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Cinéma Rencontre avec l’équipe du film « Un peu, beaucoup, aveuglément »

Publié par Constant, le 20 mai 2015

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A l’occasion de la sortie du film « Un peu beaucoup, aveuglément », nous avons rencontré l’équipe du film, à savoir le réalisateur et acteur Clovis Cornillac ainsi que les deux actrices, Mélanie Bernier et Lilou Fogli.


Comment est venue l’idée du film ?

Clovis Cornillac: au départ, c’est Lilou qui l’a eue.

Lilou Fogli: c’est une histoire qui m’est arrivée. J’habitais à Paris dans un petit studio très mal insonorisé. Du coup, j’entendais mon voisin. Je me suis mise à idéaliser ce voisin: il est extraordinaire, il est drôle, il est beau, la totale… Je l’ai rencontré et là, ça a été la grosse déception. Donc c’est le début de l’idée. Ensuite le problème de communication et d’écoute que nous avons aujourd’hui. Où les gens vont systématiquement à l’essentiel, à l’efficacité. Ils ne prennent plus le temps de se connaître. Avec ce mur, cela me permettait d’enlever les préjugés physiques et sociaux. De repartir sur des bases d’écoute, les vraies bases de la communication.

Clovis Cornillac: c’est un vrai support de comédie. C’est ça qui m’a intéressé dans l’idée de Lilou. Une comédie «originale» parce qu’on n’invente rien, on ne fait que recycler de manière inconsciente. On n’a beaucoup vu cette situation. De pousser jusqu’au bout une histoire d’amour, de couple à travers un mur, cela permettait d’avoir beaucoup de situations intéressantes. De pouvoir faire écho à des choses plus modernes: les réseaux sociaux, Internet. L’idée aussi du couple, qu’est-ce que c’est vivre ensemble ? C’était plutôt sympathique comme départ.

Pourquoi ne pas avoir choisi Lilou pour jouer le rôle principal ?

Clovis Cornillac: je vois ce que voulez dire, c’est vrai que Lilou et moi vivons ensemble. Justement, il y a une chose qui est primordiale dans le travail. C’est vraiment de tout dissocier. Je pense que si Lilou et moi sommes heureux, c’est parce que nous avons cette vision commune. Concrètement, il y a eu le travail d’écriture, Lilou ne savait même pas qu’elle allait jouer dans le film. Elle n’a pas écrit pour elle.

Lilou Fogli: je n’écris pas en pensant à quelqu’un. Un comédien doit se mettre au service d’un rôle et pas l’inverse. Surtout si vous avez envie de prendre un comédien et qu’il n’est pas disponible, vous êtes déçu de celui que vous avez. Ici, il n’y a pas ça. Le casting était complètement ouvert.

Clovis Cornillac: l’argument du copinage, le fait d’être mariés, ce n’est absolument pas un argument pour travailler. L’objectif est de faire le film qu’on veut faire. C’est pour ça que Lilou a été surprise quand je lui ai proposé le rôle de Charlotte. Pour moi, cela aurait été stupide de ne pas lui proposer le rôle parce que c’était elle. Aussi le but n’était pas de faire un film de copains mais tout simplement un film.

On voit bien que les rôles secondaires ont aussi une importance, est-ce voulu ?

Lilou Fogli: si il n’y avait eu que deux rôles, on se serait embêtés. Il faut souffler, il faut faire avancer l’histoire. Ces personnages servent à ça. Généralement, on a un meilleur ami ou une meilleure amie. Moi, ça me plaisait bien qu’il y ait une sœur. Une soeur un peu différente.

Clovis Cornillac: cela permettait d’ouvrir les thèmes. Comme les deux personnages centraux sont un peu en marge socialement, cela donne accès à du réel. Le personnage de Charlotte est totalement dans la vie d’aujourd’hui. Elle est un peu écrasante pour sa sœur, elle a du volume. Elle a tout pour elle et pourtant, elle s’ennuie. C’était vachement intéressant qu’elle rencontre quelqu’un qu’elle n’aurait jamais regardé, à travers ce mur. Parce qu’un personnage comme Artus n’aurait jamais regardé une femme comme Charlotte.

Mélanie Bernier, vous êtes-vous inspiré de votre propre vie ou de quelque chose en particulier pour votre rôle ?

Non, je n’ai pas pensé à quelque chose en particulier. Je me suis inspiré de ce qu’il y avait dans le scénario, des discussions que j’ai eues avec Clovis. De toute façon, on s’inspire un peu de soir pour créer un personnage.
Après, c’est marrant parce que les rôles arrivent à des moments de vie particuliers. Ils font toujours écho à quelque chose. Je déménageais, à ce moment-là, dans un appartement, toute seule. Un déménagement, c’est toujours plein de changements, plein de nouveautés. Je me disais que vivre toute seule, cela allait me faire du bien, me permettre de grandir. Ce sont des choses que je vivais que vivait aussi mon personnage. De manière différente, bien sûr.

Avez-vous déjà pensé à réaliser votre film ?

Je n’ai pas du tout des envies de réalisation. J’aime être une petite marionnette. Qu’on me prenne en charge. J’aime bien cette positon où on m’emmène, où on me guide. Où je me laisse faire. Pour l’instant, je suis heureuse là-dedans. Être un chef d’orchestre, gérer des gens, ce n’est pas possible, je n’ai jamais été chef à l’école, Ce n’est pas encore dans ma personnalité.
Par contre, écrie me plairait bien. J’écris pour moi. C’est quelque chose où je serais plus à l’aise. Si je le faisais, je m’écrirais un rôle, tant qu’à faire !

512237« Un peu, beaucoup, aveuglément » avec Clovis Cornillac, Mélanie Bernier, Lilou Fogli, Philippe Duquesne
En salle depuis le 13 mai 2015