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Cinéma Syngué Sabour – Pierre de patience de Atiq Rahimi sortie en salle le 20 février 2013

Publié par Lionel, le 17 février 2013

Un film de Atiq Rahimi avec Golshifteh Farahani (France)

Genre : Drame, Guerre – Duree : 1H42 mn
Distributeur : Le pacte
Sortie en salles le 20 Février 2013
Année de production : 2012
Synopsis: 
Quelque part en Afghanistan, durant une guerre qui ne dit pas son nom, une belle femme – d’une trentaine d’années – veille son mari paralysé par une balle dans la nuque. Abandonnée par ses proches, elle est tenue à prier pour ramener son époux à la vie, et à s’occuper de ses deux jeunes filles. Mais un massacre sanglant chez les voisins, la contraint à abandonner son mari, et à se réfugier, avec ses enfants, dans une maison close, tenue par sa tante qui lui apprendra comment vivre sa vie sous la barbarie des hommes. Un étrange sentiment la fait retourner auprès de son mari. Ses prières se transforment désormais en confessions très intimes. Elle lui parle de son enfance, de ses désirs, de ses craintes… Jusqu’au dévoilement de son secret inavouable. En même temps, le rapport qu’elle entreprend avec un jeune soldat qui, après une tentative de viol, tombe amoureux d’elle, lui permet d’atteindre les vertiges du désir. Son mari paralytique devient, malgré lui, sa « Syngué Sabour », cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui confier tous ses secrets, et déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances… Et la pierre absorbe tous les mots jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate. Et ce jour-là on est délivré.
Critique :
Issu du roman écris par le réalisateur du film et prix Goncourt 2008, Syngué Sabour nous emmène en pleine zone de conflit afghane dans une ville en état de siège perpétuel. Femme soumise au dogme de l’homme souverain, Golshifteh Farahani vit les dernières heures de son mari au quotidien, tentant d’abréger ses souffrances dans l’espoir qu’il revienne à la vie même si au fond d’elle-même, le devoir marital qui l’habite laissera peu à peu place à la résignation d’une cruelle réalité que vit son pays en pleine crise. Voyant celui-ci dépérir, elle se lancera dans un immense monologue qui la verra se prostituer pour payer les médicaments de son mari mourant, un mari qui malgré son coma latent écoutera pour la première fois de sa vie les craintes et peurs de son épouse laissée à elle-même au pire moment de son histoire.
Une histoire qui peut paraître assez lourde, voir répétitive, mettant surtout en évidence la condition de la femme afghane dévouée de tradition à un homme qui n’en a que cure et ne voit en son mariage qu’un dû à son honneur. Et pourtant la légèreté qui découle de ce film peut permettre de faire prendre conscience à une tranche de la population du surréalisme de la dévotion des femmes arabes étant prêtes par éducation à se sacrifier au nom du non sens collectif.
Ce film ne mérite pas forcément d’être vu au cinéma mais a sa place dans une collection de DVD tant pour sa réalisation que pour l’histoire qui nous est conté.