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Théâtre Zidani nous parle de son spectacle et de sa vie actuelle lors d’un entretien exclusif

Publié par Matthieu Matthys, le 18 juin 2012

Dans le monde très restreint des humoristes belges, Zidani fait partie des rares femmes à avoir fait rire les spectateurs aux quatre coins de la francophonie. Doté d’un talent reconnu par tous et apprécié par le public, ce petit bout de femme d’une quarantaine d’années n’est pas né dans le spectacle mais l’a découvert au fil du temps, des rencontres et des expériences. Après avoir suivi une carrière d’enseignante de religion protestante, Zidani s’affirme de plus en plus comme une incontournable de la scène belge.

Aujourd’hui, elle multiplie les apparitions télévisuelles sur Star TV mais aussi, et surtout, dans l’émission On ne demande qu’à en rire présentée par Laurent Ruquier.

Dès lors, c’est avec enthousiasme que nous l’avons rencontrée lors d’une interview amicale et sincère comme l’est Sandra Zidani dans la vie.

Malgré une présence permanente dans le monde du spectacle depuis les années 90, votre actualité semble prendre de l’ampleur ces derniers temps avec votre participation dans On ne demande qu’à en rire et votre émission sur la nouvelle chaine Star Tv. Comment vivez-vous ce nouvel échelon de la notoriété ?

J’adore la télévision. Depuis mon enfance, j’ai toujours vécu avec elle. À un point tel que pendant près de dix ans, je n’ai pas eu la télévision chez moi car cela m’empêchait de travailler, je la regardais tout le temps. Cette cure m’a permis de me détacher quelques peu de cet objet. Aujourd’hui, je la regarde moins. En plus, j’adore les conneries : les séries, les télé-réalités,… . La télé, comme internet, prend une grande place dans la vie actuelle, c’est fascinant.

Pour revenir à votre question, On ne demande qu’à en rire, c’était un peu un challenge personnel car l’émission est difficile. Il y a un aspect compétition qui n’est pas ce que j’aime le plus, mais c’est très formateur pour un humoriste. Il faut pouvoir réagir à la pression et au timing.

Je voulais m’imposer ce challenge et, jusqu’ici, je suis très contente du résultat. On verra combien de temps cela dure, j’enregistrerai d’ailleurs mon cinquième passage la semaine prochaine (Ndlr : passage diffusé le 19 juin).

Star Tv, c’est un peu la bonne surprise, le directeur de la chaîne, Boris Portnoy, m’avait contactée pour faire une émission sur le design avec d’autres intervenants. Alors, il faut savoir qu’il y a déjà quelques années, j’avais travaillé dans Cinquante degrés Nord sur Arte Belgique où j’avais fait partie des premiers chroniqueurs de l’émission. Cela fût une année très agréable mais une chose me plaisait moins, le fait que le producteur ne m’avait pas engagée en tant qu’humoriste. Dès lors, j’y faisais un travail de journaliste qui n’était pas dans mon domaine. Cette fois-ci, j’ai dit d’emblée que je voulais bien faire l’émission à condition d’y avoir un rôle décalé et que je puisse y garder ma place d’humoriste. Le producteur était d’accord. Au bilan, l’émission fonctionne bien, cela me plait. C’est un monde que je trouve formidable, très éloigné de la scène mais cela me permet de me familiariser davantage avec les plateaux télés.

Vous l’avez dit, On ne demande qu’à en rire est un avant tout un challenge à relever mais est-ce aussi un choix stratégique pour vous faire connaitre du public français ?

En revenant d’abord sur ce challenge, il faut savoir que lorsque l’on fait de l’humour ou de la scène, il y a toute la question du regard de l’autre. Au fond, je ne me pose plus cette question à Bruxelles car j’y ai un public qui me suit. Je ne dis pas que tout est acquis, car rien n’est jamais acquis, mais les gens connaissent mon univers et mon personnage. L’émission, c’est un peu l’épreuve de la page blanche. Les personnes présentes sur le plateau ne font pas de recherche sur les humoristes qui arrivent, c’est plutôt la production qui va à la pêche aux artistes mais pas tellement le jury. Donc, on doit présenter en quelques minutes ce que l’on est sans dévoiler pour autant tout notre univers. C’est très difficile. De plus, il faut ajouter la question des points, le jugement, le format télévisuel, etc… .   Attention, je ne suis pas maso mais j’ai le sentiment que ça peut être très utile pour moi.

Donc un choix stratégique pour se lancer à Paris ?

