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Théâtre Le canard à l’orange à la comédie Claude Volter

Publié par Thao Nguyen, le 15 décembre 2012

Il a des maitresses, elle a un amant.

Si le sujet de l’adultère est vieux comme le monde, ce « canard
récalcitrant » se déguste tel un plat délectable où, mari, femme, amant,
maîtresse…se déchirent à coups de fourchette gourmande.

Ici, la liberté de ton et d’humour n’a d’égal que les grains de sel de
l’esprit !

Féminine et intelligente Catherine Conet envoûte un Michel de Warzée qui
déploie tout son talent dans un rôle diaboliquement farceur.

Laurent Renard, séducteur en amant abusé et Laura Savenberg, secrétaire
drôle et sexy, pimentent cette recette excitante mijotée par Françoise
Oriane, désopilante cuisinière.

La savoureuse mise en scène de Danielle Fire distille avec finesse cet
humour corrosif dans un élégant décor de Christian Guilmin.

La Succulence du Rire au menu de ce spectacle pour les Fêtes.

Une soirée « SO BRITISH » qui fuse et qui pétille :

À déguster sans modération !

Avec : Catherine CONET, Michel de WARZEE, Laurent RENARD, Laura
SAVENBERG et Françoise ORIANE

Mise en scène : Danielle FIRE

Décors : Christian GUILMIN

Régie et éclairage : Sébastien COUCHARD

Durée du spectacle: 2h30 avec entracte

 

Chronique : 

Stratégie… exquise !

Mari trompé mais bon samaritain ? Mmmh, ça sent l’anguille sous roche à plein nez !

Cette pièce humoristique raconte l’histoire d’un couple que le temps a mis à l’épreuve : alors que l’épouse s’est éprise d’un autre, le mari, lui, décide de réunir une dernière fois les amants pour un week-end sous leur toit conjugal dans un jeu qui n’a d’autre but que la reconquête de sa bien-aimée.

 La routine s’est installée et les regards s’attardent ailleurs. C’est ce que Hugh Preston animateur de la BBC, a connu à ses dépens. Sa femme veut divorcer pour s’enfuir avec un jeune et beau aristo, mais plutôt morne comparé à son charismatique mari. Ce dernier, à priori sans rancunes, propose alors de prendre tous les torts à sa charge par un flagrant délit d’adultère monté de toute pièce avec l’aide de sa jeune et attirante secrétaire et avec pour témoin de bonne foi, la chère gouvernante, Mme Grey. Mais tel est pris qui croyait prendre.

 Durant le premier acte de la pièce, le spectateur assiste à un rythme soutenu de mises en scène, préparées soigneusement par le mari, posant ainsi les bases d’une manipulation tout à fait réussie.

 Dans la seconde partie, le mari profite de cette proximité ambiguë d’antagonistes pour nous livrer une véritable leçon de vie. Sa femme lui avait reproché de ne pas se battre pour elle et de la laisser partir sans broncher. Qu’à cela ne tienne, il se battra comme seul « l’homme moderne » sait le faire, avec l’élégance de celui qui a un verre de gin à la main !

 La stratégie imaginée ici par l’auteur, William Douglas Home ainsi que les piques désopilantes que se lancent sans cesse mari et femme  ne laisseront à coup sûr personne indifférent. Allier un fond complexe à une forme remplie d’humour au second degré – on rit vraiment du début à la fin – rend l’histoire fortement imprévisible. Le spectateur est souvent surpris, ce qui maintient son attention tout au long de la pièce.

 Enfin, les interprètes sont vraiment talentueux. Et même si le jeu de chacun est d’une réelle justesse, mention spéciale est décernée pour Michel de Warzée (le mari), qui nous offre un mélange tonitruant de Gene Hackman et de Louis de Funès. Une vraie présence !

 

 Thao Nguyen