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Cinéma Spécial BSFF 2012 : Un jeudi très latino

Publié par Elodie Kempenaer, le 4 mai 2012

Vecino d'Argenis Mills

Direction l’Amérique Latin avec la séance Biarritz.
Biarritz est une sélection des meilleurs courts diffusés lors de la 20ème édition du Festival Biarritz Amérique Latine en 2011.

Ce festival est une des grandes références en termes de culture latine. Il propose des compétitions de documentaires, de courts et de longs métrages. Il laisse aussi la place belle aux concerts, aux conférences, aux rencontres littéraires et aux expositions. Bref, tout ce qui peut promouvoir la culture latine.

Comme on en apprend tous les jours, j’appends qu’Ixelles est jumelé avec Biarritz depuis 1959. Le jumelage part d’une envie de créer des liens entre villes d’Europe. 3 compères vont faire part de leur projet de jumelage au député-bourgmestre d’Ixelles de l’époque et au sénateur-maire de Biarritz.
C’est ainsi que le lien se crée.
Et c’est grâce à ce lien qu’hier soir j’ai pu savourer un peu de chaleur latine.
Enfin chaleur…entre la chaleur humaine, le chaud de la colère qui monte à la tête et le chaud de la peur.

Je vais finir par croire que j’ai un kink (tant est qu’on puisse parler de ça pour le cinéma) pour le cinéma hispanique et latino.

Et oui, de nouveau de bien beaux bijoux à regarder avec comme fil conducteur une figure masculine.
Et elles dépotent les figures masculines.

Dans la catégorie plus ‘légère’, il y a Como une grito d’Ivàn Porras Meléndez.
C’est l’histoire d’un homme qui n’en peut plus d’entendre les cris de cet étrange groupe qui se réunit dans le parc en face de chez lui.
Un homme qui va perdre la boule et qui va tenter de chasser (batte en main) ce groupe de thérapie par le cri.
Un homme qui va se trouver acculé et qui devra lâcher prise.

Puis il y a Vecino d’Argenis Mills dans la catégorie psychose.
Gradation dans l’angoisse doublée par une bande-son percutante.
Un jeune immigrant à peine arrivé d’Amérique Latine s’installe dans un appartement en Europe. Son voisin d’au-dessus proteste à cause du bruit qu’il fait.
A la fin, cette petite phrase qui dédie ce film aux *** (introduisez le nombre de votre choix) immigrants partout dans le monde.
Parabole puissante pour pointer du doigt le silence dans lequel sont tenus d’être ces immigrants malgré eux.

Magnolia de Diana Montenegro Garcia remporte la palme de l’espoir.
Rafael est un vieil homme seul qui passe son temps à écrire sur des bouts de papier des noms de femmes dans le but d’attirer l’attention d’une Sdf passant souvent devant sa fenêtre.
Elle passe, lit…
Un jour elle passe et rit de ce nom « Magnolia ».
La Sdf et le vieil homme se rencontre. Simple histoire de deux solitudes qui se rejoignent.

Et le reste est tout aussi bon et beau.

Mar Blindado de Gerard Uzcategui qui nous conte les contradictions d’un gardien de banque enfermé dans son poste de contrôle, comme dans une prison et qui s’échappe par les eaux.
Là, seul dans son poste, il voit le hold-up, il voit les gens mourir, il se fait tirer dessus. Mais peu importe, en fait, il est sur une plage, il fait beau et il sourit.
Cafe Con Leche De Mauricio Leiva Cock.
Un homme et sa vache, précieuse pour lui et pour sa famille car elle fournit le lait.
Mais un jour, la vache ne donne plus de lait. Pedro doit alors choisir entre son amitié pour sa tendre vache et sa famille et son petit nourrisson affamé.
Même si l’histoire ne vous transcende pas, pour les paysages et la musique ca vaut le coup. C’est 11 minutes d’Amérique Latine en plein.

Et enfin celui qui m’a émue.
Un prisonnier demande à sa mère de lui faire passer un téléphone portable en prison. Elle le fait en l’introduisant dans une partie anatomique qui n’est pas vraiment faite pour ça.
La façon dont la chose est amenée, on se prépare à voir de l’action à la Prison Break. On se doute que le téléphone va servir à appeler un complice au dehors qui s’empressera de mettre en route la machine.
Mais non. Bien sûr que non, c’aurait été trop évident.
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de sa fille. Le prisonnier veut simplement le lui souhaiter, entendre sa voix.
La petite ne se doute de rien, elle croit que son père travaille à la fabrique, ainsi que sa mère.
Juste pour un appel, un tout petit appel qui fait beaucoup pour lui.

« Papa, plus tard, je ne voudrais jamais travailler dans une fabrique ».

En conclusion, je vote pour qu’un jour ou l’autre soit couvert le BFAL.
Je veux bien me dévouer s’il faut pour aller jusqu’à Biarritz.

La 21ème édition se déroulera du 24 au 30 septembre.
Qu’on se le dise.

Elodie Kempenaer