LaSemo, acte 2

Publié par , le 16 juillet 2011

La deuxième journée démarre doucement sous un magnifique soleil, mais les heures passent et les rayons du soleil aussi pour laisser place aux nuages, trop nombreux, trop gros, trop menaçants. Mais ce n’est pas le temps maussade qui va décourager nos festivaliers et encore moins le staff qui s’active déjà bien fort malgré la fatigue accumulée de la veille.
Pour ouvrir cette journée, un spectacle de rue, joué sur la petite scène agencée à cet effet par la troupe de Bonimenteurs. Paré d’un livre à taille humaine, le duo comique s’empare du public pour lui faire vivre une histoire unique dont il sera le héros. Un homme, une femme choisie au hasard parmi la foule. Pourquoi faire me direz vous? Mais pour créer la plus grande histoire d’amour de tous les temps bien sur. Plus fort que Roméo et Juliette, que Tristan et Yseult…la romance semble assurer mais ce n’est pas sans compter sur l’aide du public au cœur de cette drôle d’aventure!

Placé sous le signe de la fanfare, la journée de concert s’ouvre par celui du groupe Klezmic Circus, qui a la difficile tâche de jouer à 14h, devant un public bien installé, bientôt conforté par le retour d’un soleil encore timide. Malgré les appels du groupe motivé pour faire se lever le public, rien n’y fait, il semble s’accorder une petite pause tout en musique. Mais le Klezmic Circus ne se laisse pas abattre si facilement, et continue de jouer avec autant de fougue et d’énergie, effort bientôt récompensé par l’arrivée de la pluie qui, contre toute attente, au lieu de faire fuir la foule, l’a réveillée. Désormais mouillés, les festivaliers n’ont qu’à danser, pour le plus grand bonheur des organisateurs et du groupe qui craignaient le mauvais temps annoncé.

La pluie ayant réveillé prématurément les festivaliers, ils filent au concert suivant pour se réchauffer, donné sur la scène « coup de cœur » par le groupe Abuzska. Benjamin de la programmation, le groupe ne semble pourtant pas perdre ses moyens devant l’attroupement généralisé. Au contraire, c’est d’un ton plutôt assuré que le chanteur s’adresse au public pour l’emmener avec lui dans la caravane d’Abuzska. Influencé par Babylon Circus, Percubaba, La Ru Salska… Le groupe offre à son public une musique ska plein d’entrain aux textes « engagés ». Pour finir, le groupe reprend le très célébrissime Cendrillon de Téléphone. Plus humide que jamais, les spectateurs s’en donnent à cœur joie pour se réchauffer.

© Smars Loïc

Puis c’est au tour de la Fanfare du Belgistan de faire voyager le public d’Hotton dans son étrange contrée. Le concert qui débute sous la pluie, est bientôt ponctué des râles de plaisir du public à chaque rayon de soleil. Mais bientôt, comme chassé par la bonne humeur du groupe, le mauvais temps prend congé définitivement et l’ambiance est à son apogée.

Au milieu de l’après-midi, les propositions se multiplient et le public va devoir choisir entre le groupe Klezmer à l’Est sur la scène coup de cœur, des fanfares des Taupes qui boivent du lait, les Bonimenteurs qui rejouent leur spectacle et, un peu plus tard, la préparation d’un flash mob, avec le génialissime Jean jean et son équipe d’animateurs, qui aura lieu le lendemain à 17h.

© Smars Loïc

Pour continuer c’est au tour des très attendus Eté 67 de faire leur apparition sur la grande scène. Très présents dans les festivals de cet été, ce groupe liégeois de 6 musiciens revendique une musique pop rock folk aux diverses influences. Groupe d’amis pour commencer, cette formation a su grandir et s’inscrire dans le répertoire musical belge actuel. Beaux, jeunes et audacieux, le public féminin est bien sûr conquis mais à entendre la foule chanter en cœur les titres phares du groupe comme Passer la Frontière-titre éponyme de leur dernier album, il semblerait qu’Eté 67 rassemble bien plus que les jeunes midinettes comme on pourrait leur reprocher. C’est donc un  concert de rock qui s’offre à la Semo, un spectacle mêlant autant d’énergie et que de poésie. Eté 67 ne semble pas se reposer sur ses jeunes lauriers. En effet après avoir chanter ses tubes avec la complicité d’un public déjà conquis, ils achèvent ce chouette moment de musique et de partage avec le reprise d’un vieux morceaux de blues des années 40.

