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XS Festival, après les courts-métrages, les courtes-créations© !

Publié par Loïc Smars, le 17 mars 2012

Du jeudi au samedi, au Théâtre National a eu et aura lieu le XS Festival, festival de courtes-créations théâtrales, de danse, de cirque ou encore de marionnettes ! Regroupant talents reconnus et jeunes artistes, vous pouvez tous les soirs vous immerger dans de courtes-créations de 20-25 minutes toutes aussi différentes l’une que l’autre. D’un point de vue pratique tout est mis en œuvre pour rendre le concept le plus facile possible pour le public : hôtesses d’accueil, planning précis, annonces au micro, délais d’attente entre les courtes-créations pour pouvoir voguer de l’une à l’autre sans devoir courir.

Dès le jeudi, je suis sur le pied de guerre pour un marathon intensif : 7 courtes-productions, c’est-à-dire, pas une minute à moi ou alors seulement le temps de passer d’une salle à l’autre ! (et parfois passer du 4ème étage au 1er et ensuite au cinquième est folklorique !)

Tout démarre au quatrième étage, avec Ô de la Cie Gare Centrale (Théâtre d’objets). Nous arrivons dans la salle, la scène est illuminée et au centre un mini-piste de cirque, une table, des objets, un rideau rouge et deux personnes, l’un en smoking, l’une en robe de mariée et tous deux, bonnets de bain sur la tête. Nous allons suivre autour de cette table, grâce à une tonne d’objets divers, les péripéties d’un jeune couple en partance pour un voyage de noces qu’ils veulent parfait. La magie des objets insolites et le talent des deux acteurs pour la musique ou la comédie fait mouche, mais l’histoire nous laisse un peu sur notre faim.

Ensuite, je redescend au 2ème pour la scène suivante : A l’ouest. Mais horreur et damnation, erreur de parcours, je remonte au 5ème. Nous voici tous serrés dans une petite pièce où l’on aperçoit au fond de la scène, une marionnette de vieil homme. Et ensuite ? Rien. C’est beau mais Moreau manie aussi bien le pantin que notre ennui. Vingt minutes où le pantin ne bougera quasiment pas et ne fera rien. On admire le pantin et la technique pendant 5 minutes, ensuite on trompe notre ennui comme on peut. Dommage.

Pour le troisième segment vient la surprise ! Bourré de dynamisme et d’humour. Pas besoin de réfléchir, juste apprécier la folie d’un homme : Bernard Van Eeghem. Acteur d’un certain âge mais atteint d’une folie douce communicative. On rentre dans la salle, une bâche transparente tendue entre le public et lui. Une échelle roulante trône à ses côtés. Van Eeghem démarre par l’histoire de son enfance, l’histoire de ses 5 ans à la procession du Saint-Sang à Bruges. Pour cela, il utilisera, de la peinture blanche pour exprimer son propos sur la bâche tendue ! L’homme a l’accent inoubliable, entraîne le public dans une revisite de la Bible à mourir de rire. Ça tombe bien, vous pouvez encore le voir, ce soir au XS Festival ! Au Sanglier des Flandres, de Bernard Van Eeghem !

Flash Flow prend le pari de nous expliquer en 25 minutes, une pièce de la période élisabéthaine: « La Tragédie de la Vengeance ». Une pièce où tout le monde trahit, couche avec tout le monde et ils meurent à la fin. Les acteurs sont doués, parfois drôles mais c’est souvent foutraque et la mise en scène est quelque peu étrange : pourquoi un planisphère autour de l’acteur italien, pour la chanson « Nellie the Elephant » ?

Une expérimentation musicale autour d’une personne, la bien nommée Brigitte, qui vit dans les années 80, qui n’a pas de GSM, qui n’a pas encore tout à fait la même société de consommation que maintenant et qu’on ne peut joindre autrement que par téléphone. Pendant 25 minutes, nous allons entendre tout un petit monde laissant sur répondeur, plusieurs messages souvent impatients. D’accord, le projet, je l’ai compris et parfois drôle, mais c’est surtout ennuyant et finalement s’avère peu utile.

La jeune fille et la mort, variation moderne sur le thème de Cendrillon. Dans cette courte-création, peu de choses à retrouver. Les acteurs sont indéniablement doués. Le rapport au public est appréciable mais le concept part vite en concept masturbatoire sur la vie et la mort, les croyances en Dieu, etc. On ne comprend pas l’utilisation d’un rideau qui descend et qui remonte instantanément et s’en suit un final affligeant à coups de bite gonflable.
Michel Dupont (du nom du pédophile ?) s’intéresse aux faits divers d’incarcérations et de pédophilie et les compare avec les contes. Celui-ci commence comme ceci : «Il était une fois un roi dont la femme mourut en mettant au monde leur fille. La princesse ressemblait étrangement à sa mère, ce qui sema le trouble dans l’esprit du roi. Lorsque la fillette atteint l’âge d’être mère, il fit construire une tour et dit : Tu seras enfermée dans cette tour pendant vingt sept ans…».
L’histoire très intéressante, ne fait pas la force du projet. Le projet est intéressant par sa forme. Il propose au public d’être assis sur la scène, dans le noir et de lui servir un spectacle auditif nouveau. Enfermé avec la princesse, on distincte les bruits comme si on était au milieu de la salle. Le résultat est à la hauteur malgré une fin un peu trop mystico-mystérieuse.
Comme on le remarque très vite, le concept du XF Festival et de tous festivals ou collectifs autour de la création à un défaut, celà manque souvent de régularité dans la qualité. Au XS Festival, la qualité est je pense présente, même quand je trouve celà inintéressant. J’ai essayé de donner un avis personnel sur ce que je vois, certains auront un avis sûrement différent. Je pense que finalement, le principal c’est de découvrir ce genre de festival. Quand un concept est original et intéressant, il faut le soutenir ! Pourquoi pas ne pas y aller encore ce samedi soir ?

Loïc Smars