Il y a des dimanches comme les autres… et puis il y a ceux qui vous emmènent ailleurs. Celui-ci faisait clairement partie de ceux-là. Une journée placée sous le signe de la culture, de l’imaginaire et de la rencontre, où chaque espace ouvrait une nouvelle porte vers un autre monde.
Ce qui fait la force du festival, c’est cette richesse incroyable : la fantasy y est représentée sous toutes ses formes. Littérature, illustration, cosplay, musique… tout cohabite, tout se répond, et l’ensemble crée une expérience complète, vivante, profondément immersive.
Parmi ces univers, le pôle littérature reste l’un des cœurs battants du festival (et, avouons-le, un véritable piège à passionnés). C’est d’ailleurs l’un des pôles favoris de l’une des deux chroniqueuses présentes ce jour-là, et celui qui, en temps normal, pourrait facilement engloutir une journée entière.




Cette année, tentative de modération oblige, le passage s’est voulu plus bref… histoire d’épargner à la fois le portefeuille et les étagères d’une bibliothèque déjà bien remplie. Mais même en survol, difficile de ne pas se laisser happer par la richesse des rencontres. Entre auteurs, maisons d’édition, illustrateurs et artistes du monde de la bande dessinée, chaque stand invitait à la découverte.
Les séances de dédicaces se sont enchaînées tout au long du week-end, offrant aux visiteurs bien plus qu’une simple signature. Des auteurs comme Christelle Dabos ou Sally Green étaient notamment présents, et une conférence organisée le samedi permettait d’aller encore plus loin dans l’échange, en explorant les multiples facettes de la fantasy aux côtés de ces plumes reconnues.


Car c’est bien là toute la force de ce pôle : créer du lien. Donner la possibilité aux lecteurs de rencontrer celles et ceux qui ont donné vie à leurs univers préférés, de partager quelques mots, un regard, une émotion… et de transformer la lecture en rencontre réelle. Mettre un visage, une voix, sur des mondes qui nous accompagnent parfois depuis des années.
Place ensuite dans notre journée au concours cosplay des enfants. Et ils étaient nombreux. Très nombreux. Des tout-petits de quelques mois jusqu’à des adolescents déjà bien à l’aise et entre les deux, toute une palette d’émotions. Du trac, de la fierté, de la timidité, parfois même un peu d’audace. Certains arrivaient sur scène avec une assurance désarmante, d’autres avec cette petite gêne, ces pas hésitants, ces regards qui cherchent… et c’est justement là que ça devient terriblement craquant. Parce que tout est vrai. Rien n’est forcé. Tout se fait avec innocence et avec le cœur.


Le public, lui, ne s’y trompe pas. Il applaudit, encourage, accompagne. Et très vite, la scène devient un espace bienveillant, presque suspendu, où chacun a sa place. Côté costumes, il y avait les évidences : princesses, licornes, fées, pirates, vikings… ces figures qu’on aime retrouver, mais il y avait aussi les surprises ! Des idées plus inattendues, plus construites aussi parfois : une cartographe céleste, un aventurier, un archimage de lumière (au discours touchant), une dragonologue… Des personnages pensés, créés, portés et interprétés.
Mais qu’en est-il des gagnants ?
- Pour le prix du costume (et malgré la concurrence serrée): le dragon. Impressionnant de bout en bout. Jusqu’à la pointe de ses dents, au mécanisme de sa gueule, au mouvement articulé de sa queue… tout y était. Un costume vivant, presque réel.
- Pour le prix de la scénographie, il n’y avait pas vraiment de suspense : l’enfant loup. Il n’a pas hésité. Il a hurlé à la lune. Et pendant quelques secondes, ce n’était plus un enfant sur scène… c’était un louveteau. Aussi féroce qu’adorable.
- Pour le prix coup de cœur : une gardienne viking et sa petite sœur, bébé médiéval. À elles deux, elles cumulaient 3 ans et 7 mois et étaient terriblement attendrissantes.
Et puis, il y a les coups de cœur qu’on garde pour soi. Le nôtre va à cette petite cartographe céleste. Parce que tout était parfait. Le détail, l’intention, la cohérence… et cette petite magie qu’on ne s’explique pas vraiment.
Comme chaque année à Trolls et Légendes, le hall des expositions s’impose comme un passage incontournable. Un espace où l’on ralentit naturellement le pas… pour mieux se laisser happer par les univers qui s’y déploient. Mais cette édition portait une émotion particulière, avec un hommage rendu à François Marcela-Froideval, disparu en 2025. Figure incontournable de la fantasy francophone, il est notamment connu pour avoir co-créé « Les Chroniques de la Lune Noire« .



Cet hommage prenait vie à travers les œuvres de Olivier Ledroit, son collaborateur sur la saga… mais pas seulement. Car monsieur Ledroit ne s’est pas contenté de signer l’affiche de cette édition : il a littéralement habité l’espace. Et difficile de rester indifférent face à son travail.
Ce qui frappe immédiatement, c’est cette maîtrise technique impressionnante, autant dans le trait que dans la colorisation. D’une œuvre à l’autre, il change, il explore, il ose. Résultat : aucune redondance. Chaque pièce possède sa propre identité, sa propre vibration. On ne regarde pas simplement ses œuvres… on s’y arrête.


Son style est aussi unique que reconnaissable : dense, foisonnant, presque organique. Il y a du mouvement, de la matière, de la vie.
Et puis il y a ses figures féminines et ce, malgré les débats qu’a pu susciter l’affiche cette année. Il suffit de s’attarder un instant sur son travail pour comprendre : les femmes qu’il représente ne sont pas là pour être décoratives. Elles sont puissantes, assumées, insoumises. Parfois fatales, parfois guerrières, parfois même monstrueuses… mais toujours incarnées, toujours fortes.

Se balader dans le hall des expositions n’avait donc rien de répétitif. Bien au contraire : c’était une succession de mondes, d’ambiances,… Car au-delà de cet hommage central, de nombreux autres créateurs étaient présents : illustrateurs, sculpteurs, artistes aux univers variés, chacun apportant sa propre vision de la fantasy.
Après un samedi à cavaler dans tous les sens, à vouloir tout attraper au vol… on a fait un choix ce dimanche : ralentir. Parce que Trolls et Légendes, ce n’est pas qu’un festival qu’on traverse en courant. C’est aussi un endroit où l’on s’arrête, où l’on prend le temps, où l’on laisse les choses venir à nous.

Alors oui, le festival s’est terminé. Les portes du Lotto Mons Expo se sont refermées, les stands se sont vidés…
Mais nous, on est encore là parce que cette édition a encore des choses à raconter !
À très vite pour la suite de nos aventures!