C’est sûr que pour celui ou celle qui arrive à rester longtemps dans l’émission, ça le lance. Par exemple, Arnaud Tsamère, que je connais depuis cinq ans, avait déjà autant de talent à l’époque mais son côté décalé compliquait les choses. Son succès à On ne demande qu’à en rire a été un vrai tremplin pour lui, tout comme pour Jeremy Ferrari, Constance ou Nicole Ferroni. Ce sont tous des gens qui ont eu une visibilité grâce à l’émission. Mais vous avez raison, avec le peu de passage que j’ai effectué jusqu’à présent, j’ai déjà eu des retours positifs. Mais cela dit, il faut rester les pieds sur terre, penser à court terme et se dire qu’on va d’émission en émission et que l’on franchit à chaque fois une étape.

Après, il y a l’aspect «zidanien». Il y a un côté un peu fou à cette émission, un côté télé-réalité où on critique des personnes en direct en voyant leurs réactions. J’ai un spectacle intitulé Fabuleuse étoile qui se passe sur un plateau télévisé et je pense que j’avais envie de le vivre réellement.

Maintenant, il y a toujours un choix stratégique. On ne fait jamais rien de manière neutre. Quand j’entends des artistes dire qu’ils n’ont rien fait pour en arriver là, c’est n’importe quoi. On ne se retrouve pas là où on ne veut pas aller. Peut-être une fois sur mille, et encore.

Vu l’exiguïté de notre pays et ses divisions, n’est-il pas plus difficile de percer en Belgique pour un humoriste ?

Pas vraiment, cela ne fonctionne pas spécialement comme ça. Rien qu’en France, on n’a pas le même humour dans le Sud, dans le Nord et à Paris. Paris a probablement l’esprit le plus cartésien.

C’est certain que le belge fonctionne dans un esprit très idiomatique. Exemple : Jérôme de Warzée est très bruxellois ; Walter est plus français par la tchache et le côté un peu méchant, il a le côté le plus parisien ; Alex Vizorek a un côté suisse, plus rêveur ; Kody est plus people, il a de l’énergie à revendre. Bref, toute une série d’artistes très différents les uns des autres et, dans notre pays, il y a un public très varié qui offre de la place à tous les genres d‘humour.

L’arrivée du Kings of Comedy Club à Bruxelles est certainement une très bonne chose selon vous ?

C’est sûr. Le Kings of Comedy permet à beaucoup d’artistes de se lancer. Le Kings s’occupe très bien de ses artistes, il leur donne une excellente visibilité. C’est quelque chose de très positif, tout comme le Made in Brussels Show de Sarah Vanel qui se trouve à Bruxelles également. Elle est une des premières à avoir découvert de nouveaux talents. Le Kings est probablement passé aussi par elle. En outre, il faut signaler que tous les jeunes dont on parle viennent de Bruxelles parce que pleins d’autres choses se passent également en Wallonie. C’est justement le côté magique de la Belgique.

Vous êtes une artiste éclectique, une femme multi-facettes. Vous êtes au théâtre, vous tournez avec votre one-woman show, vous animez une émission télé, vous peignez, qu’est-ce qui vous résiste encore ? où aimeriez-vous encore aller ?

Depuis que je suis enfant, je me suis toujours dit qu’il fallait réaliser tout ce que l’on souhaitait faire dans la vie. Si je dois mourir demain, je n’aurai pas eu d’énorme frustration dans ma vie.

J’ai toujours envie de créer des spectacles. Le dernier en date, Retour en Algérie, a été créé en Algérie mais doit être retravaillé en Belgique.

Je pense que la peinture est un univers que je n’ai pas suffisamment exploité. L’humour et le spectacle ont pris beaucoup de place dans ma vie et pour être un bon peintre, il faut travailler tous les jours. Au fond, je crois que le seul regret que j’ai, c’est le piano. J’aurais bien voulu savoir jouer au piano étant enfant. Il faut savoir que ma famille n’était pas vraiment artiste dans l’âme et disait que le piano n’était pas pour nous.

J’ai beaucoup d’admiration pour les pianistes, je suis d’ailleurs très amie avec Eliane Reyes, une très bonne pianiste qui était au concours Reine Elisabeth. Mais je vais garder cette frustration pour avoir encore le plaisir d’écouter un autre art que le mien. Car, quand on est humoriste et qu’on va voir un collègue, on est toujours un peu critique, on ne regarde pas cela de manière neutre. Le cinéma par exemple, j’adore ça car je ne critique pas, je suis une spectatrice lambda.

