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Cinéma Destination Finale 5, la boucle est bouclée

Publié par Matthieu Matthys, le 5 septembre 2011

Genre : Gore, Horreur

Titre original : Final Destination 5

De Steven Quale

Avec Nicholas D’Agosto, Emma Bell, Tony Todd, Courtney Vance, Miles Fisher, David Koechner

L’homme a toujours été confronté de manière mystique à la mort. De tout temps, les croyances collectives imposaient l’idée que celle-ci ne devait jamais être défiée. La mort est un fait difficile à comprendre pour l’être humain et est donc une source d’inspiration inépuisable pour le septième art. En 2000, le réalisateur américain d’origine chinoise James Wong avait très bien compris qu’il pouvait retirer de cela une longue saga en commençant la réalisation de « Destination Finale ». Et pourtant, hormis le premier et le troisième volet, ce ne sera pas lui qui réalisera l’entièreté de l’ouvrage.

De fait, ce cinquième, et probablement dernier opus, est réalisé par Steven Quale. Cet homme est un inconnu ou presque du grand public car il travaillait souvent dans l’ombre des décors hollywoodiens. Mais cela ne fait pas de lui un novice, Steven a exercé ses talents sur les effets visuels de Titanic et d’Avatar. Une pointure intéressante donc pour un film d’horreur techniquement exigeant.

Voici venu le dernier opus de la saga dont les fans du genre attendaient la sortie avec impatience. En se rendant dans les salles obscures, il faut bien avouer qu’on savait exactement à quoi s’attendre. En effet, chaque film ressemble à s’y méprendre au précédent. C’est un choix volontaire de la production qui voulait faire de cette franchise une référence du gore burlesque. D’ailleurs, pour augmenter le dégoût des spectateurs ou, tout simplement, pour continuer à garder son public, la franchise n’a pas hésité à se lancer dans la 3D. Ce relief a donné de nouvelles possibilités aux réalisateurs qui ont pu agrandir leurs marges de manœuvre (et leur marge bénéficiaire) en utilisant la « fausse » proximité des cinéphiles avec les boyaux d’une victime fraichement éventrée. Ce pari tri-dimensionnel fut une excellente idée afin de rendre le film plus spectaculaire encore.

Mais ce pari ne suffit pas si le scénario ne suit pas et, heureusement pour nous, ce n’est pas le cas ici. Le schéma scénaristique est identique aux massacres précédents : un homme est atteint d’une vision prémonitoire sur un accident spectaculaire et massivement mortel ; Suite à sa fuite pour éviter sa propre mort, il entraine avec lui une petite dizaine de personnes ; Vient ensuite une hécatombe qui verra les rescapés mourir, dans l’ordre, les uns après les autres, dans des situations plus que peu banales.

Cependant, cette monotonie scénaristique est contrariée par un développement contextuel beaucoup plus travaillé. En effet, les meurtres ne se déroulent pas de manière identique aux précédents longs métrages. Ceux-ci n’aboutissent qu’au bout d’un suspense assez haletant où le réalisateur nous balance entre les diverses opportunités de catastrophe et accentue, dès lors, l’instant où le couperet tombera sur la pauvre victime.

Enfin, l’autre bonne trouvaille du scénariste Eric Heisserer, c’est certainement d’avoir enfin boucler la saga. Même si celle-ci avait su trouver son public et ravir des milliers d’aficionados, il était temps de mettre un terme à la longue liste nécrologique au risque de finir en direct-to- dvd. Evidemment, nous ne vous raconterons pas ce dénouement pour vous laisser la joie de le découvrir par vous-même.

Côté casting, il est inutile de s’attarder sur les acteurs et actrices qui constitue le tableau de chasse de « la grande faucheuse » pour deux raisons. Tout d’abord, parce qu’on leur demande qu’une chose : jouer au cadavre et, ensuite, parce qu’aucun d’entre eux nous parait bon. Ce sont donc d’excellents figurants, ni plus ni moins.

En résumé, Destination Finale 5 est un film sans intelligence, mais qui a le mérite de nous proposer un moment de distraction techniquement réussi.

Matthieu Matthys