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Théâtre Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig

Publié par Caroline Champion, le 3 mars 2012

Avec : Anne-Marie Cappeliez

Mise en scène : Bernard Damien

Une belle Anglaise distinguée nous attend sur une terrasse, un beau soir d’été. Cette femme s’avance et, mot par mot, nous confie un lourd secret qui la tourmente, un secret dont la seule évocation la rend encore fiévreuse … Il y a 20 ans, cette Old Lady a rencontré à une table de casino, un fascinant jeune homme dévoré et ruiné par la passion du jeu. Un désir irrésistible, passionnel et irrationnel, s’empare alors de cette respectable femme.

Le XL Théâtre du Grand Midi propose depuis le mois de février un hommage à Stefan Zweig. Auteur autrichien, connu pour « Le joueur d’échecs », a la plume légère et intense. Ses oeuvres sont sensibles, torturées et profondes.

Dans « Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme », on écoute l’histoire de cette femme mûre qui nous raconte une belle et terrible histoire d’amour, qui l’a hanté pendant des années. En effet, on l’écoute, parce qu’elle arrive à nous mettre dans la confidence. On suit son histoire, on la découvre, on peut en être surpris et amusé. La salle toute entière est pendue à ses lèvres et on redevient tous des enfants qui écoutent une grand-mère nous faire partager son histoire, notre histoire. Elle nous la livre avec pudeur, autant pour se rassurer sur ses bonnes actions que pour permettre de vider son sac. La démarche peut sembler thérapeutique. Une sorte de message pour nous autoriser à nous dévoiler, à ne pas attendre vingt ans pour laisser exploser nos pensées et nos souvenirs.

Anne-Marie Cappeliez est exceptionnelle dans son rôle de Old Lady. Juste, terriblement attachante, avec un petit brin d’espièglerie. Aidée par le magnifique texte de Stefan Zweig, elle tient l’heure et demie de spectacle sur ses épaules et elle nous en fait oublier le temps. Le décor, la mise en scène et ce personnage en haut en couleurs nous transporte. Nous ne sommes plus au théâtre. Pas de détail dans lesquels on se perd, pas d’occupation scénique superficielle. Cette grand-mère nous donne des images plein la tête, on arrive à penser ses souvenirs. On a cette impression d’être au coeur de l’histoire. Nous ne voyons pas une pièce de théâtre, on écoute les mémoires d’une femme qui a eu besoin de nous livrer un secret.

Ce style de théâtre nous a enchanté par sa simplicité, sa comédienne, son texte et l’ambiance dégagée tout au long de la représentation. Le seul petit bémol : les chaises du théâtre. 1H30 dessus, c’est long, surtout pour notre dos et nos fesses. Suffisamment pour que ce soit la première réflexion qui vienne à la sortie. Mais pas assez pour nous faire oublier le spectacle magique auquel on a assisté.

Caroline Champion