Comment je suis devenu Youri Gagarine au théâtre des 5 diamants

Publié par , le 21 octobre 2011

du 12 octobre au 17 octobre 2011 au Théâtre des Cinq Diamants (Paris)

Auteur : Toma E

Avec Paul Bouffartigue , Clara Dumond
Durée : 80 minutes
Note: 7/10

Lundi 17 octobre, Paris 13 ème, je me dirige vers le Théâtre des cinq Diamants, petite bâtisse à façade vitrée moderne perdue dans une ruelle au charme local typique. Je m’apprête à découvrir à la fois un nouveau théâtre et une pièce intitulée « Comment je suis devenu Youri Gagarine » L’accueil se veut convivial; l’entrée du théâtre bien que moderne prône les valeurs singulières de l’art expressif. Sur les murs, des gravures, des mots, des phrases, véritables vaccins contre l’ennui de la société actuelle auto suffisante et de moins en moins axée sur ses valeurs ancestrales.

Il est 19h15, nous sommes invités à rejoindre la salle située à l’étage. Je découvre alors une pièce de petite capacité (60 personnes environs) au murs feutrés noirs où la proximité du public et l’accès direct à la scène séduisent. Dans la pénombre, on devine Clara Dumond perchée au milieu de la scène sur sa balançoire toute de satin blanc vêtue. Dans le fond de la salle, étrange….un cosmonaute immobile attends avec impatience et immuable que le public s’installe. Le décors est planté. La pièce de ce soir met en scène le journal de bord d’un cosmonaute solitaire et insomniaque.  Ce dernier envoyé sur MIR au départ pour ce qui devait être une mission de la plus haute importance bascule petit à petit dans l’ennui et l’angoisse « que tout parte en sucette » et de ne plus pouvoir revenir sur Terre. Son emploi du temps est chargé: discuter avec IBM son compagnon binaire, compter les étoiles et surtout écouter radio MIR (interprétée par la sublime Clara Dumond). Une radio de l’espace au programmes variés (cuisine, météo, musique…) mais tellement en accord avec la situation jouée sur scène.

La mise en scène me parait au départ un peu simpliste: peu de matériel, décor statique, effets sonores et musiques à la « Game Boy ». Mais le spectacle avançant, on réalise que ces effets matériaux rentrent dans une logique parallèle à l’esprit du cosmonaute. En effet, son comportement dévient de plus en plus infantile et impulsif au cours de sa mission. Il y a donc, en opposition avec la première impression, une recherche certaine. Par ailleurs, l’idée de la balançoire afin d’y perché « radio MIR » est excellente, comme si elle veillait sur MIR et son habitant esseulé.

Vous aurez beaucoup de plaisir à voir jouer ces deux acteurs. Clara Dumont enchaîne les rôles avec une aisance déconcertante. Son timbre de voix chaleureux adoucira vos tympans de bulletins météo, de recettes de cuisine et de chansons (a capela s’il vous plaît…). Quant à notre cosmonaute, Paul Bouffartigue, son point fort est de pouvoir faire évoluer son personnage tout au long de la pièce. Une complicité inconstante mais sensible va naître entre ces deux intervenants, mélange subtil de mélancolie et d’humour que vous saurez apprécier.

En conclusion, ce spectacle est accessible à tout public et à tout âge, le thème de la pièce n’est certes pas des plus captivants (je n’ai d’ailleurs toujours pas compris le sens profond du titre), mais le jeu des acteurs est fabuleux. A bon entendeur…En ce qui me concerne « Veni, Vidi, Seduit ».
Thibaud Saussez
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