Un Rodin 2017 sans passion, ni souffle

Publié par , le 4 juin 2017

Rodin

Critique :

L’histoire et le bouillonnement intérieur d’Auguste Rodin méritaient mieux. A tous ceux connaissant son oeuvre (et quelques éléments de sa personnalité), ainsi qu’à tous ceux souhaitant le découvrir en 2017 grâce à ce film, un conseil : (re)visionnez plutôt le Camille Claudel de 1989 avec Depardieu dans le rôle-titre.

Sa sculpture était plus émouvante

On est donc ici dans le point de vue du sculpteur plutôt que dans celui de son élève. Vincent Lindon était un très bon choix… mais il peine à totalement convaincre. Que lui manque-t-il au juste ? Le petit grain de folie dans le scénario ? Sans doute ? Plus de passion ? C’est certain. On sent les deux artistes habités par leur art mais sans désir de susciter chez nous l’empathie. Pas du tout à la hauteur de leurs émouvantes sculptures.

Une démarche « film-musée »

L’histoire de Rodin et de Claudel serait-elle finalement celle de deux artistes se regardant le nombril ? Si c’est ce que Jacques Doillon n’a pas voulu dire, et bien c’est dommage car c’est comme ça qu’il dépeint les deux sculpteurs. Sans réel point de vue, il passe à côté de quelque chose… d’autant qu’Auguste Rodin avait sentimentalement manipulé la complexe et fragile Camille. En choisissant de nous le servir et le restituer un peu en neutralité, il ne fait que nous ennuyer et nous donner envie de plutôt redécouvrir son oeuvre dans l’exposition-anniversaire (centenaire de sa mort) au Grand Palais de Paris jusqu’au 31 juillet prochain.

Luigi Lattuca

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