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Cinéma Un oeil sur : Le casse de Central Park (sortie ce 23 novembre)

Publié par Matthieu Matthys, le 22 novembre 2011

La sortie hollywoodienne de la semaine est une comédie, Le Casse de Central Park, dirigée par le fantasque Brett Ratner. Ce nom vous dit sans doute quelque chose, et pour cause, il a fait la une de la rubrique « polémique » des journaux du monde entier. Pour rappel, le réalisateur américain avait proclamé que « les répétitions, c’était pour les tapettes ! », ce qui ne manqua pas d’offusquer la prude amérique, obligeant le quarantenaire à renoncer à son poste de producteur de la prochaine cérémonie des Oscars. L’homme est-il homophobe ou simplement vulgaire ? Nous dirions plutôt les deux. En effet, Brett Ratner a dû être traumatisé après la vision du Cinquième Element. La présence de Chris Tucker (qu’il a dirigé par la suite dans la saga Rush hour) en Ruby Rodd, un présentateur télévisé drag queen plus que maniéré mais totalement hétéro, a dû certainement le perturber. Ce mec est une tapette mais n’est pas homo, a-t-il peut-être pensé.

Mais rassurez-vous, Chris Tucker n’est pas au casting, il n’est d’ailleurs plus présent dans un film depuis près de cinq ans. Nous y verrons un autre ami de Brett, Eddie Murphy. Ca ne vous rassure pas et c’est normal. Les derniers films de l’acteur ont été des bides monumentaux. Appelez-moi Dave était à pleurer (8 millions $ de pertes), Norbit a fonctionné grâce au transformisme nous rappelant le Professeur Foldingue et Dans ses rêves était… ben, en fait, on ne sait pas car on ne l’a pas vu et le public non plus (23 millions $ de pertes). Sa seule dernière prestation vraiment remarquée est celle de l’âne dans Shrek. Pas très glorieux tout de même de rester dans les mémoires en incarnant un bourriquet. Mais bon, Eddie est co-producteur et a donc le privilège de pouvoir se choisir comme acteur.

Comme sparring-partner de blagues potaches, la production a été nous rechercher Ben Stiller en lui offrant un salaire de 15 millions de dollars. L’humoriste fonctionne, certes, bien mieux que son acolyte mais souffre tout autant d’une étiquette de comique troupier de fin de soirée. Le genre de plaisantin qui n’hésite pas à faire bouger bobonne sur le dernier Black Eyed Peas, mettant en péril sa nouvelle hanche et provoquant l’hilarité d’une audience largement imbibée par la bassine de ponch. Le new-yorkais reste, cependant, une valeur sûre de la comédie grand public. De Mary à tout prix à La nuit au musée en passant par la trilogie Meet the Fuckers, il possède une aura sympathique qui permet d’attirer un public jeune préférant se galocher entre deux nachos plutôt que de se rabotter les neurones sur un film plus intellectuel.

A contrario, d’autres acteurs bien plus sérieux ont répondu présent. Tea Leoni mais aussi Casey Affleck sont censés relever le niveau. Le second bénéficie d’une très bonne réputation suite à sa prestation dans Gone Baby Gone notamment, et grignote lentement le palmarès de son frère ainé, Ben.

Tout ce petit monde coûte cher et les effets visuels aussi. C’est pourquoi, l’addition s’élève à 85 milions de dollars à charge d’Universal, un budget plus que confortable pour cette franchise qui est à mi-chemin entre Ocean’s Eleven et l’affaire Bernard Madoff. Cet homme d’affaire américain est connu pour avoir organisé la plus grande escroquerie de l’histoire, près de 65 milliards de dollars, et avoir plongé le monde de la finance dans la crise. Si vous vous dites qu’il va vous être difficile de comprendre ce film car vous n’avez strictement rien compris à ce fait d’actualité, que vous pensez que la chaine de Ponzi est un massif montagneux d’Argentine et que Maddof IS est une fabrique de bonbons au chocolat, ne vous inquiétez pas, le film n’entre pas dans les détails et ne se vante même pas d’en donner une quelconque explication.

Enfin, revenons au film proprement dit. Le tournage eut lieu intégralement à New-York car cela fait bien, cela fait smart, cela fait riche et c’est à la mode. Pour imprégner le spectateur dans un environnement de luxe et d’oppulence, Kristi Zea (la décoratrice de plateau) a fait appel au richissime Donald Trump. Ce géant de l’immobilier a mis à la disposition de l’équipe plusieurs de ses appartements, dont son penthouse de Central Park West dans la Trump International Tower, tour qui a d’ailleurs inspirée le cadre général du film. En outre, une course incluant une ferrari devait être tournée mais le coût du modèle (environ 1 million $) était trop élevé pour une poursuite et ce sont donc deux répliques moins onéreuses qui ont été créées pour les besoins du tournage. Pour terminer sur les détails techniques, nous vous livrons une petite info qui vaut le détour. L’équipe avait décidé en post-production de tourner une autre scène de fin car celle qui avait été mise en boîte ne les satisfaisait pas. Cependant, Eddie Murphy refusa de revenir sur le plateau pour filmer une dernière scène sans un cachet supplémentaire de 500000$, alors qu’il avait déjà empoché la coquette somme de 7,5 millions de dollars pour l’entièreté de sa prestation. La scène ne fut finalement pas tournée. Si la fin est nase, ce sera de la faute à Eddie.

Matthieu Matthys