Justement, parlons du cinéma, cela ne vous attire-t-il pas ?

À chaque fois que j’ai fait un casting, c’était tout de suite oui, donc pourquoi pas. Mais pour l’instant, je suis trop Zidani.

En Belgique, les productions françaises viennent tourner ici parce que nous sommes moins chers et qu’on ne nous propose que des petits rôles. Si on me propose un beau rôle, soit on s’adresse à la comique, ce qui pourrait être intéressant, soit un rôle où je serai Sandra Zidani, comédienne mais pas spécialement humoriste.

Cela dit, la présence à l’écran n’est pas la même que sur scène, c’est autre chose. C’est justement cette dimension que je n’ai pas encore complètement comprise.

Vous tournez actuellement avec votre nouveau spectacle La rentrée d’Arlette, le fil rouge est le milieu scolaire avec tous ses stéréotypes. Un retour aux sources pour vous qui avez enseigné ?

L’école m’a toujours marquée. On va à l’école depuis l’âge de deux ans et personnellement, j’y suis restée très longtemps puisque je l’ai quittée à 35 ans. J’ai fait des études jusque 24 ans en Histoire de l’art à l’Université Libre de Bruxelles puis, j’ai fait une formation complémentaire de trois ans en Histoire des religions pour pouvoir enseigner la religion protestante. Pourquoi j’ai fait cela ? Car en sortant de l’ULB, je n’avais pas de boulot. Je savais, via l’église protestante que je fréquentais, qu’ils étaient à la recherche d’un prof. Il fallait faire un remplacement de quatre mois, çela m’a plu et j’y suis restée dix ans. Cependant, au bout des quatre mois, on m’a tout de même demandé de faire ce fameux complément.

Je n’avais que deux ou trois élèves par classe, ce qui est formidable, car je pouvais vraiment enseigner, ce qui est le rêve de tout professeur. J’ai pris les 6 – 12 ans. C’est un âge où les enfants sont forts en éveil par rapport aux questions philosophiques et spirituelles. Ils sont très proches de la vie et des questionnements ontologiques, d’où on vient ? C’est quoi la mort ?

Pour parler aux enfants, il faut fort élaguer. Lors de mes premiers cours, les enfants me disaient qu’ils ne comprenaient rien. De ce fait, j’ai appris à synthétiser. Ensuite, les spectacles ont pris de l’ampleur et j’ai arrêté d’enseigner. Être prof, ce n’était pas ma vocation première, j’ai adoré cela mais je ne l’ai pas choisi initialement.

Bref, l’école m’a beaucoup marquée. Je m’y suis amusée mais aussi ennuyée. C’est l’école qui m’a amenée au théâtre qui est devenu un solide fil rouge dans ma carrière professionnelle.

Par après, l’université m’a amenée à aimer les études. J’adorais ce que je faisais et c’est devenu tout à coup facile pour moi.

J’ai donc vu les deux côtés de la barrière de l’enseignement, celui de l’élève et celui du prof. Ce qui me fait dire aujourd’hui que l’école est occupée à se planter. Il y a une pénurie de profs qui est à imputer à la communauté française qui les a rarement soutenus. De nos jours, cette erreur se ressent, c’est à peine si on ne lance pas des annonces dans les supermarchés pour trouver des enseignants. Nombre d’entre eux sont partis vers le privé et c’est seulement maintenant que l’on se demande qui va garder nos gosses.

La société doit repenser l’école et les parents doivent repenser l’éducation de leurs enfants. Cela permettra à l’avenir de retrouver un meilleur niveau.

On peut dire que votre spectacle est un pastiche de l’école d’aujourd’hui ?

Ce n’est pas un pastiche, c’est plutôt un regard. Je dois avouer que j’imitais beaucoup mes profs en classe. C’était mes premières planches en quelque sorte. Puis, lorsque je suis devenue enseignante, j’ai vu les élèves et les profs d’un autre regard. Je me sentais très extérieure car je n’avais pas les difficultés de mes collègues inhérentes aux classes d’une vingtaine d’élèves.

J’ai une véritable affection pour le milieu scolaire. Va-t-en savoir était le premier spectacle sur l’enseignement. Il a tellement bien marché que je le joue encore quelques fois aujourd’hui. La rentrée d’Arlette, c’est la suite. D’ailleurs, les profs adorent le spectacle et viennent à plusieurs voir celui-ci.

Avec leurs élèves ?

