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Cinéma Spécial BSFF 2012 : un samedi éclectique et francophone

Publié par Elodie Kempenaer, le 6 mai 2012

"Dans l'ombre" d'Olivier Masset-Depasse

Hier, je n’ai su profiter des séances.
Aujourd’hui, je me remets d’une longue soirée, nuit blanche arrosée.
Je n’ai toujours pas récupéré mais j’ai eu la force d’au moins aller à la séance Grand Réalisateurs.
Bien m’en a pris.

Bon, avouons, j’ai la fatigue jusqu’au bout des ongles. Et j’ai bien du mal à rassembler mes idées.
Bon.
Premier métrage, Confessions dans un bain de Marc Gibaja.
Génie.
Ce court est tout simplement génial.
Un homme propose à ses amis de venir se confier face caméra dans sa baignoire.
Le concept est énorme.
La mise en scène dépote.
Je jalouse ce court.
L’idée de base est risquée.

Ce jeune homme qui veut simplement garder des traces de son amitié se voit tomber dans une spirale vicieuse. Il devient une sorte de personnage omniscient connaissant les secrets de chacun. Et ce rôle, qui le sert un temps, finit par troubler l’harmonie apparente de ce groupe d’amis.
Acerbe, drôle, triste, décalé.
J’ai aimé.

Second métrage, Dans l’ombre d’Olivier Masset-Depasse.

Léone est une femme qui vit seule, dans l’ombre. Elle désire ardemment son voisin Andréas. Tellement seule, elle provoque un accident avec son voisin. Coupable, Andréas prend de son temps pour le passer avec elle.
Court ultra sensible, sensuel.

Anne Coesens, qui retravaillera avec Olivier dans le film Illégal, crève l’écran et est bouleversante. Son rôle est puissant, grave et si fragile. Un très beau portrait de femme qui se termine sur un visage apaisé après une délicate scène d’amour (du genre que je peux regarder dans une salle public sans trop avoir le rouge aux joues).
Notons qu’Olivier rentre dans la cours des réalisateurs de longs métrages avec le poignant et bouleversant Cages avec encore une fois Anne Coesens à l’affiche, accompagnée de l’excellent Sagamore Stévenin.
A n’en pas douter, on reconnaît la patte trouble, sombre, prenante d’Olivier Masset-Depasse.

Troisième métrage, Ripaille sous le paillasson de Matthieu Donck.

Après les deux courts assez graves du début, la séance va se finir sur de l’humour bien lourd.
J’ai ri, beaucoup ri.
Un couple homo se demande comme faire pour obtenir de l’argent pour financer leur superbe future villa. Pour se faire, il faut convaincre le père d’un des deux de donner un peu. Mais hors de question d’aller faire sa demande accompagné d’un homme. Alors on réquisitionne la sœur pour jouer les compagnes modèles.
Sauf qu’elle n’est pas modèle qu’elle est un peu gauche, balourde.
Sauf qu’elle va un peu trop prendre son rôle à cœur.
Sauf que le père et la mère sont un peu atteints du ciboulot.
Sauf que le pot-aux-roses sera découvert.
C’est lourdaud, c’est graveleux, c’est méchant gratuitement, c’est rocambolesque, c’est un peu dérangeant, c’est carrément fendard.
Et le tout servi par des acteurs qui feraient tache mais qui sont juste à leurs places dans ce court bien potache.
J’ai ri et c’est l’important.

Et enfin, le dernier, Pourquoi…passkeu de Gilles Lelouche et Tristan Arouet.
En parallèle, la vie d’un homme et d’une femme qui se demandent Pourquoi ? pour toutes les petites choses de leurs vies qui foirent. Ils se rencontrent en soirée, ca roule mais en fait…non.
Voilà tout. C’est très drôle, simple.
On y retrouve donc Gilles Lelouche (même en chemise moche il reste top biche) et Léa Drucker. Un beau duo bien comique pour des situations qu’on a tous une fois connues, au moins.

On sent bien le génie futur de ces réalisateurs.
Agréable séance sans déception et pleine de surprises.

J’en serai presque jalouse de n’avoir pas l’idée originale pour pondre un métrage. Car, comme l’a si bien dit le présentateur du début, le court est souvent la voie la plus courte pour arriver au long métrage.

J’ai pêché par fatigue, je n’ai pas su me trainer à la seconde séance et je finis assez tard cet article mais demain, pimpante et reposée, je redonnerai un coup de boost pour le dernier jour de projection avant les palmarès finaux de ce 15ème BSFF anniversaire.

Sur ce…sommeil.