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Cinéma To Rome with Love, une poésie romanesque et amusante signée Woody Allen

Publié par Matthieu Matthys, le 8 juin 2012

Spécial Brussels Film Festival 2012

Film projeté le 9 juin à 20h30 (Flagey – studio 4)

To Rome with Love de Woody Allen

Genre : Comédie dramatique

Avec Woody Allen, Roberto Benigni, Penélope Cruz, Alec Baldwin, Jesse Eisenberg, Ellen Page

L’Espagnole Penélope Cruz en prostituée, l’Italien Roberto Benigni en quidam pris par erreur pour une star, mais aussi Alec Baldwin, Jesse Eisenberg et Woody Allen en personne (il n’était plus passé devant la caméra depuis Scoop en 2006), plongent dans la féérie de la capitale italienne pour raviver la flamme de la Dolce Vita.

Souvent, lorsque l’on regarde un film de Woody Allen, on se dit : «C’est du Woody Allen tout craché !». Et pour cause, le new-yorkais a su se démarquer tout au long de sa carrière par sa manière de voir les choses de la vie mais également par le côté décalé sous lequel il les présente.

To Rome with love n’échappe pas à la règle sans pour autant nous lasser d’un style que l’on ne décrit plus. Ce nouveau film s’inscrit dans la lignée géographique des dernières productions du réalisateur. Après Londres, Barcelone et Paris, c’est Rome qui fût choisi pour servir de décor à cette comédie dramatique à la fois poétique et irrésistiblement drôle. C’est au beau milieu de la circulation incessante de la capitale italienne que l’histoire nous emmène. À travers les vies de plusieurs romains de naissance ou d’adoption, on aperçoit par transparence l’idée que s’est faite Woody Allen de la ville. Entre romantisme et décadence, il nous dépeint une série de tableau représentant une Rome pleine de vie, pleine d’histoire, pleine de richesses mais aussi pleine de mystères. Cependant, inutile de s’embarquer dans une approche psychologique du scénario, il s’agit ni plus ni moins d’une réflexion naïve sur le thème de la vie conjugale dans toute sa complexité.

Filmé et monté tel un patchwork, ce film entremêle les histoires aussi loufoques les unes que les autres. Pour notre plus grand bonheur, on se prend au jeu et à suivre avec une légère crédulité les destins d’une dizaine de personnages aussi farfelus les uns que les autres. Véritables clichés ambulants de la société contemporaine, ceux-ci ont un seul point commun : une remise en question de leur situation amoureuse. On pourrait dès lors croire que cette nouvelle production serait plus axée sur le romantisme. Oui et non. Car Woody Allen y a apposé sa patte et a contrecarré de manière ingénue les clichés du faux romantisme : celui de la mièvrerie. En installant un ton décalé mais en introduisant surtout  une ironie exagérée, il a su nous prouver qu’une romance peut être intéressante, qu’un drame peut être pris avec humour.

Avec un casting digne des plus grandes productions hollywoodiennes (Roberto Benigni, Penélope Cruz, Ellen Page, Alec Baldwin, Jesse Eisenberg et Woody Allen lui-même), le réalisateur fait à nouveau mouche avec cette production qui ravira un public adulte doté d’un sérieux second degré. Un film poétique et léger qui ne prend pas la tête. Bref, de quoi démarrer en fanfare un bon festival.

Matthieu Matthys