve Musu"

Au programme, la compétition international 3 pour commencer.

Séance très égale.

J’ai toujours une préférence ou l’autre mais dans l’ensemble, la sélection proposée est restée constante dans son excellence.
Présents pour nous présenter leurs films, Stéphanie Vasseur. Elle a déjà 5 courts-métrages à son actif. Pour ce sixième, elle a adapté une nouvelle du recueil « Passé l’hiver » d’Olivier Adam. Ce dernier ayant aimé son dernier métrage lui a donné totale liberté d’adaptation. Nishant Sharma, professeur à l’université, en physique qui nous présente ici son premier court « La Maison aux portes ».
Avec impatience j’attends donc ces deux films, l’une en ayant parlé avec passion l’autre m’ayant intrigué par la démarche (j’avoue n’avoir pas tout compris mais bon).

C’est plaisant de rester face à un écran et de ne pas s’ennuyer.

Feu.

C’est l’histoire d’Antoine qui décide d’arrêter de travailler et qui se met à errer alors que sa famille autour, sa femme, ses deux filles, continue de vivre et de bouger. Alors Antoine commence à se sentir un peu en marge, à ressentir l’ennui. Cet ennui qui prend les gens qui ne sont plus obligés de se lever pour aller travailler. Belle retranscription de cet état d’errance mélancolique qui peu à peu entame le moral de l’errant et de celle qui l’accompagne dans la vie.

At the Formal d’Andrew Kavanagh

Un bal de promo, des jeunes filles et des jeunes gens bien habillés qui courent et qui rient. Un pauvre jeune homme qui se fait voler sa chaussure.
Une musique boum boum, de grosses basses pour mettre sous tension l’instant.
Des scènes plicploc. Un vicieux pervers qui se rince l’œil, ce vicieux pervers qui met la main aux fesses d’une jeune fille…
Le même pauvre jeune homme à la chaussure manquante qui se fait porter par la foule estudiantine vers le pas de la porte.
Joie ? Simple amusement ? Jeu d’étudiants complices ?
A voir le visage crispé et la détresse dans le regard du jeune homme, ce doit être autre chose.

Effectivement.

Ce bal de promo se transforme vite en bal du sacrifice.

Même pas 8 minutes pour montrer en quoi le petit monde des bals de promo peut être cruel et superficiel.

Vif, tranchant, efficace.

Swing of Change en collectif (Harmony Bouchard, Raphaël Cenzi, Andy Le Cocq, Joakim Riedinger)

Un barbier affichant clairement son racisme (l’inscription ‘White Only’ sur la devanture de son salon) surprend un trompettiste noir qui joue devant chez lui. Il le chasse mais n’a pas le temps de plus que le musicien est déjà parti laissant au barbier sa trompette.

C’est une ode à la tolérance. Simple et efficace encore une fois.
Ici, c’est la musique qui adoucit les mœurs et qui fait changer les cœurs. De la musique jazzy.

La maison aux portes de Nishant Sharma.

Un homme assis sur une chaise.
Un jeune homme sort, tire une chaise cassée et va la jeter sur un autre tas de chaises.
L’homme se lève, récupère sa chaise et se rassoit.
Un jeune femme sort, s’empare d’un parapluie et va le jeter sur le tas de chaises.
L’homme se lève, récupère le tout et se rassoit.
Le jeune homme et la jeune fille s’emparent des deux chaises et du parapluie et s’en vont jeter le tout.
L’homme récupère le tout et s’attache les chevilles aux chaises.
Le jeune homme et la jeune fille n’hésitent pas à le trainer pour aller le jeter lui et les chaises sur le tas.
Voici le film. Et je vous avouerai que c’est en relisant ce que le programme en dit que la pièce vient de tomber dans mon cerveau. Ainsi ce court serait une métaphore des relations humaines, des relations entre la vieillesse et la jeunesse. Effectivement, dit comme ça, c’est plus clair mais bon…moi, j’ai aimé la répétition scénaristique et j’ai trouvé cela comique. Je ne devais pas avoir l’âme philosophe pour le coup.

Teve Musu (Notre père) de Marius Isakevicius.

Waouh, ca dépote du bambou, ca roxx sec, ca explose le ciboulot.
Je suis ultra conquise, ultra convaincue, ultra tout.
J’ai adoré ce court.
28 minutes efficaces (je vous l’avais dit, cette séance est constante dans son brio) qui dressent une ambiance tendue, qui posent les personnages finement travaillés et pensés, qui tiennnent en haleine, qui choquent.
Une famille dans un appartement. Ils regardent, la télé, ils cuisinent. Une vie normale sauf que cet appartement n’est pas un appartement mais un sous-sol, qu’il n’y a pas de fenêtre, qu’ils ne peuvent sortir et qu’ils ne jurent que par le Père. Atmosphère morne, grisâtre, de peur aussi, un peu.
On sent la pression du Père peser sur toute la famille bien triste de teint.
Ce qui rend ce court extrêmement haletant c’est la gradation et dans la tension et dans la réponse qui se dessine petit à petit.
On comprend que ce Père a une seconde famille. Une famille officielle ? Plus jolie ? Moins honteuse ?
Ce court est libre d’interprétation. Il y a assez de choses pour ne pas se fixer sur une seule réponse.
Je n’ai livré que la mienne, j’ai ai une autre sur le feu.
Ce qui est sûr c’est que ce Marius m’a donné envie d’aller voir de plus près sa filmographie. En souhaitant qu’il ait gardé cette même atmosphère.

Elodie Kempenaer