« Elle » : un film froid, bizarre, insensible et surévalué

Publié par , le 8 juin 2016

Elle - affiche

Critique :

Quel dommage… Il y avait tant à dire et à faire dans « Elle », nouveau film de Paul Verhoeven (« Basic Instinct ») qui, bénéficiant du parfum de souffre entourant le scénario, s’est fait remarqué au dernier Festival de Cannes et a emballé presse hexagonale et bloggers en herbe, induisant une certaine pression sociale pour le voir et nous faisant attendre un thriller glauque mais intello.

Alors, glauque le film l’est… Mais intello ? Non, vraiment pas et on passe à côté de quelque chose. Une vingtaine de thèmes s’y entremêlent, sont juste effleurés et ne font aucunement monter la pression. C’est tellement too much – et sans intérêt émotionnel – que ça n’est même plus dérangeant comme le promettait le réalisateur. C’est juste grotesque comme dirait à sa mère cougar Michèle, le personnage principal interprété par Isabelle Huppert. Tout comme dans « L’Avenir » (chronique dispo sur le site), la comédienne est souvent mono-expressive et se complaît dans ces rôles de femme froide où, justement, Huppert fait du Huppert. Elle continue de proposer de bonnes prestations mais sans plus aucune surprise.

« Elle » ne mérite clairement pas tous les superlatifs et compliments qu’on peut lire ici et là. Il ne dit rien sur les fantasmes bizarres, « en marge » (ça peut être dangereux mais surtout ça ne sert à rien) et sa fin est nulle. On pensait avoir affaire à un film profond mais la seule profondeur qu’on a perçue est celle que l’agresseur veut sexuellement conquérir chez Michèle. Une oeuvre froide et apathique.

 

Luigi Lattuca

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