Non, ce sont plus les professeurs qui viennent. Au fond, les rares fois où on a fait des représentations devant les élèves, ceux-ci étaient un peu interloqués parce que mes personnages ne sont pas forcément gentils avec les élèves. En voyant cela, les jeunes spectateurs se sentent un peu agressés eux-mêmes. C’est un peu paradoxal, mais les élèves n’aiment pas que l’on critique leurs profs, ils veulent des profs justes.

C’est peut-être contradictoire mais je suis persuadée que les enfants aiment l’école. Par exemple, le succès d’Harry Potter est dû au fait qu’il est dans un milieu scolaire un peu magique. On trouve également dans ce roman des profs pas chouettes, des uniformes, des règles strictes et pourtant les gosses adorent cet univers. Il faut peut-être se poser la question de savoir pourquoi ils ont tant aimé cette école.

Encore une fois vous vous déguisez dans ce spectacle, pensez-vous qu’il est plus facile de faire rire lorsque l’on se travestit ? Au contraire d’un Gad Elmaleh qui ne se déguise pas, pour prendre exemple ?

Gad Elmaleh, c’est du stand-up de même que les artistes dont on a déjà parlé. Eux, ils viennent raconter leur histoire. Ce n’est pas mon truc. Le stand-up est très masculin plus que féminin, il y a d’ailleurs beaucoup moins de femmes dans ce monde-là.

Au-delà de ça, je ne me sens pas à l’aise sur scène en tant que moi-même. J’estime qu’à ce moment-là cela renvoie à notre égo. Le fait de passer derrière un personnage nous permet d’oublier notre égo et on fait plus appel au comédien. Ceux qui font du stand-up ne sont pas forcément des comédiens.

En général, les stand-up sont assez semblables d’un spectacle à l’autre.

Ce spectacle signe encore une fois une collaboration avec Patrick Chaboud, l’homme fort du Magic Land Théâtre. Quel est le secret de ce lien indéfectible que vous entretenez avec lui ?

Patrick m’a découverte lors d’un festival d’humour à Bruxelles. Il était dans la salle, ce qui est assez rare car il ne va pas souvent voir d’autres spectacles que les siens. Il a peu de temps libre mais ce jour-là, il cherchait une nouvelle comédienne. Il est venu me trouver à la fin du spectacle et il m’a dit « je veux t’engager dans mon théâtre ». Quand il s’est présenté, il m’a dit qu’il était Malvira. Pour moi, c’était génial. Quand je rentrais de l’école, il y avait Lollipop avec Geluck et Malvira, et là, tout à coup, elle vient me demander de travailler avec elle ou avec lui, c’est selon. J’étais émerveillée.

Passé cela, j’ai découvert le Magic Land Théâtre. Ce sont de vrais dingues. Pourtant, je n’ai fait que deux pièces avec eux dont Melopolis que l’on reprendra en octobre. Là-bas, ça ne se passe pas comme dans les autres théâtres. Rien qu’au niveau de la façon de travailler, il y a de quoi devenir chèvre, cela prend des plombes, des heures et des heures, Patrick change tout et tout le temps, les horaires ne l’intéressent pas, si on ne reste pas on a deux pages en moins le lendemain. Entre nous, on dit que c’est une réincarnation de Louis XIV. Comme il vient de Lyon, on se dit que c’est surement l’un des bâtards du roi soleil (rires). Tous les comédiens qui passent par-là disent qu’il est entre Molière et Louis XIV. À côté de cela, c’est un personnage merveilleux, c’est un génie. Il sait tout faire : écrire, chanter, jouer de la musique, dessiner, sculpter, … .

On a écrit cinq spectacles ensemble et on écrit à deux pour l’émission de Laurent Ruquier également. Lui est un « gag-man ». Moi, j’amène une pensée plus philosophique et ensemble, on se complète.

Est-ce important d’avoir un auteur pour un humoriste ?

Non, je pense qu’un humoriste peut écrire seul. En tout cas, il doit écrire une partie lui-même sinon cela ne marche pas, ou alors c’est un comédien. Je pense qu’il faut partir de l’idée de l’humoriste et de sa vision des choses. Quand je travaille avec Patrick, la plupart du temps, je choisis le thème, le modèle et l’univers dans lequel on va travailler. Ensuite, Patrick va accoucher le texte et va l’amplifier. Vous savez, je me vois mal ne rien écrire de mes sketches.

Les humoristes qui fonctionnent sont ceux qui ont leur univers, leur style. Chose difficile lorsque l’on n’écrit pas ses textes.

