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Cinéma Brussels Film Festival : Un beau film turc au jeune acteur époustouflant !

Publié par Loïc Smars, le 13 juin 2012

Spécial Brussels Film Festival 2012

Can de Rasit Celikezer
Genre : Drame
Avec Selen Ucer, Serdar Orcin, Berkan Demirbag, Erkan Avci, …

Cemal est une figure paternaliste turque, mais malheureusement il vient d’apprendre qu’il est stérile et qu’il n’aura jamais d’enfant. Pour sauver la face, il convainc sa femme de porter un faux ventre et d’adopter un vrai bébé par des moyens plutôt douteux. Quand Can, l’enfant arrive et que la mère le rejette, Cemal s’enfuit laissant sa femme, Ayse et le bébé se débrouiller tout seul et recommencer sa vie. Autant Ayse est abandonnée de tous et tente de jongler entre l’enfant et un travail, autant Cemal va se hisser socialement et professionnellement.

Les films sont turcs sont souvent originaux et sont par la même occasion souvent des bonnes surprises. Il n’y a pas à dire, le cinéma bouge par là depuis plusieurs années ! Avec Can, Rasit Celikezer joue gros en s’interrogeant sur la place du père dans la société turc actuelle et le drame qu’une stérilité de l’homme peut engendrer dans un couple pourtant pas si rétrograde. Celikezer ne s’arrête pas en si bon chemin, et interroge le spectateur sur la culpabilité d’une telle situation, sur les priorités a accorder à un enfant dans sa vie. De ce point de vue, Can est une totale réussite.


L’originalité scénaristique est de faire coïncider la vie passée et la vie future pour troubler le public et arriver au fur et à mesure à la solution finale. Le procédé est intéressant quoique troublant. La différence sociale entre la femme abandonnée de tous et l’homme qui a refait sa vie brillamment est d’autant plus injuste quand ils se retrouveront plusieurs années plus tard : Cemal est beau et riche, Ayse est pauvre et pas très jolie, ne s’occupant pas d’elle. Mais celui qui se rendra compte de son malheur n’est pas forcément celui que l’on croit. La femme se rendant compte au fur et à mesure du film, de son bonheur et de découvrir de l’amour pour son « fils »,  devenant ainsi de plus en plus belle tandis que Cemal va récolter la monnaie de sa pièce et va voir tout s’effondrer autour de son petit monde pourtant si parfait.

L’interprétation, dans ce type de film, est importante. Et malgré des rôles touchants et impeccables chez les adultes, celui qui porte finalement le film à bout de bras, c’est Berkan Demirbag ou Can, le petit garçon adopté : bouille mignonne, visage expressif, il est le centre de l’histoire et il la sublime. Sans celui-ci, toutes l’histoire paraîtrait bien fade.

Bien fade, car là ou le film perd de sa superbe, c’est sur la longueur. Beaucoup de film à vocation sociale ont tendance à jouer les prolongations pour obtenir une durée de film satisfaisante. Le résultat est ici que l’on exprime parfois une légère lassitude devant un scénario où l’on ne perçoit pas le but.


Finalement, Can, est une belle surprise du cinéma turc (primé d’ailleurs au Festival de Sundance) qui malgré quelques lenteurs, est sublimé par le charisme du petit garçon qui conquerra vos cœurs comme il a attrapé celui de sa mère. Les dernières minutes et le générique du film seront en ce sens, quelques minutes de pure beauté et d’émotion.

Loïc Smars