« Dalida », le biopic : portrait sensible et mélancolique d’une grande artiste

Publié par , le 11 janvier 2017

dalida-laffiche

Critique :

On va beaucoup parler de Dalida cette année. La biographie supervisée par son frère Orlando ressort, une exposition est prévue à Paris et un biopic sort cet après-midi dans toutes les salles de cinéma après une exceptionnelle avant-première le 30 novembre dernier retransmise dans plus de 220 cinémas français et moins de dix belges depuis l’Olympia. Nikos Aliagas avait reçu plein d’invités sur le tapis rouge dès 19h30. La billetterie avait rencontré un grand succès.

Une icône fragile

Avant le 17 janvier, date de son anniversaire, la célèbre icône revit effectivement sur nos écrans ! Oui, Dalida revient mais elle n’est jamais vraiment partie… Grâce à son frère, le producteur Orlando, on a connu des livres et des remixes plus ou moins inspirés. Cela a aidé l’Italo-Egyptienne à toujours être avec les gens. Morte jeune, à l’âge de 54 ans, elle entre dans la catégorie des mythes juste avant de s’être trop vue vieillir.

Car c’est un mélange de différentes choses qui a poussé Dalida au suicide le 3 mai 1987. Alors qu’elle devait signer pour être Cléopâtre dans une grande comédie musicale à Bercy, elle avala des somnifères avant d’éteindre exceptionnellement la lumière. Le film nous apprend plein de petites choses dont celle-ci : elle avait peur du noir. En éternelle petite fille à la recherche constante du père.

Portrait sensible de femme

L’artiste s’efface au profit de la femme dans ce biopic somptueux de 15 millions d’euros. L’éclairage, le cadrage, la direction des acteurs et le sentimentalisme du film sont là. Sans en faire trop, et en véritable admiratrice de cette femme moderne avant l’heure, Lisa Azuelos nous raconte les histoires d’amour qui ont construit, et surtout détruit, Dalida… et même Iolanda la femme. Des hommes qu’on a envie d’aimer avec elle, avec qui elle joue l’infirmière, et souvent suicidés (trois au total). Veuve noire à la fin de sa carrière, on dit que mademoiselle Bambino (qui chantait Léo Ferré et Serge Lamas comme personne) souhaitait se réinventer en Barbara. Elle fera ses adieux comme ça à travers Le Sixième Jour de Youssef Chahine, un réalisateur « voleur d’âme » dira-t-elle. Sa vie débute en Egypte et s’y termine presque; Dalida aura quasiment décidé de tout.

Fêlure éternelle à l’écran

C’est la fêlure intérieure de Iolanda que nous montre ce Dalida qui ne trahit pas la vie de l’artiste, l’envoyant encore plus dans le rang des chanteuses à admirer. Voix d’or, corps somptueux et fragilité mêlée à la force : un cocktail fatal dans tous les sens du terme. Dalida le film offre de quoi réfléchir en ne prenant pas les spectateurs pour des imbéciles. Et saluons aussi les choix audacieux de tournage (dialogues 80% en italien rendant le produit plus authentique) et de montage sonore (des titres moins connus figurent sur la BO en vente).

 

Luigi Lattuca

 

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