Pensez-vous que vos origines métissées sont un atout dans votre métier ou bien cela vous dessert-il ?

Desservi, surement pas. Par contre, j’ai peu utilisé mes origines. Je n’ai pas fait de grands textes humoristiques sur l’immigration. Retour en Algérie, je le fais seulement maintenant mais je ne l’ai pas fait au départ car j’ai eu une enfance différente de la plupart des immigrés. Et puis, ça me gave qu’on mette cela toujours en évidence. Ça m’ennuie que les noirs parlent des noirs, que les arabes parlent des arabes, etc… . Je pense qu’il est inutile de mettre cela en avant comme un étendard. Bert Kruismans est sympa mais à un moment donné ça devient trop, de tout le temps se baser sur la couleur, l’origine ou la langue. Il faut savoir changer de thématique.

Pourtant, Retour en Algérie a été créé sur vos terres d’origine…

Oui, mais j’ai huit spectacles en tout. C’est le seul qui parle de cela. De plus, il a été créé dans un contexte un peu particulier. J’ai rencontré ma famille algérienne à seulement 41 ans.

Et puis, l’histoire parle aussi de la Belgique. Elle est construite comme un carnet de voyage – voilà un rêve que j’ai envie de réaliser, terminer des carnets de voyages – qui racontera tous les voyages que l’on a fait avec l’équipe en Algérie. De fait, on parlera de l’Algérie et de la Belgique. C’est un spectacle qui aura une tonalité différente. Il est plus poétique, à l’instar de la culture algérienne. Maintenant, chacun de mes spectacles est différent.

Dernière question, si je décidais aujourd’hui de me lancer dans une carrière d’humoriste, quels conseils me donneriez-vous ?

Je pense que débuter par la scène ouverte, c’est très bien. On ne connait pas bien le réseau des scènes ouvertes en Belgique mais à Paris, c’est très répandu. On essaie de faire rire en 15 à 20 minutes.

Maintenant, si on n’a pas de texte très drôle, on peut prendre un texte plus ancien. C’est ce que j’ai fait, j’avais repris des textes d’Alphonse Allais et de Obaldia que j’avais retravaillés de manière plus moderne. J’ai fait un spectacle là-dessus puis j’ai repris des textes de Raymond Devos et de Guy Bedos auxquels j’injectais ma marque. Finalement, les gens me disaient préférer mes textes et j’ai passé le cap petit à petit. L’humour, c’est difficile car on est vite jugé. Il faut beaucoup d’années d’expérience pour encaisser une soirée où on a moins fait rire les gens. Il faut garder à l’esprit que même si on fait une série de spectacles qui fonctionnent bien, il y a toujours un moment où le public ne va pas être réceptif.

Avec les années d’expérience, on sait ce qui fera rire et ce qui le fera moins. Ce sont les premières années qui sont les plus dures. Je discutais encore avec un jeune artiste qui me disait vouloir faire un nouveau spectacle car cela faisait quelques années qu’il tournait déjà avec son texte. Je lui ai dit que je suis également restée très longtemps avec mon premier spectacle car il faut le temps d’apprendre, de trouver le truc qui marche. Après, il faut encore peaufiner et retravailler mais ça devient plus simple.

Maintenant, le problème c’est le stand-up où c’est encore plus difficile de se renouveler. Je me souviens que lors d’un festival d’humour, il y avait deux jeunes qui présentaient des sketches de stand-up et après ils étaient suivis par Tex. La situation était horrible car les trois avaient les mêmes blagues.

C’est d’autant plus difficile dans l’émission On ne demande qu’à en rire de sans cesse se renouveler ?

Olivier de Benoist est assez fort là-dedans. Il vient avec le même format mais arrive à varier ses textes, grâce à un auteur, il est vrai.

Il faut beaucoup de talent d’écriture comme ont Arnaud Tsamère et Jeremy Ferrari. En plus, il faut de la confiance sinon on régresse. Pour cela, il faut souligner que l’équipe derrière l’émission soutient beaucoup les artistes. Ils les entourent de manière humaine.

Zidani, nous vous remercions pour votre accueil, votre simplicité et votre humilité. Nous vous souhaitons une longue et fructueuse carrière pour l’avenir.

Qu’on se le dise, Zidani présentera son spectacle «La rentrée de Zidani» du 15 juin au 8 juillet 2012 à la Comédie Centrale de Charleroi (Réservez vos places en cliquant ici). Allez-y nombreux pour rire et pleurer (de rire).

Propos recueillis par Matthieu Matthys