C’est une autre jeune artiste qui se produit ensuite sur la scène coup de coeur. Seule avec sa guitare Noa Moon ne cache pas son appréhension, en effet il s’agit de son premier festival. Mais malgré son angoisse, la jeune femme à peine agée de 20 ans et déja compositrice a séduit le public de la Semo, qui se laisse facilement embarquer dans son univers folk singulier qui est à mi chemin entre Feist et Norah Jones le tout guidé par une voix à la Adela Diane. On lui souhaite le même succès.

© Smars Loïc

Après cet instant de douceur, c’est au tour d’un second groupe francophone très populaire en Belgique de s’emparer de la grande scène. Absent des scènes du pays depuis plus d’un an c’est  avec un plaisir immodéré que le public belge accueille Balimurphy.

Après les extraordinaires Hoquet’s, la Semo offre à son public un autre trésor à découvrir.  Présenté comme un groupe « pop folk rock parfois même un peu pourquoi psyché », ce trésor est à la hauteur des espoirs annoncés. Haute d’à peine 1m65 et paré d’un ensemble bleu ouvrier simple mais chic, ce trésor est un petit bout de femme italienne dont le charme et le talent sont renversants.  Son nom : Kiss and Drive, un nom de scène chic et décallé à l’image de cette artiste singulière. La jeune femme se présente avec simplicité , humour et surtout avec le charme des italiennes qui apprivoisent encore le français. Seule ou en duo, ou avec celui qu’elle appelle son secrétaire, le groupe nous emmène alors dans son univers de sons démultipliés. Piano, synthé, machine à écrire, beat box, youkukulélé… accoustique ou electro tout est bon, pourvu que ça sonne. D’abord charmé, le public s’est naturellement assis pour profiter de ce beau moment de poésie. Mais progressivement, la qualité rythmique des compositions a commencé à faire bouger les têtes, les épaules tout aussi naturellement… comme un appel de la musique au corps qui ne pourrait pas résister. C’est donc debout que le public a continué de groover, de hip hoper…C’est simple, riche, rythmé et léger. Véritable professionelle du son, Kiss and Drive jongle avec toutes sortes d’instruments ou faiseurs de bruit, et tout particulièrement  un enregistreur de sample avec lequel elle enregistre les sons qu’elle crée en direct pour obtenir un morceau de plus en plus riche. Une technique fort enviable, une voix Alela Diane et un sens du rythme admirable sont les qualités de ce groupe qui agit toujours avec autant de simplicté.

© Smars Loïc

A la tombée de la nuit c’est au tour d’une des plus grosses têtes d’affiche du festival de faire son entrée, le groupe serbe de Goran Bregovic. Venu avec ses musiciens et chanteuses en costumes traditionnels, le serbe le plus mondialement connu, apparait lui dans un costume blanc très occidental. Fidèle à sa réputation, l’orchestre enflamme le public de la Semo qui se défoule successivement sur les airs les plus connus et les plus entrainants du groupe tel kalachnikov…Un concert très rock’n’roll qui s’est aussi accordé des intermèdes plus doux interprétés alors par les deux choristes féminines. Elles offrent alors une version très poétique de la bande originale du film d’Emir Kusturica « Le temps des Gitans », au public hypnotisé par ce thème extraordinaire et chantant bientôt à l’unisson. Malgré la qualité du concert et surtout de la musique, le public regrettera peut être la distance du chanteur star, peu bavard avec le public et toujours en milieu ou fond de scène. Son attitude quelque peu agressive envers les techniciens laisse entre-apercevoir un possible surplus d’orgueil, largement justifié pour cette star internationale mais regrettable quand même.

© Smars Loïc

Après Hoquet’s et Kiss and Drive la scène coup de cœur semble offrir son troisième trésor venu d’ailleurs. En effet rien que le nom du groupe laissait à craindre le pire, et bien cela va bien au delà. « Alec et les Japonaises », c’est un belge et une japonaise qui chantent pour le pire et le meilleure.  Véritable ovni musical, le groupe que l’on pourrait qualifié « d’électro futuriste has been » ne recule devant rien. Japonais, français, espagnol et même néerlandais toutes les langues sont bonnes pour chanter. Des chansons audacieuses inspirées des musiques des années septante, en passant par des tubes de l’été aux génériques de mangas japonais, le groupe jouit d’une liberté sans limite.

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