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Théâtre Striptease, au-delà de l’imagination

Publié par Rédacteur, le 31 décembre 2011

Un sentiment, une sensation, un frisson, la grâce d’un corps, la sensualité. C’est tout cela et bien
plus que représente Striptease, pièce mettant en scène Céline Milliat-Baumgartner, actrice française
qu’on a pu notamment voir dans Pablo, mon père et moi (2005), Tango volé (2002) ou Mademoiselle
Butterfly (2001). Ici, elle nous joue sans aucune pudeur le rôle d’une effeuilleuse de métier, nous
surprend force l’admiration.

Céline Milliat-Baumgartner se met à nu dans cette pièce écrite et mise en scène par Cédric Orain et
cela au propre comme au figuré. Durant les 50 minutes de la pièce elle alterne le burlesque poussé
parfois jusqu’au grotesque, le cabaret ou joue la strip-teaseuse ; et tout cela en gardant une certaine
interaction avec le public qu’elle aguiche et fait rire par quelques traits bien placés.

Striptease c’est tout d’abord un concept et un thème, celui de la sensualité pudique avant celui de
la pornographie gratuite. L’actrice s’exprime dans un langage cru, sans ambages mais toujours sans
vulgarité gratuite. Elle se dévêt tout au long du spectacle tout en nous mettant devant la nudité de
ses mots, un striptease vocal en quelque sorte aussi.

Tout en jouant avec des jeux d’ombres et de lumières elle nous met face à face avec la puissance
de l’imagination, avant de se montrer nue comme la main, mettant en contraste cette nudité
exhibée avec la sensualité de l’évocation qui était de mise avant cela. La performance de l’artiste
est remarquable, son culot admirable, emportée par le lyrisme de son corps, elle nous déclame des
textes aussi explicites que réalistes, nous met dans des situations rocambolesques, oppose son corps
comme seul rempart face au voyeurisme, ce qui peut sembler contradictoire n’est plus que raison et
cette raison n’est certainement pas celle d’une nudité provocatrice.

En jouant aussi bien avec la musique qu’avec les lumières, Céline Milliat-Baumgartner nous épate
sans pour autant nous transcender, à voir certes mais pas à revoir, c’est ce que l’on peut appeler
un one shot pour le spectateur. Il n’empêche que les hommes ressortent de là étonnés voir un peu
intimidés tandis que les femmes, plus nombreuses que leurs homologues masculins dans la salle,
sont celles qui applaudissent le plus la performance de cette jeune actrice, qui le mérite et ce à plus
d’un titre.

Olivier EGGERMONT